A trainer from the ACCEL Africa Project in Ghana, speaks to journalists during a workshop in Kumasi on child labour and responsible business conduct, while participants listen and take notes around U-shaped tables.

Au Ghana, des journalistes renforcent leurs connaissances pour lutter contre le travail des enfants

Des journalistes venus de tout le Ghana ont approfondi leurs connaissances sur le travail des enfants, les entreprises et les droits humains lors d’un atelier organisé par l’Organisation internationale du Travail dans le cadre du projet ACCEL Africa, financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas. Cette formation leur a permis de mieux rendre compte de ces questions, de manière précise, éthique et axée sur les solutions.

24 juillet 2026

Robert Pwazaga, ACCEL Africa National Project Officer in Ghana, leads a session during the workshop, highlighting the important role of journalists in improving public understanding of child labour and supporting efforts to eliminate it. © Anders Johnsson/ILO
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KUMASI (OIT Infos) – Des journalistes venus de tout le Ghana ont renforcé leurs capacités à rendre compte du travail des enfants avec précision et dans le respect des principes éthiques, à l’occasion d’un atelier de trois jours organisé par l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans le cadre du projet ACCEL Africa.

Organisé du 14 au 16 juillet 2026, l’atelier a réuni des professionnels des médias issus des districts où le projet intervient. Il visait à approfondir leur compréhension du travail des enfants, de la conduite responsable des entreprises et des droits humains, tout en leur apportant des compétences pratiques pour produire des reportages précis, respectueux des droits de l’enfant et axés sur les solutions.

Les participants ont examiné les causes profondes du travail des enfants, notamment dans les secteurs du cacao et de l’extraction artisanale et à petite échelle de l’or, où des enfants continuent d’effectuer des travaux dangereux qui menacent leur santé, leur éducation et leurs perspectives d’avenir. Les échanges ont également porté sur les responsabilités des entreprises tout au long des chaînes d’approvisionnement, ainsi que sur le rôle des médias dans la promotion d’un débat public éclairé.

Journalist Priscilla Jempitey speaks during a group discussion at the ACCEL Africa media workshop in Kumasi, Ghana, as fellow participants listen and take notes.
© Anders Johnsson/ILO
© Anders Johnsson/ILO
La journaliste Priscilla Jempitey participe à une discussion lors de l'atelier, au cours duquel les participants ont échangé leurs expériences et réfléchi à la manière de traiter le sujet du travail des enfants de manière plus précise, plus éthique et plus efficace.

Pour de nombreux participants, l’atelier a remis en question des idées profondément ancrées concernant la manière de rendre compte du travail des enfants.

« En tant que journalistes, nous avons généralement tendance à nous rendre sur le terrain et à montrer simplement ce que nous voyons », a expliqué Priscilla Jempitey, d’Asempa FM à Bibiani. « Mais j’ai appris que cela ne s’arrête pas là. Il faut davantage réfléchir aux questions éthiques, à la protection des enfants et à la manière de vérifier plus efficacement l’exactitude d’une information avant de la publier. »

La formation a également aidé les participants à faire la distinction entre le travail des enfants et les activités adaptées à leur âge qui contribuent à leur développement. Mme Jempitey a indiqué que les discussions l’avaient amenée à réfléchir à des pratiques qu’elle observait fréquemment dans sa propre communauté.

« Il est grand temps de sensibiliser les parents et les communautés à ces questions, afin que les enfants puissent rester à l’école et avoir un avenir meilleur. En tant que journalistes, nous pouvons y contribuer », a-t-elle déclaré.

Tout au long de l’atelier, les journalistes ont travaillé avec des spécialistes de l’OIT et de l’Unité de lutte contre le travail des enfants du ministère ghanéen du Travail, de l’Emploi et des Relations professionnelles. Ils ont renforcé leurs compétences en matière d’entretiens éthiques, de protection de l’enfance, de vérification des faits, d’utilisation responsable des données et d’identification de sujets présentant un intérêt public. Les participants ont également élaboré des idées de reportages qu’ils prévoient de développer après la formation.

