Les programmes d’éducation physique et de mise en forme: un atout pour les entreprises

 

James Corry

 

Les programmes d’éducation physique et de mise en forme sont les programmes de promotion et de protection de la santé des travailleurs les plus courants. Ils ont du succès lorsqu’ils contribuent aux objectifs de l’entreprise, protègent la santé des salariés et demeurent agréables et utiles pour les participants (Dishman, 1988). Etant donné que les objectifs, les effectifs et les ressources des entreprises varient énormément d’une région du monde à l’autre, ces programmes peuvent être organisés de mille et une manières et offrir des services fort divers.

 

Nous examinerons ici les raisons qui poussent les entreprises à proposer des programmes d’éducation physique et de mise en forme; la manière dont ces programmes s’intègrent dans la structure administrative; les services habituellement offerts aux participants; le personnel spécialisé chargé de ces services; les problèmes que pose très souvent la programmation de la mise en forme sur les lieux de travail; les besoins de certains groupes de travailleurs. Nous nous attacherons surtout aux programmes proposés dans les établissements.

 

La qualité et la programmation de la mise en forme

Aujourd’hui, l’économie mondiale détermine les objectifs et les stratégies commerciales de dizaines de milliers d’employeurs et touche des millions de travailleurs dans le monde. La concurrence internationale acharnée oblige les entreprises à offrir des produits et des services de plus grande qualité à des prix toujours plus bas; autrement dit, elles doivent viser ce que l’on appelle «la qualité». Les entreprises qui s’y emploient attendent de leurs salariés qu’ils soient «attentifs à la clientèle», qu’ils travaillent avec énergie, enthousiasme et précision toute la journée, qu’ils se forment et progressent en permanence sur les plans professionnel et personnel et qu’ils assument la responsabilité de leur comportement au travail, tout comme celle de leur bien-être personnel.

 

Les programmes d’éducation physique et de mise en forme peuvent jouer un rôle déterminant dans les entreprises qui recherchent la qualité en aidant les travailleurs à se sentir mieux. C’est particulièrement important dans les branches qui occupent surtout des cols blancs, c’est-à-dire des employés sédentaires. Dans le secteur manufacturier et l’industrie lourde, l’entretien de la force physique et de la souplesse peuvent améliorer la capacité de travail et l’endurance et protéger les travailleurs contre les accidents. Outre le bien-être physique, les exercices de mise en forme atténuent la tension et donnent un sens des responsabilités dans les autres habitudes de vie: nutrition et maîtrise du poids, prévention des comportements dangereux, (alcoolisme, toxicomanie, consommation de médicaments et tabagisme).

 

Les entreprises qui recherchent la qualité proposent en général des exercices d’aérobic, de relaxation et d’assouplissement, des séances de musculation, des activités de loisirs sur le thème de l’aventure et des compétitions sportives. Ces offres s’inscrivent souvent dans les initiatives de bien-être de l’entreprise — le «bien-être» consistant notamment à aider les gens à réaliser leur plein potentiel tout en acquérant des habitudes de vie propices à une bonne santé — et elles reposent sur le fait prouvé que la vie sédentaire constituant un facteur de risque, il importe d’encourager l’exercice physique régulier.

 

Les services essentiels de mise en forme

Les participants à des programmes de mise en forme devraient en connaître les rudiments, qui comportent notamment les points suivants:

 

  nombre minimum de séances d’exercice par semaine pour être en forme et en bonne santé (trois ou quatre séances hebdomadaires de 30 à 60 minutes);

  importance de l’échauffement, de l’exercice proprement dit et de la récupération;

  importance de savoir contrôler son rythme cardiaque et l’accélérer sans risque jusqu’à un niveau approprié à l’âge et à la forme physique;

  progression des exercices pour arriver à une bonne forme physique;

  techniques d’entraînement à diverses disciplines;

  principes de la musculation (résistance et surcharge) et combinaison des exercices répétés et des séries afin d’atteindre les objectifs voulus;

  repos bien conçu et bonnes techniques de levage;

  relaxation et assouplissement en tant que parties intégrantes du programme de mise en forme;

  personnalisation des exercices pour les adapter aux intérêts individuels et aux habitudes de vie des travailleurs;

  connaissance du rôle de la nutrition dans la forme physique et la bonne santé en général.

 

En plus de l’instruction, les services comportent une évaluation de la forme physique et la prescription de certains exercices, l’orientation vers les activités voulues et une formation à l’utilisation du matériel, des cours et activités systématiques d’aérobic, de relaxation, d’assouplissement et de prévention des dorsalgies. Certaines entreprises offrent des cours individuels, ce qui peut être assez coûteux, car ils exigent un personnel nombreux.

 

Certains programmes offrent un entraînement à l’endurance, c’est-à-dire des exercices qui permettent d’améliorer les aptitudes des travailleurs devant effectuer des tâches répétitives et difficiles, et de rééduquer ceux qui relèvent de maladie ou d’accident. Ils prévoient souvent des pauses pendant le travail pour exécuter certains exercices afin de détendre et d’étirer les muscles trop sollicités et de renforcer les groupes de muscles antagonistes pour éviter les syndromes de fatigue et les accidents dus aux gestes répétitifs. Au besoin ils proposent de modifier le contenu du travail et, éventuellement, les machines utilisées.

 

Le personnel chargé de l’éducation physique et de la mise en forme

Les kinésithérapeutes, les moniteurs d’éducation physique et les spécialistes des loisirs constituent la majorité des professionnels qui dirigent les programmes de mise en forme des travailleurs. Les hygiénistes et les spécialistes en rééducation y participent également.

