« 100 Ans – 100 Vies » | GHANA “Je ne travaille plus à la mine, je vais étudier toujours plus pour avoir un métier artistique”

Un projet de l’OIT en faveur des populations vivant autour des mines artisanales du Ghana contribue à réduire le travail des enfants et permet à des enfants vulnérables d’aller à l’école.

16 juillet 2019

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ACCRA – Vincent est un jeune Ghanéen âgé aujourd’hui de 16 ans qui a été victime du travail des enfants pendant plusieurs années.

« Je vivais avec mon père mais il est parti et m’a laissé seul. J’ai donc rejoint ma mère et mon petit frère », explique-t-il. Sa mère vivait de l’agriculture mais en raison de problèmes de santé, elle n’avait plus la force nécessaire pour travailler la terre. A l’âge de 13 ans, Vincent ne put faire autrement que de commencer à travailler dans les mines artisanales d’or situées près de chez lui afin de subvenir aux besoins de sa famille.

« Au début, c’était bien de se faire un peu d’argent ce qui nous permettait d’avoir quelque chose à manger. Mais le travail était difficile et j’avais mal dans tout le corps. Il m’arrivait parfois de travailler jour et nuit sans dormir et de retourner au travail dès 6 heures du matin », se souvient-il.

Vincent a cependant eu la chance de ne pas être victime d’un accident car travailler dans les petites mines est un métier dangereux.

“Ce travail ne me plaisait pas”

Theresa a 14 ans. Dès l’âge de 12 ans, elle aussi est allée travailler à la mine. La jeune fille habite avec ses parents et ses trois frères et sœurs dans la maison familiale.

Elle a commencé à travailler avec son père qui était mineur et s’occupait de l’extraction.

« Je transportais le minerai sur la tête dans une grande bassine, je le portais là où se trouvaient les machines pour extraire l’or et je devais faire ce chemin entre 80 et 90 fois par jour », raconte-t-elle.

« C’était très fatigant de porter sans cesse cette lourde charge. Encore et encore, je faisais ce chemin jusqu’à épuisement. Pour cela, j’étais payée environ 2 dollars par jour. »

Theresa n’aimait pas faire ce métier. Heureusement, elle a pu l’abandonner après avoir rejoint le club des enfants de son école, une initiative rendue possible par le projet « Caring Gold Mining » visant à lutter contre le travail des enfants et à améliorer les conditions de travail dans les petites exploitations minières d’or.

Les petites exploitations artisanales de mines d’or représentent 15 à 20% de la production mondiale annuelle d’or et emploient 10 à 15 millions de mineurs dans le monde.

Elles sont toutefois associées à un grand nombre de problèmes sociaux et professionnels, comme le travail des enfants, la traite des êtres humains, l’exposition à la toxicité du mercure et la destruction de l’environnement. La majeure partie de cet or est transformé en bijoux vendus aux consommateurs dans le monde.

Travailler avec les populations locales

L’âge minimum légal pour travailler au Ghana est de 14 ans. Il est interdit à toute personne de moins de 18 ans de faire des travaux dangereux, dans des milieux insalubres, de travailler un nombre excessif d’heures ou d’utiliser les machines dangereuses.

« Nous travaillons avec les populations locales, en particulier avec les comités locaux de protection de l’enfance afin de mieux faire connaître les dangers que l’on encourt à la mine ainsi que la nécessité pour les enfants d’aller à l’école », explique Emmanuel Kouame Mensah, responsable du projet pour l’OIT.

Ce programme soutient également la formalisation de l’exploitation minière grâce à la protection sociale et aux programmes de subsistance. Il favorise aussi l’accès des familles à des transferts en espèces pour subvenir à leurs besoins essentiels dans le cadre d’un programme des gouvernements locaux. Voilà pourquoi les enfants peuvent aller à l’école au lieu de travailler.

Les comités communautaires de protection des enfants ont permis de faire sortir Vincent et Teresa du travail à la mine pour suivre les cours de l’école locale. Ils se sont inscrits au Club des enfants de l’école, qui sensibilise aux droits des enfants dans le cadre du programme SCREAM de l’OIT qui aide les enfants grâce à l’éducation, aux arts visuels, aux media et à la musique.

Une centaine d’écoles ont bénéficié de ces activités à ce jour. Il est probable que ce projet sera étendu à d’autres populations, afin d’atteindre un plus grand nombre de familles vulnérables.

Désormais, Theresa peut se concentrer sur ses études. « Je suis heureuse quand je suis à l’école. Je veux vraiment bien étudier afin de me construire un bel avenir. Je veux devenir infirmière et sauver des vies », nous dit-elle.

Quant à Vincent, il s’est lui aussi investi dans le projet de l’OIT et il a pu ainsi poursuivre ses études plutôt que d’aller travailler à la mine.

« Maintenant, j’ai 16 ans et, plus tard, j’aimerais avoir un métier artistique », nous dit-il fièrement.

Vidéo associée en français : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=QVj9DltGAGw

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