Résumé

Promouvoir le travail décent dans les situations de crise et de fragilité en Afrique

Organisée par le Bureau régional de l'OIT pour l'Afrique (ROAF), le Programme d'action sur les crises (AP/Crisis) et le Centre international de formation (ITCILO), cette formation de deux jours a réuni des représentants des gouvernements africains et des organisations de travailleurs et d'employeurs afin d'examiner le rôle essentiel que joue le travail décent dans les situations de crise.

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Jour 1 – Contexte

La première journée a été consacrée au thème « Travail décent, lien entre aide humanitaire, développement et paix, et programme de résilience de l'Afrique ».

Maurizio Bussi, directeur du Programme d'action sur les crises de l'OIT, a ouvert la session en abordant les défis urgents auxquels l'Afrique est confrontée, tels que les conflits et les inégalités croissantes, et a souligné le rôle essentiel de l'OIT dans la réponse aux crises. Il a insisté sur le fait qu'une action coordonnée entre les acteurs humanitaires et ceux du développement est cruciale pour renforcer la résilience.

Anselme Amoussou, secrétaire général adjoint de la CSI-Afrique, a mis en évidence la situation précaire des femmes et des travailleurs vulnérables et a rappelé aux participants que « le travail décent doit rester une priorité même en temps de crise », en référence à la recommandation n° 207 de l'OIT. Il a appelé à la transformation de l'économie informelle et à l'extension de la protection sociale comme mesures clés pour la résilience.

Mme Keita Zeinabou, secrétaire générale de la CNPM, a souligné l'importance d'une approche intégrée pour renforcer les économies et les communautés face aux défis multidimensionnels, tout en exprimant sa gratitude à l'OIT et à ses partenaires pour leur engagement.

Les tables rondes ont examiné comment le travail décent peut favoriser la paix, la reprise et la résilience. Federico Negro, de l'OIT AP/CRISIS, a évoqué le cercle vicieux des crises, de l'informalité croissante et du déclin de la protection sociale, en se référant à la recommandation n° 205 de l'OIT. Charleine Mbuyi Lusamba, de la Banque africaine de développement, a présenté la stratégie de la Banque en matière de fragilité pour 2022-2026, qui donne la priorité au renforcement des institutions, au développement de la résilience et à l'investissement privé. Hélène Atrafi, du HCR, a fait part de la situation alarmante au Soudan, soulignant que « 14 millions de personnes ont été déplacées depuis avril 2023 » et insistant sur l'urgence d'une réponse des acteurs du développement.

Le panel s'est concentré sur l'inclusion des réfugiés et des communautés d'accueil sur le marché du travail. Stephen Opio a présenté le programme PROSPECTS, qui promeut des marchés du travail inclusifs pour les personnes déplacées. Kombate Koque a présenté le Programme d'urgence pour le renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS) du Togo, qui vise à créer des opportunités pour les jeunes et à bâtir des communautés résilientes. Wonderful Hunga, de la CSI-Afrique, a souligné le rôle des syndicats dans la défense des droits et la promotion du dialogue social pour les travailleurs déplacés.

Jour 2 – Des leçons à l'action

La deuxième journée a été consacrée à la mise en œuvre du travail décent dans les situations de crise, sous le thème « Des leçons à l'action – comment mettre en œuvre le travail décent dans les situations de crise ». Les participants ont été répartis en trois groupes de travail – gouvernements, travailleurs et employeurs – afin de partager leurs expériences et d'identifier des solutions pratiques.

Les représentants des gouvernements ont discuté de la manière dont les politiques en matière d'emploi et de travail décent peuvent promouvoir une reprise inclusive. Ils ont souligné la nécessité de mettre en place des politiques génératrices de revenus, une coordination interministérielle et des mécanismes de réponse rapide en cas de crise. Ces politiques doivent intégrer les quatre piliers du travail décent : l'emploi, la formation professionnelle, les droits des travailleurs et le dialogue social, qui sert également d'outil préventif en favorisant un dialogue continu sur la transformation économique.

Les employeurs ont examiné comment les entreprises peuvent assurer la continuité et contribuer à la reconstruction des économies locales. Ils ont souligné le double rôle des organisations patronales et des entreprises individuelles dans les contextes de conflit. Les organisations patronales favorisent la consolidation de la paix et la cohésion sociale en maintenant des lieux de travail neutres et inclusifs, tandis que les entreprises jouent un rôle essentiel dans la stabilisation des communautés.

Les travailleurs ont réfléchi à la protection des droits et à la promotion de l'inclusion dans le cadre des mesures de réponse à la crise. Ils ont souligné l'importance de la formation et du renforcement des capacités, notant que les droits des travailleurs sont gravement affectés pendant les crises. Le dialogue social a été reconnu comme un mécanisme clé pour des échanges constructifs et des solutions pratiques.

La session a également abordé la manière dont les données, les analyses et les mécanismes de financement peuvent éclairer les stratégies de réponse aux crises. Federico Negro a présenté des outils tels que l'évaluation des besoins après une catastrophe (PDNA) et l'évaluation du relèvement et de la consolidation de la paix (RPBA), expliquant comment intégrer les considérations relatives au travail décent dès les premières étapes de la planification. Roland Sarton et Matthieu Charpe ont présenté des outils de diagnostic axés sur l'emploi, citant des analyses récentes menées au Soudan du Sud et en Somalie qui ont testé des méthodes innovantes pour évaluer les marchés du travail dans des crises prolongées.

Dans son intervention de clôture, Coffi Agossou, directeur régional adjoint du ROAF, a souligné qu'il était plus important de prévenir les conflits et les crises que d'y remédier. Il a fait remarquer que les occasions d'échange telles que cette formation étaient fondamentales pour développer de bonnes pratiques visant à promouvoir le travail décent, la création d'emplois et les systèmes d'alerte précoce. Il a conclu en déclarant que cette initiative n'était ni une fin ni un début, mais la poursuite d'un travail essentiel dans le climat social, économique et politique complexe d'aujourd'hui.