Sommet mondial pour le développement social
Les dirigeants s'engagent à renforcer et à investir dans les systèmes de protection sociale
La Déclaration politique de Doha, adoptée lors du deuxième Sommet mondial pour le développement social, définit les mesures prises pour soutenir la protection sociale pour tous, renforçant ainsi le rôle de la protection sociale dans la promotion du développement social et de la justice sociale.
10 novembre 2025
DOHA (OIT Infos) – L'engagement à renforcer la protection sociale par l’action publique et les financements était au cœur de la Déclaration politique de Doha, adoptée le 5 novembre lors du deuxième Sommet mondial pour le développement social.
En signant la Déclaration de Doha, les gouvernements se sont engagés à «renforcer les systèmes de protection sociale et les investissements dans les mesures à cet égard, y compris les socles de protection sociale, et intégrer le financement des systèmes et des politiques de protection sociale, y compris des socles et des politiques de protection sociale conformes aux recommandations de l’Organisation internationale du Travail et aux normes convenues au niveau intergouvernemental, dans les plans et stratégies que pilotent les pays, tout en aidant les pays en développement qui cherchent à augmenter la couverture sociale, y compris ceux qui visent une augmentation d’au moins deux points de pourcentage par an».
Cet engagement des pays signataires s'inscrit dans un cadre plus large visant à intensifier leurs actions sur les chantiers interdépendants que sont l'éradication de la pauvreté, le travail décent et l'inclusion sociale, à une époque marquée par une grande incertitude et par un affaiblissement des contrats sociaux.
La Déclaration appelle également à une protection sociale universelle et sensible au genre, ainsi qu’à un accès équitable à la santé et à l’éducation. Elle reconnaît le rôle de l'Accélérateur mondial des Nations Unies pour l'emploi et la protection sociale en faveur d'une transition juste comme un mécanisme utile à la mise en œuvre de la Déclaration.
En outre, quatre sessions consacrées à la protection sociale ont été organisées lors du Sommet.
L'événement «Solutions menées par les pays: intégrer l'emploi décent et la protection sociale pour le développement social», organisé par l'Accélérateur mondial des Nations Unies pour l'emploi et la protection sociale et des transitions justes le 4 novembre, a souligné la nécessité d'investissements combinés dans les politiques d'emploi, de compétences et de protection sociale afin d'atteindre les objectifs fondamentaux du développement social. Les intervenants ont souligné comment ces investissements, avec le soutien de l'Accélérateur mondial et de son mécanisme d'engagement multipartite (M-GA), ont conduit à des résultats sociaux et économiques solides.
«Investir dans le travail décent et la protection sociale n'est pas un coût, mais un catalyseur qui améliore la productivité, renforce la cohésion sociale et stimule la participation au marché du travail», a déclaré Mme Olta Manjani, vice-ministre de l'Économie, de la Culture et de l'Innovation de l'Albanie.
La deuxième session, intitulée «Protection sociale universelle pour une croissance équitable et des sociétés équitables», qui s'est tenue le même jour et était coorganisée par le Partenariat mondial pour la protection sociale universelle (USP2030), a réaffirmé le rôle de la protection sociale dans la prévention et la réduction de la pauvreté, la facilitation de l'accès à un travail décent et la promotion de l'inclusion sociale. Les participants ont mis en avant des solutions concrètes et déployables à grande échelle pour les pays afin de mettre en place des systèmes de protection sociale adéquats, complets et durables pour tous. L'événement a appelé les pays à donner suite aux engagements pris lors du Sommet et précédemment, lors de la Conférence sur le financement du développement à Séville, afin d'étendre la couverture de la protection sociale d'au moins 2 points de pourcentage par an.
La troisième discussion, intitulée «De l'origine à la destination: faire progresser la protection sociale des travailleurs dans les couloirs de migration de main-d'œuvre du CCG, de l'Asie du Sud et de l'Afrique»,qui s'est tenue le 5 novembre, a exploré les thèmes clés des débats actuels sur la protection sociale dans un contexte où des millions de travailleurs migrants à travers le monde restent exclus ou mal desservis par les systèmes nationaux de protection sociale. Organisée par le Bureau du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), l'OIT et le ministère du Travail du Qatar, la session a souligné le lien essentiel entre la protection sociale et la migration de main-d'œuvre. Ce faisant, elle a renforcé la dynamique de coopération interrégionale visant à mieux soutenir les travailleurs migrants et leurs familles. Les intervenants ont apporté un éclairage sur les efforts en cours dans ce domaine, notamment grâce au lancement du programme STREAM de l'OIT, qui vise à promouvoir la protection sociale des travailleurs migrants au travers une approche par corridor entre l'Asie du Sud et les pays du CCG, et qui est mis en œuvre en partenariat avec la Direction du développement et de la coopération suisse, l'Union européenne et la Fondation Ford.
Enfin, la session intitulée «Protection sociale universelle pour une meilleure santé, une résilience accrue et une réduction de la pauvreté», coorganisée par l'OIT et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), en collaboration avec la Commission européenne et le gouvernement du Qatar, a réuni deux objectifs importants du développement social: la protection sociale universelle et la couverture sanitaire universelle. Mettant en avant les approches nationales qui visent ces deux objectifs de manière synergique, la session a exploré les moyens de renforcer ces deux systèmes de manière intégrée. «Nous devons dépasser les cloisonnements. Des investissements coordonnés dans les politiques de protection sociale et de santé sont le fondement de sociétés inclusives et résilientes», a déclaré Shahra Razavi, Directrice du Département de la Protection sociale universelle de l'OIT. Dans le contexte des défis budgétaires actuels et de la crise environnementale qui se profile, les intervenants ont souligné la nécessité urgente de combler les lacunes en matière de protection sociale afin de prévenir et de réduire la pauvreté, d'améliorer le bien-être et de renforcer les capacités d'adaptation des pays. «La santé n'est pas seulement le produit de soins médicaux, c'est aussi un vecteur de justice», a souligné le Dr Rayana Bou-Haka, représentante de l'OMS au Qatar.
Ces sessions ont réuni des représentants des ministères du travail, des affaires sociales, de la santé et des finances, des experts et des partenaires de développement, qui ont partagé leurs expériences sur la manière de renforcer les stratégies de protection sociale, d'élaborer des approches politiques intégrées et de mobiliser des ressources pour investir de manière durable dans la protection sociale, dans un contexte d'austérité budgétaire et d'endettement pour de nombreux pays en développement.
Le deuxième Sommet mondial pour le développement social, qui s'est tenu du 4 au 6 novembre, a affirmé le caractère central de l'élimination de la pauvreté, du plein emploi productif et du travail décent pour tous, ainsi que de l'intégration sociale, en tant que conditions préalables au développement durable pour tous. L'inclusion de la protection sociale dans la Déclaration a réaffirmé le rôle central de la protection sociale universelle dans la réalisation de la vision plus large du Sommet en matière de croissance inclusive, de justice sociale et de résilience face aux défis mondiaux.
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Doha, 4-6 novembre 2025
L'OIT au deuxième Sommet mondial pour le développement social 2025