« 100 Ans – 100 Vies » | ZAMBIE - “L’énergie solaire, c’est bon pour l’environnement et c’est moins cher pour nous”
Comment un programme de l’OIT a permis à Emmery Matongo, 52 ans, mère de 7 enfants, de se former aux techniques écologiques, de construire des maisons respectant l’environnement et d’installer des panneaux solaires afin d’améliorer l’accès à l’électricité pour les habitants de la région.
15 août 2019
La croissance n’a toutefois pas eu beaucoup d’effets positifs pour la majorité des Zambiens qui vivent toujours en dessous du seuil de pauvreté, souvent contraints de survivre avec moins d’1,25 dollar par jour. En outre, les industries de croissance comme les mines et le bâtiment ont grandement nui à l’environnement (par la dégradation des terres, la consommation d’énergie et la pollution).
Confronté au chômage – en particulier celui des femmes et des jeunes –, à de hauts niveaux d’inégalité et de pauvreté, ainsi qu’à la pénurie de logements et à un certain nombre de difficultés environnementales, le gouvernement de Zambie a lancé un programme d’emplois verts avec l’appui de l’OIT et d’autres agences de l’ONU qui favorise les technologies vertes dans le secteur de la construction.
Installation de panneaux solaires
Emmery Matongo, 52 ans, est mère de 7 enfants, Après la mort de son mari en 2001, elle a décidé de s’allier avec d’autres femmes – veuves elles aussi pour la plupart – de la région de Kalulushi, dans la province de Copperbelt.
Après avoir construit leurs propres maisons avec des briques écologiques, elles ont installé des panneaux solaires et ont même créé leur propre entreprise. “Cela nous aide à échapper à la pauvreté”, explique-t-elle.
Ces femmes souhaitaient pourtant aller au-delà de la simple construction de maisons en utilisant des technologies vertes. En effet, comme de nombreux habitants en Zambie, leurs foyers n’étaient pas raccordés au réseau électrique. Or, sans électricité, les familles étaient contraintes de passer de longues heures dans le noir, sauf à employer des alternatives dangereuses comme l’utilisation de lampes au kérosène, de bougies ou de charbon de bois.
Des compétences dans les “emplois verts”
Dans le cadre du Programme emplois verts en Zambie, Emmery Matongo et quelques autres ont été formées à l’assemblage et à l’installation de panneaux solaires. Cela n’a pas seulement changé la vie quotidienne de l’ensemble des villageois, cela a aussi ouvert de nouvelles perspectives d’activités rémunératrices pour les femmes.
“L’énergie solaire, c’est mieux que l’électricité habituelle. Quand un peu partout dans le pays on subit des coupures de courant, nous, nous avons toujours de l’électricité. Et puis, c’est bon pour l’environnement et c’est moins cher”, explique Emmery Matongo.
Après avoir construit leurs maisons et avoir installé des panneaux solaires, les femmes ont également construit une serre afin d’améliorer leur capacité de production et faire pousser un nombre plus important de légumes à vendre au marché, leur permettant ainsi de rembourser leur emprunt.
Tout cela leur a donné à nouveau confiance, en plus des compétences acquises aussi bien en matière d’emplois verts que de techniques d’entreprenariat qu’elles peuvent mettre en pratique sur le marché du travail.
“Nous avons déclaré notre entreprise et nous voulons désormais produire des panneaux solaires à grande échelle. Nous allons créer des emplois pour fabriquer ces panneaux”, ajoute-t-elle.
Une dynamique verte
Tandis que les avantages des technologies de construction écologiques sont de plus en plus connus, les mentalités à l’égard du développement durable évoluent aussi.
Yetambuyu Imasiku, 22 ans, est étudiante en planification urbaine et régionale à l’université de Copperbelt.
“J’ai remarqué un réel besoin pour une dynamique verte chez mes amis et au sein de ma famille. Le monde entier va vers les énergies vertes. J’espère figurer parmi les pionnières ici en entraînant mes proches,” affirme-t-elle.
Le Programme Emplois verts en Zambie favorise le développement d’entreprises durables en stimulant la compétitivité et le développement des activités grâce aux technologies vertes. Il travaille avec les micro-, petites et moyennes entreprises (MPME) locales et noue des partenariats avec des sociétés multinationales qui investissent en Zambie.
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