Transition écologique
Transition écologique : l’OIT impulse des changements durables en Côte d'Ivoire
"Avancées significatives du projet pilote de l’OIT sur la valorisation des déchets de manioc dans les régions du Gbêkê et du Bélier, au centre de la Côte d’Ivoire." Telle est la conclusion de la mission de suivi et d’évaluation réalisée sur le terrain du 17 au 18 juillet 2024.
29 juillet 2024
Bouaké (OIT Infos) – Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme global de l’OIT visant à promouvoir une transition écologique juste et durable, tout en créant des emplois verts et en protégeant l’environnement.
La ville de Toumodi a accueilli la première étape de cette mission. Le Directeur Général du Conseil Régional du Bélier, Touré Abdoulaye, a saisi cette opportunité pour souligner l’importance capitale de ce projet pilote axé sur la valorisation des déchets de manioc.
Un projet inspirant aux retombées certaines
Ce projet représente un double intérêt pour le conseil régional, qui a mis en place un Plan climat territorial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. « La gestion des déchets de manioc est un pilier essentiel de notre Plan, surtout que notre région, surnommée à juste titre la ‘’boucle du manioc’’, est une grande zone de production de ce tubercule », explique M. Touré ajoutant que ce projet pilote de l’OIT ne se contente pas d’améliorer le cadre de vie des populations locales, mais renforce également leurs revenus grâce aux emplois verts générés par la transformation des déchets de manioc en bio charbon et biogaz.
À Yamoussoukro, les leaders de la plateforme manioc ont exposé les avantages de cette valorisation des déchets. N’guessan N’goran, président de la plateforme, partage son enthousiasme : « La formation de l’OIT sur la transformation des déchets de manioc est une véritable révolution. Elle nous permet de produire du bio charbon à partir de déchets que nous jetions auparavant. Ce bio charbon, moins polluant, rendra les femmes autonomes et préservera leur santé ».
Jacqueline Kouamé N’guessan, présidente des femmes du village de Satiaré, commune de Yamoussoukro, exprime sa fierté et son espoir : « Je suis honorée de faire partie de la première cohorte de ce projet. Grâce au bio charbon et au biogaz que nous allons produire, nous, les femmes, pourrons contribuer davantage à la scolarisation de nos enfants ». Elle sollicite avec ferveur le soutien de l’OIT pour obtenir le matériel nécessaire à la production de bio charbon.
Dans la région du Bélier, la phase pratique du projet pilote de l’OIT sur la transformation des déchets de manioc en bio charbon commence à prendre forme. Pendant ce temps, dans le Gbêkê, les premières briquettes de bio charbon sont déjà disponibles.
Julien Konan N’dri : de la théorie à l’action
À Kouassi Bindékro, un village situé à cinq kilomètres à l’ouest de Bouaké, Julien Konan N’dri, l’un des bénéficiaires du projet pilote de l’OIT, dispose de tout le matériel nécessaire pour fabriquer du bio charbon. Grâce à une broyeuse offerte par l’OIT et un carbonisateur artisanal, M. Konan utilise ces équipements rudimentaires pour produire du bio charbon, en attendant de recevoir du matériel plus moderne. « Ce projet de l’OIT arrive à point nommé pour freiner la déforestation et constitue une source de revenu additionnel pour nous. Avec le bio charbon, ma femme pourra économiser sur le budget consacré à l’achat de charbon de bois, qui est moins économique et produit trop de fumée, source de maladies », explique-t-il, ajoutant avec détermination : « J’en ferai un travail permanent pour gagner de l’argent. »
Un engagement écocitoyen dans une vision pour l'avenir
Pour Marie Jeanne Yao, épouse Ballo, présidente de la plateforme manioc du Gbêkê, ce projet de l’OIT est une véritable bénédiction. « La transformation des déchets de manioc fait de nous de véritables actrices de la protection de l’environnement. Je dis merci à l’OIT pour cela », déclare-t-elle, visiblement heureuse.
Le Conseil Régional du Gbêkê salue également ce projet de l’OIT, y voyant de nombreux avantages, notamment la création d’emplois pour les jeunes. « Grâce à cette opportunité, nous pourrions créer des unités de fabrication de bio charbon pour employer nos jeunes tout en protégeant l’environnement », confie Bema Fofana, le premier vice-président du conseil.
Le Projet ‘’la dimension sociale de la transition écologique’’ en un coup d’œil
Le projet la « dimension sociale de la transition écologique » vise à soutenir l’analyse de l’impact de la transition écologique sur l’emploi et les revenus ainsi que la formulation de mesures et de politiques climatiques justes qui favorisent la création d’emplois et l’inclusion sociale tout en atténuant les risques économiques et sociaux dans le contexte du changement climatique.
Le projet la "dimension sociale de la transition écologique", selon Marcos N’goran Koffi, son coordonnateur, se concentre sur trois bénéficiaires « pilotes » à savoir la Côte d’Ivoire, le Nigéria et le Sénégal. Des partages de connaissances se feront avec l’Algérie, le Ghana, le Maroc et le Niger.
Le projet porte sur trois axes principaux explique M. N’goran Koffi, qui sont :
- Le renforcement des structures institutionnelles du dialogue social ;
- L’ancrage et renforcement des capacités de recherche, et de développement de modèles économiques intégrés pour l’évaluation des politiques ;
- Le soutien à la formulation et mise en œuvre de politiques (protection sociale, entreprises, investissement) basées sur le dialogue social inclusif et modèles d’analyse intégrés.
Projets pertinents
La dimension sociale de la transition écologique – Phase I