Tawdif : De l’université au monde du travail

Contexte

Le chômage des jeunes est un défi croissant pour l’Algérie, en particulier pour les jeunes diplômés sortant de l’enseignement supérieur dont le taux de chômage s’élevait à 17,7% en septembre 2016 (Office National de la Statistique). Les jeunes diplômées sont les plus touchées avec un taux de 24,7% contre 10,2% pour les hommes. Environ 300 000 personnes diplômées de l'enseignement supérieur étaient au chômage, dont 70% de femmes.

Grace aux efforts entrepris par l’Algérie pour ouvrir et généraliser l'accès à l'enseignement supérieur au cours des dernières décennies, la population étudiante est passée en quatre décennies d'un peu plus de 12 000 à près de 1,3 million en 2014. Ceci exerce cependant une pression importante sur le marché du travail.

Parallèlement l'Algérie investit considérablement dans divers programmes actifs du marché du travail visant à soutenir l'intégration des diplômés de l'enseignement supérieur dans le marché du travail, y compris les contrats de travail subventionnés ou le soutien au démarrage d'entreprise (par l’ANSEJ et la CNAC).

L'une des raisons identifiées pour le chômage et le sous-emploi des diplômés de l'enseignement supérieur est le manque d’adéquation entre leur formation et les besoins en compétences des entreprises. Les jeunes choisissent souvent des filières universitaires avec des perspectives d’emploi limitées et sont peu outillés pour réussir leur recherche d’un emploi salarié. Les stages en entreprise pourraient aussi remédier – en partie – au problème mais sont-ils suffisamment développés ?

Les relations formelles entre les universités et les entreprises sont aussi encore trop peu nombreuses: certaines universités ont commencé à piloter des centres de carrières qui établissent des liens entre les entreprises et les universités (les «BLEU» comme «Bureau de Liaison Entreprise-Université»), mais ils sont encore petits et leur portée demeure limitée.

Objectifs

Financé par le Royaume-Uni, le projet vise à réduire l'inadéquation entre les compétences des diplômés universitaires et les exigences du marché du travail en améliorant les compétences des étudiants et des diplômés, en particulier sur la recherche d'emploi et les compétences entrepreneuriales, et en renforçant les capacités des universités et autres acteurs institutionnels en charge de l’organisation et de la stimulation du marché du travail tels que l’ANEM, la CNAC et l’ANSEJ.
Le projet est mis en œuvre sur trois phases sur 31 mois: la première phase s'étend de septembre 2016 à mars 2017 et s'associe à un premier groupe de 3 universités: Bejaia, Biskra et Tlemcen.
L'objectif central du projet est triple:
1: Les étudiants universitaires et les diplômés en chômage améliorent leurs compétences en recherche d'emploi et leurs connaissances dans l’entrepreneuriat
2: L’inadéquation des compétences est réduite entre les formations de l'enseignement supérieur et les besoins du marché du travail
3: Les institutions d'appui à l'insertion professionnelle des diplômés universitaires deviennent plus efficaces.

Activités et résultats attendus

Le projet soutiendra les universités notamment le fonctionnement et la mise en place des structures de soutien à l’insertion pertinentes et pilotera avec eux un certain nombre d'offres de reconversion ciblées pour les diplômés sans emploi. Le personnel de l'université sera formé et accompagné sur le soutien à la recherche d'emploi, l'entrepreneuriat, le contact avec les milieux d'affaires, la facilitation des tables rondes avec les employeurs, la réalisation d'études de traçage et le renforcement des stages.
Grâce à ce projet, l'ANEM s'attend à améliorer son offre de services en matière de conseil de groupe, de services ciblés pour les chômeurs de longue durée et de renforcer leur base d'information sur le marché du travail.
Le projet coordonnera une évaluation des programmes actifs du marché du travail (ANSEJ, CNAC, DAIP) et proposera une formation à ses collaborateurs sur la gestion du cycle de projet.
Le projet collaborera étroitement avec la Confédération Générale des Entreprises Algériennes (CGEA) pour mobiliser les employeurs sur les diverses activités du projet et jouer un rôle clé pour aider à évaluer les besoins en compétences et définir des programmes de reconversion. Le projet impliquera également d'autres organisations d'employeurs, en particulier au niveau local.
Des représentants de l'Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) se joindront aux équipes spéciales locales, aux tables rondes, aux événements de partage des connaissances et aux formations.
Une attention particulière sera portée à la participation et à l'autonomisation des jeunes diplômées, car leur taux de chômage est plus du double de celui des hommes.

Aperçu des activités proposées par résultat (à mars 2018):

Axe 1: Compétences en recherche d’emploi, employabilité et entrepreneuriat

  • Techniques de recherche d’emploi
  • Clubs de recherche d’emploi
  • Application mobile
  • Compétences entrepreneuriales
  • Réseaux alumni des diplômées

Axe 2: Adéquation formation – marché du travail

  • Enquête des besoins des entreprises
  • Etude de suivi des diplômés
  • Tables rondes
  • Stages
  • Programmes de reconversion
  • Outils d’orientation des bacheliers
  • Pratiques RH Entreprises

Axes 3: Structures d’appui à l’insertion

  • Evaluation des dispositifs d’aide à l’emploi
  • Renforcement des Centres de carrières, BLEUs, maison de l’entrepreneuriat
  • Analyse du marché du travail
  • Concertation locale multi-acteurs
  • Gestion Axée sur les Résultats

Partenaires

  • Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale
  • Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
  • Confédération Générale des Entreprises Algériennes (CGEA)
  • Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA)

Bénéficiaires

Les bénéficiaires ultimes sont les diplômés de l'enseignement supérieur et les étudiants universitaires. L'amélioration de l'information sur le marché du travail et l’orientation académique profitera également aux élèves du secondaire pour prendre des décisions mieux informées sur la formation ou l'éducation à choisir.
Les bénéficiaires directs sont le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et leurs institutions (ANEM, ANSEJ, CNAC et universités), les entreprises publiques et privées, les organisations d'employeurs et de travailleurs. Ils ont tous leur rôle à jouer pour faciliter l'intégration professionnelle des diplômés universitaires.