La formalisation des activités économiques dans le Delta du Saloum s’accélère grâce au modèle coopératif
Dans le cadre du projet «Emplois verts pour les femmes et les jeunes dans le Delta du Saloum», l’Organisation internationale du Travail (OIT) a appuyé l’organisation d’assemblées générales constitutives de sociétés coopératives dans plusieurs localités de Toubacouta, du 30 mars au 3 avril 2026 et de Djilor du 6 au 10 mai 2026. Cette initiative constitue une avancée structurante dans la transition vers une économie locale plus formelle, inclusive et résiliente et contribue à la promotion du travail décent à travers le développement de l’entrepreneuriat vert.
15 mai 2026
Un écosystème sous pression
DAKAR (OIT Infos) – Situé le long de la côte atlantique du Sénégal, le delta du Saloum est un écosystème de mangroves d’une grande richesse écologique, jouant un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique. Toutefois, cette zone est confrontée à des défis croissants, notamment la dégradation des ressources naturelles, l’érosion côtière et des pratiques économiques peu durables. Ces contraintes affectent directement les moyens de subsistance des communautés locales, en particulier les femmes et les jeunes, souvent engagés dans des activités informelles à faible productivité et caractérisées par des déficits de travail décent.
Créer des emplois verts
Pour répondre à ces enjeux, le projet mis en œuvre par l’OIT avec l’appui du gouvernement allemand (BMZ) vise à promouvoir la création d’emplois verts et durables, notamment dans les chaînes de valeur de l’apiculture et de la conchyliculture. Il s’inscrit dans des initiatives globales telles que le «Global Accelerator on Jobs and Social Protection for Just Transitions» et «Climate Action for Jobs», en agissant sur les trois levier clés: la structuration des acteurs économiques, le renforcement des capacités entrepreneuriales et l’accès progressif à la protection sociale.
Former pour entreprendre
Dans ce contexte, plusieurs groupements de producteurs apicoles et de femmes transformatrices de mollusques ont bénéficié de formations basées sur les outils de l’OIT «Think.Coop» et «Start.Coop». Ces formations ont permis de renforcer leurs compétences en matière de gouvernance coopérative, de gestion d’entreprise et de développement de modèles économiques durables. À l’issue de ce processus, dix (10) groupements ont acquis les connaissances nécessaires pour franchir une étape décisive: la création formelle de sociétés coopératives. Les bénéficiaires sont passés d’une logique de subsistance à une approche entrepreneuriale structurée.
Passer à l’action
Les assemblées générales constitutives organisées dans les localités de Toubacouta, (Dassilamé Sérère, Nemah Ba, Bagadadji Sandicoly Toubacouta centre), et de Djilor (Bambougard, Bangalère, Soum, Keur Mbaye Mati et Djilor Centre) ont ainsi permis d’accompagner concrètement ces groupements dans leur formalisation. Lors de ces rencontres, les statuts des coopératives ont été examinés et adoptés, les organes de gouvernance mis en place, et les membres des conseils d’administration, de surveillance ainsi que les commissaires aux comptes élus conformément aux standards de gouvernance coopérative et aux dispositions de l’OHADA, garantissant la transparence et la crédibilité institutionnelle.
Au total, plus quatre cents (400) bénéficiaires, majoritairement des femmes et des jeunes, ont participé à ce processus. Ces assemblées ont également été marquées par une forte mobilisation des autorités locales et des acteurs communautaires, témoignant de l’intérêt suscité par les opportunités offertes par les modèles coopératifs.
Structurer les filières locales
Au-delà de la création formelle des coopératives, cette initiative contribue à structurer les chaînes de valeur locales et à améliorer la productivité. Elle permet notamment de renforcer le pouvoir de négociation des bénéficiaires, de réduire la dépendance aux intermédiaires et faciliter l’accès à des marchés plus rémunérateurs. Elle constitue également un levier essentiel pour promouvoir la protection sociale et améliorer les conditions de travail des acteurs de l’économie informelle.
L’approche participative adoptée, fondée sur l’implication active des bénéficiaires et l’adaptation des outils aux réalités locales, a permis de renforcer les capacités des formateurs et d’améliorer la qualité des formations dispensées. Elle favorise ainsi une appropriation durable des concepts coopératifs et une meilleure résilience des communautés.
«Aujourd’hui, nous ne sommes plus seulement des producteurs de miel, mais des entrepreneurs organisés», témoignage d’une participante de Toubacouta.
Un impact durable
À travers cet appui, l’OIT réaffirme son engagement en faveur d’une transition juste vers des économies plus vertes et inclusives. En soutenant la formalisation des activités économiques et le développement de coopératives, le projet contribue à créer des emplois décents, à autonomiser les femmes et les jeunes, et à promouvoir un développement local durable dans le Delta du Saloum.
Les prochaines étapes consisteront à accompagner ces nouvelles coopératives dans leur développement opérationnel, notamment à travers le renforcement des capacités, l’accès au financement et l’intégration dans des chaînes de valeur structurées. A terme, cette dynamique devrait permettre une augmentation significative des revenus, une meilleure sécurisation des moyens de subsistance et une intégration progressive des acteurs dans l’économie formelle. Elle contribue également à transformer durablement les systèmes de marché locaux en faveur d’une croissance plus inclusive et résiliente.
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