Dialogue social
Le dialogue social ouvre des pistes pour améliorer les revenus et le travail décent des producteurs de cacao en Côte d’Ivoire
Les acteurs de la filière cacao disposent désormais d’une compréhension plus partagée des facteurs qui influencent les revenus, d’outils renforcés pour dialoguer et négocier, ainsi que de pistes communes pour agir en faveur du travail décent et de la durabilité.
24 septembre 2026
Yamoussoukro (OIT Info) – Mieux analyser les facteurs qui influencent les revenus, renforcer la capacité des acteurs à négocier et faire émerger des solutions concertées : tels sont les principaux acquis de la démarche engagée à Yamoussoukro. Dans une filière qui fait vivre plus de 6 millions de personnes en Côte d’Ivoire, le dialogue social apparaît ainsi comme un levier pour rapprocher les acteurs et rechercher des réponses communes aux enjeux de revenus et de travail décent.
Une meilleure compréhension des enjeux liés aux revenus
Les participants de l’atelier de Yamoussoukro disposent désormais d’une compréhension plus commune des facteurs qui influencent les revenus dans la cacaoculture, notamment le prix du cacao, les coûts de production et l’organisation des producteurs.
Les différentes approches du revenu vital ont également été présentées et discutées. Elles ont permis aux acteurs de mieux comprendre les méthodes d’analyse des revenus et les réalités économiques qui traversent la chaîne de valeur.
Les travaux de groupe, le diagnostic participatif et la cartographie des acteurs ont par ailleurs permis d’identifier les intérêts et les responsabilités des différentes parties prenantes.
Des capacités renforcées pour dialoguer et négocier
Un autre résultat important concerne le renforcement des capacités des participants à dialoguer, négocier et rechercher des compromis autour d’une problématique commune.
Les simulations de négociation multi-acteurs ont notamment permis de mettre les participants en situation de rechercher des solutions tenant compte des intérêts des différentes parties prenantes.
Pour Gbongué Mamadou, Directeur chargé des projets et du suivi-évaluation au Conseil Café-Cacao, cette démarche répond à un besoin concret :
« Cet atelier est une occasion de montrer qu’il est possible de s’asseoir autour d’une même table et de discuter d’une problématique commune, qui est celle du revenu. »
Des pistes communes pour relier revenus et travail décent
Les échanges ont également permis de mieux établir les liens entre revenus, travail décent, protection sociale et durabilité.
Cette approche permet de considérer l’amélioration des revenus non seulement sous l’angle économique, mais aussi à travers les conditions de travail, l’accès à la protection sociale et les mécanismes permettant aux producteurs et aux travailleurs de faire entendre leurs préoccupations.
« Les défis de la filière cacao sont liés, mais les réponses restent encore trop souvent dispersées », souligne Ulrich Djè, Coordonnateur national des projets SAW et SAW-A pour qui « l’enjeu est donc de rapprocher ces différentes dimensions et de créer des espaces où les acteurs peuvent analyser ensemble les problèmes et construire des réponses concertées. »
Des mécanismes de concertation à renforcer
Les participants ont identifié plusieurs pistes pour prolonger ces acquis : renforcer les plateformes locales, mettre en place des mécanismes de coordination et mieux clarifier les rôles des différents acteurs.
Ces pistes doivent permettre de maintenir le dialogue au-delà de l’atelier et de transformer les analyses partagées en actions adaptées aux réalités de la filière.
La démarche s’inscrit dans l’approche complémentaire des projets SAW et SAW-A, en lien avec ACCEL Africa et ENACTE, qui mettent en relation les enjeux de revenus, de travail décent, de protection sociale et de durabilité dans la chaîne de valeur du cacao.
L’atelier a bénéficié de l’appui technique de l’OIT, avec le financement des Pays-Bas, de l’Allemagne, de la Coopération suisse au développement et de l’Union européenne.
Les prochaines étapes porteront sur la consolidation des cadres de concertation, le renforcement de la coordination et le suivi des pistes identifiées.
Pour une filière qui fait vivre plus de 6 millions de personnes en Côte d’Ivoire, l’enjeu est désormais de faire du dialogue social un mécanisme durable permettant de mieux analyser les enjeux de revenus, rapprocher les intérêts des acteurs et faire progresser les conditions du travail décent et de la durabilité.
Revues de presse liée à cet atelier sur le dialogue social dans la filière cacao
- L'agence Ivoirienne de Presse et l'OIT veulent renforcer les mécanismes de concertation dans la filière cacao ivoirienne
- Article d'Infocentrale : Yamoussoukro : le dialogue social au cœur de la bataille pour un meilleur revenu des producteurs de cacao
- Cacao ivoirien : après le prix de 1 200 FCFA, le grand défi du revenu des planteurs
- Côte d’Ivoire : Gbongué Mamadou rassure sur la sécurité du prix et du revenu des producteurs de cacao
Détails additionnels
Références
- DOI: N/A
Projets pertinents
Projet SAW-A
Fixation de salaires adéquats - agriculture