Pour Francis Kwabena Yeboah, de Future TV, l’atelier a rappelé l’importance d’un journalisme éthique.

« Je comprends désormais mieux ce que je dois faire ou ne pas faire lorsque j’interviewe des enfants », a-t-il déclaré. « J’ai également appris à photographier et à filmer les personnes de manière plus responsable. »

L’approche pratique de l’atelier a permis aux participants d’élaborer des propositions de reportages, de recevoir les commentaires de leurs pairs et d’explorer différentes manières d’utiliser la photographie, la vidéo et les réseaux sociaux pour raconter des histoires fortes sans mettre les enfants en danger.

Journalist Ishmael Barfi shares a comment during a group discussion at the ACCEL Africa media workshop in Kumasi, Ghana, while fellow participants and facilitator Anders Johnsson listen.
© Anders Johnsson/ILO
© Anders Johnsson/ILO
Le journaliste Ishmael Barfi participe à une discussion sur la couverture médiatique du travail des enfants, en partageant son point de vue sur le journalisme responsable et les liens entre le travail des enfants et les enjeux environnementaux.

Ishmael Barfi, de Climate Watch Africa et de The New Independent, a expliqué que la formation lui avait permis de mieux comprendre les liens entre le travail des enfants, les entreprises et les droits humains.

« J’ai découvert les dimensions du travail des enfants liées aux entreprises et aux droits humains, ainsi que le rôle que jouent les entreprises tout au long de la chaîne d’approvisionnement », a-t-il indiqué. « Je peux désormais utiliser ma plateforme pour sensibiliser les entreprises et les communautés et contribuer ainsi à la protection des droits de l’enfant. »

Il a également souligné le lien entre le changement climatique et le travail des enfants, rappelant que les sécheresses et les inondations peuvent fragiliser les moyens de subsistance et rendre les enfants plus vulnérables au travail.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’OIT à travers le projet ACCEL Africa pour accélérer l’élimination du travail des enfants dans les secteurs du cacao et de l’extraction artisanale et à petite échelle de l’or. Le projet vise notamment à renforcer les systèmes nationaux et les partenariats entre le gouvernement, les organisations d’employeurs et de travailleurs, la société civile et les médias.

« Les médias constituent le quatrième pouvoir et jouent un rôle essentiel pour aider la population à comprendre ces questions », a déclaré Rhodalyn Gyamfua Amaning, inspectrice principale du travail au sein de l’Unité de lutte contre le travail des enfants au Ghana. « Lorsque les journalistes comprennent les réalités du travail des enfants et en rendent compte avec précision, ils contribuent à sensibiliser le public et à améliorer les débats sur les politiques à mener. »

À l’issue de l’atelier, les participants sont repartis avec des idées de reportages, des réseaux professionnels renforcés et la possibilité de continuer à bénéficier d’un appui technique pour développer des sujets destinés à la presse écrite, aux médias numériques, à la radio et à la télévision. Grâce à un journalisme éclairé, éthique et fondé sur des données probantes, ils devraient contribuer à mieux sensibiliser le public et à soutenir les efforts du Ghana pour éliminer le travail des enfants.

Group photo of journalists, facilitators and organizers participating in the ACCEL Africa media workshop in Kumasi, Ghana, standing together in front of an ACCEL Africa banner after the training.
© Anders Johnsson/ILO
© Anders Johnsson/ILO
Journalistes, animateurs et organisateurs posent pour une photo de groupe lors de l’atelier médiatique ACCEL Africa à Kumasi, au Ghana, qui a permis de renforcer les capacités des participants à traiter le sujet du travail des enfants avec précision, éthique et un impact public accru.

En savoir plus sur le projet ACCEL Africa

Financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, le projet ACCEL Africa a pour objectif général d’accélérer l’élimination du travail des enfants en Afrique au moyen d’actions ciblées dans les chaînes d’approvisionnement du cacao, du coton, du café, du thé et de l’or. Il adopte une approche systémique innovante pour lutter contre le travail des enfants, en dépassant les interventions ponctuelles menées dans le cadre de projets afin de renforcer les systèmes existants indispensables pour s’attaquer aux causes profondes du travail des enfants.

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