Gilbert Houngbo, Directeur Général de l’OIT et Sidi Touré, Ministre des Ressources animales et halieutiques, paraphant les instruments de la ratification de la C188

Travail décent

La Côte d’Ivoire rejoint la dynamique mondiale en ratifiant la Convention n° 188 de l’OIT sur le travail dans la pêche

À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée le 8 juin 2025, la Côte d’Ivoire est devenue le dernier pays à ratifier la Convention n° 188 de l’OIT sur le travail dans la pêche, marquant une avancée majeure en faveur des droits du travail en mer.

25 juin 2025

Gilbert Houngbo, Directeur Général de l’OIT et Sidi Touré, Ministre des Ressources animales et halieutiques, paraphant les instruments de la ratification de la C188 © Fred Marigaux

Abidjan, Côte d'Ivoire (OIT Infos) – En amont de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC3), tenue du 9 au 13 juin 2025 à Nice (France), un événement parallèle de haut niveau intitulé « Protéger les travailleurs de l’océan », organisé par ‘’Environmental Justice Foundation’’ (EJF) avec le soutien de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a mis les droits humains et du travail des pêcheurs au cœur des préoccupations internationales. Cet événement a marqué le lancement d’une campagne mondiale pour promouvoir la ratification et la mise en œuvre de la Convention n° 188 de l’OIT sur le travail dans la pêche.

Prenant la parole le 8 juin, le Directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, a souligné le fait que des millions de pêcheurs opèrent en dehors des systèmes d’emploi formels. La pêche est l’un des secteurs les plus dangereux et les moins réglementés au monde. Beaucoup sont des travailleurs migrants, particulièrement vulnérables, certains subissant l’exploitation, le travail forcé, la traite et la violence. Ces abus sont facilités par une application faible des lois et un manque de transparence. La Convention n° 188, adoptée par les mandants tripartites de l’OIT en 2007, établit une norme universelle minimale pour un travail décent dans la pêche – une protection attendue de longue date dans un secteur essentiel à la sécurité alimentaire mondiale.

L’événement a également été marqué par le dépôt de l’instrument de ratification de la Convention n° 188 par la Côte d’Ivoire. A cette occasion, le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré, a déclaré :

« La Côte d'Ivoire a fait non seulement de la valorisation du potentiel économique de ses ressources une priorité, mais également de la protection de ses travailleurs. […] Ceux qui travaillent dans l’ombre pour que nous ayons des ressources de qualité et durables dans nos assiettes doivent pouvoir travailler dans la dignité et bénéficier de cet engagement spécifique. »

Cet engagement revêt une importance particulière pour la Côte d’Ivoire où la pêche constitue une source de revenu pour plus d’un demi-million de personnes, et contribuera de manière significative à la sécurité alimentaire et à l’emploi.

Cette ratification s’inscrit dans un engagement plus large de la Côte d’Ivoire en faveur de la durabilité des océans, avec son adhésion à l’Accord sur les mesures du ressort de l’État du port de la FAO et son soutien à un Protocole régional contraignant sur les normes du travail pour les équipages et l’élimination du travail forcé à bord des navires de pêche, adopté par le Comité des pêches du golfe de Guinée Centre-Ouest, avec l’appui de l’OIT. Par la suite, la Belgique a annoncé son intention de déposer également son instrument de ratification de la Convention n° 188 lors de la Conférence internationale du Travail.

 Gilbert Houngbo, Directeur Général de l’OIT et Sidi Touré, Ministre des Ressources animales et halieutiques, brandissant les instruments de la ratification de la C188
© Fred Marigaux
© Fred Marigaux
Gilbert Houngbo, Directeur Général de l’OIT et Sidi Touré, Ministre des Ressources animales et halieutiques, brandissant les instruments de la ratification de la C188

Pour soutenir cette dynamique, l’OIT, en collaboration avec les gouvernements de la France et du Royaume-Uni, a lancé officiellement la campagne « Partenariat pour la promotion du travail décent dans la pêche » – une initiative pluriannuelle axée sur la sensibilisation, le plaidoyer, l’assistance technique, le renforcement des capacités et la valorisation de la voix des pêcheurs.

Le Directeur général de l’OIT a pour sa part, déclaré :

« Les pêcheurs, comme tous les travailleurs de l’océan, méritent protection, dignité et opportunités. Une économie océanique durable doit être inclusive, ce qui implique le respect des droits du travail de ceux qui en sont le pilier. […] Si nous sommes capables de nous entendre sur la ratification, la mise en œuvre et l’application de normes mondiales pour les gens de mer, pourquoi pas pour les pêcheurs ? La logique est évidente. Les outils existent. Le moment est venu. »

Éric Banel, Directeur général des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture de la France, a quant à lui, affirmé :

« Nous sommes fiers d’annoncer le lancement d’une campagne dédiée à la promotion de la ratification de la Convention n° 188. La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), et sa lutte, est l’un des messages clés que le président Macron souhaite porter à travers l’UNOC. Le faible niveau de ratification de la Convention n° 188 de l’OIT constitue un enjeu stratégique qu’il nous faut aborder dans le cadre de notre engagement commun pour éliminer la pêche INN. »

John Cousley MBE, Responsable des gens de mer au ministère des Transports du Royaume-Uni, a ajouté :

« Un environnement de travail sûr et décent pour les pêcheurs, libre de toute exploitation, est une priorité pour le Royaume-Uni, comme cela devrait l’être pour tout pays disposant d’une flotte de pêche. C’est pourquoi nous rejoignons la France et l’OIT pour lancer ce partenariat stratégique à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’océan. Le Royaume-Uni est déterminé à faire des mauvaises conditions de travail un phénomène du passé et à garantir que tous ceux qui travaillent en mer, qu’ils soient gens de mer ou pêcheurs, soient protégés. »

Eric Banel, Directeur général des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture de la France avec Gilbert Houngbo, Directeur Général de l’OIT et d’autres hôtes à Nice le 8 juin 2025
© Fred Marigaux
© Fred Marigaux
Eric Banel, Directeur général des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture de la France avec Gilbert Houngbo, Directeur Général de l’OIT et d’autres hôtes à Nice le 8 juin 2025

Alors qu’elle prend le large, cette campagne appelle tous les acteurs – gouvernements, organisations de travailleurs et d’employeurs, société civile et secteur privé – partageant la vision d’un secteur de la pêche plus juste, plus sûr et plus durable, à monter à bord.