Guinée : L’OIT et ses partenaires lancent la phase II du projet AGRIDOM pour renforcer la gouvernance des migrations de main-d’œuvre

Les 14 et 15 avril 2026, l’Organisation internationale du Travail (OIT), en collaboration avec le Gouvernement guinéen et les partenaires sociaux, a procédé au lancement officiel de la deuxième phase du projet AGRIDOM, visant à améliorer la gouvernance des migrations de main-d’œuvre dans les secteurs de l’agriculture et du travail domestique en Afrique de l’Ouest et dans le corridor Côte d’Ivoire - Guinée.

22 avril 2026

Conakry (OIT Infos) – Ce lancement marque une étape importante dans la consolidation des acquis de la première phase du projet (2023–2025), qui a contribué à promouvoir une migration plus équitable et un meilleur accès au travail décent pour les travailleurs migrants dans le corridor Burkina Faso-Guinée–Côte d’Ivoire.

Capitaliser sur les résultats pour aller plus loin

Organisé à Conakry, l’atelier a réuni 45 participants, dont des représentants du gouvernement, des organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Il visait à dresser le bilan de la première phase, tirer les leçons apprises et définir les priorités stratégiques pour AGRIDOM II.

Les discussions ont mis en lumière des avancées significatives, notamment l’élaboration et la validation de la Stratégie nationale de migration de main-d’œuvre (2026–2030), le renforcement des capacités des mandants tripartites, ainsi que la sensibilisation de plus de 500 travailleurs, en majorité des femmes, aux normes internationales du travail et au recrutement équitable.

« Les résultats obtenus démontrent la pertinence d’une approche intégrée associant dialogue social, renforcement des capacités et alignement sur les normes internationales du travail », a souligné la Directrice du Bureau de l’OIT pour l’Afrique de l’Ouest.

Une approche centrée sur le dialogue social et le genre

L’atelier a également permis de présenter les conclusions de l’analyse genre menée dans le cadre du projet. Celle-ci met en évidence des inégalités persistantes, notamment une forte concentration des femmes dans le travail domestique informel, caractérisé par une faible protection et une exposition accrue aux abus.

Les participants ont insisté sur l’importance d’intégrer une approche sensible au genre dans toutes les interventions, afin de mieux répondre aux besoins spécifiques des travailleuses migrantes et de renforcer leur accès aux droits et à la protection sociale.

« Lors de la première phase du Projet AGRIDOM conduite par l’Organisation internationale du Travail, nous avons bénéficié d’importantes formations sur la législation des conditions des travailleuses domestiques, nous attendons de la deuxième phase qu’elle soit l’occasion de sa mise en œuvre. On peut dire que AGRIDOM I était le temps de la stratégie, AGRIDOM II est celui de l’action! » Aissatou Baldé, SG du syndicat des travailleuses domestiques – CNTG Guinée

Un engagement renouvelé des partenaires

En amont de l’atelier, une mission de consultation conduite par l’OIT a permis d’échanger avec plusieurs institutions clés, dont le Conseil national du dialogue social (CNDS), la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI) et le Ministère du Travail. Ces consultations ont confirmé l’engagement des partenaires nationaux à poursuivre les efforts engagés.

Lors de la cérémonie officielle, le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire de la justice sociale et de la protection des travailleurs une priorité nationale. Il a appelé à une meilleure articulation du projet avec les politiques publiques, notamment dans le cadre du programme de développement Simandou 2040.

« La mobilité de la main d’œuvre constitue la clé de voute de l’intégration économique. Dans notre sous-région Ouest-Africaine, c’est une réalité structurelle incontournable de la dynamique sectorielle. Lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre institutionnelle maîtrisé, elle s’affirme comme un puissant levier de création de richesse tant pour les bassins d’origine que pour les territoires d’accueil. » M. Mory Condé, Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale

AGRIDOM II : renforcer l’impact à l’échelle régionale

La deuxième phase du projet, d’une durée de 24 mois (2026–2027), ambitionne de renforcer les cadres juridiques et politiques en matière de migration de main-d’œuvre, tout en améliorant la coopération entre les acteurs au niveau national et régional.

Elle mettra l’accent sur trois axes principaux : le renforcement du dialogue social avec une approche sensible au genre, l’alignement des politiques nationales sur les normes internationales du travail, et le développement des capacités des partenaires tripartites pour mieux protéger les travailleurs migrants.

Le Comité National Tripartite de Suivi (CNTS) a été activé pour faciliter le coordination technique des activités, le plan de travail pour l’année 2026 a également été élaboré et validé à l’issue de l’atelier, marquant le début opérationnel des activités.

Vers une migration de travail plus équitable

En s’inscrivant dans les priorités du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Programme pays pour le travail décent (PPTD 2025-2029), AGRIDOM II entend contribuer à une migration de travail sûre, ordonnée et régulière, tout en favorisant des opportunités d’emploi décent.

Pour l’OIT et ses partenaires, cette nouvelle phase représente une opportunité de consolider les acquis et d’amplifier l’impact des actions en faveur des travailleurs migrants, en particulier les plus vulnérables.

« La réussite de cette initiative repose sur l’engagement collectif des acteurs et sur une approche inclusive qui place les droits des travailleurs au cœur des politiques de migration », a conclu un représentant des partenaires sociaux.

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