 

Le kinésithérapeute prévoit un ensemble d’exercices personnalisés pour chacun, après évaluation de la condition physique, laquelle comporte généralement une description des antécédents médicaux, l’appréciation des risques pour la santé, l’évaluation de la forme et de l’aptitude physiques (surtout pour les porteurs de handicap ou les victimes d’accident) et la confirmation des objectifs recherchés. L’évaluation de la condition physique consiste notamment à prendre le rythme cardiaque et la tension artérielle au repos, à déterminer la composition corporelle, à mesurer la force et la souplesse musculaires, l’efficacité cardio-vasculaire et, souvent, les distributions des lipides sanguins. On compare en général ces résultats avec la norme pour les personnes de même sexe et de même âge.

 

Aucun des services offerts par le kinésithérapeute n’a pour objectif de poser un diagnostic médical; en cas d’anomalies, les salariés sont adressés au service médical de l’entreprise ou à leur médecin personnel. En réalité, de nombreuses entreprises exigent des personnes désirant s’inscrire à ces programmes l’autorisation préalable d’un médecin. Dans le cas des employés qui relèvent d’une maladie ou ont eu un accident, le kinésithérapeute peut travailler en étroite collaboration avec le médecin personnel et le conseiller en rééducation.

 

Les moniteurs d’éducation physique ont été formés pour diriger des séances d’exercices, enseigner les principes d’un exercice sain et sans danger, faire des démonstrations de diverses disciplines athlétiques et assurer l’entraînement, élaborer et exécuter un programme multidisciplinaire de mise en forme. Bon nombre d’entre eux ont appris à effectuer les examens d’aptitude physique bien que, à notre époque où la spécialisation est reine, cette tâche soit plus souvent laissée au kinésithérapeute.

 

Les spécialistes des loisirs font des sondages pour connaître les besoins et les intérêts des participants afin de juger de leur mode de vie et de leurs préférences en matière de loisirs. Ils peuvent donner des cours d’éducation physique, mais ils s’occupent plus généralement d’organiser des voyages, des concours et des activités éducatives, de solliciter physiquement les participants et de les inciter à se livrer à une saine activité physique globale.

 

Il est souvent difficile aux entreprises qui essaient de trouver le personnel voulu de vérifier la formation et la compétence des moniteurs. Aux Etats-Unis, au Japon et dans de nombreux autres pays, les organismes gouvernementaux exigent des diplômes et une expérience attestée de la part des professeurs d’éducation physique qui enseignent dans les écoles. La plupart des gouvernements n’exigent pas de diplômes professionnels; aux Etats-Unis, le Wisconsin est le seul Etat à avoir adopté une loi sur les moniteurs d’éducation physique. Lorsqu’on envisage de s’inscrire à des centres de culture physique, que le personnel soit bénévole comme dans les Associations chrétiennes de jeunes gens (YMCA) ou salarié, il faut prendre soin de vérifier la compétence des moniteurs, car la plupart d’entre eux sont des bénévoles ou des personnes n’ayant reçu qu’une formation minimale.

 

Plusieurs associations professionnelles décernent des certificats à ceux qui s’occupent de mise en forme physique des adultes. Par exemple, le Collège américain de médecine sportive (American College of Sports Medicine) délivre un certificat aux moniteurs d’éducation physique, et l’Association internationale d’enseignement de la danse (International Dance Education Association) en offre un aux moniteurs d’aérobic. Ces certificats ne sanctionnent que l’expérience et une formation poussée et ne constituent pas un permis d’exercer.

 

Les programmes de mise en forme et la structure de l’entreprise

En règle générale, seules les entreprises moyennes ou grandes occupant au minimum de 500 à 700 salariés peuvent se doter d’installations d’éducation physique destinées au personnel. La taille n’est pas le seul point pris en considération, il faut aussi que les entreprises aient la capacité et la volonté de prévoir les crédits budgétaires et des locaux pour abriter les installations et l’équipement nécessaires, y compris les vestiaires et les douches.

 

En général, la place qu’occupe le programme dans l’organigramme de l’entreprise en détermine l’importance et les objectifs. Par exemple, s’il concerne surtout la santé (réduire les risques cardio-vasculaires, diminuer les absences pour maladie, prévenir les accidents et rééduquer, lutter contre la tension), il relèvera du service médical ou complétera les services de santé destinés au personnel. Lorsque les principaux objectifs concernent le moral et les loisirs du personnel, le programme sera normalement géré par le département des ressources humaines ou celui des relations avec le personnel. Comme le service des ressources humaines est généralement chargé des initiatives d’amélioration de la qualité, les programmes de mise en forme axés sur le bien-être et la qualité lui sont souvent confiés.

 

Les départements de la formation s’occupent rarement des programmes d’activité gymnique et de mise en forme, étant donné que leur mission se limite habituellement au développement des qualifications et à la formation professionnelle. Toutefois, certains d’entre eux proposent aux salariés des activités de loisirs basés sur l’aventure ou le défi pour leur donner le sens du travail en équipe, améliorer la confiance qu’ils ont en eux et leur inculquer les moyens de surmonter les épreuves. Lorsque les emplois comportent des activités physiques, le programme de formation peut comprendre l’enseignement de bonnes techniques de travail. Ce type de formation existe en général dans les services de police, de lutte contre l’incendie et de sauvetage, les entreprises de camionnage et de livraison, les exploitations minières et pétrolières, les entreprises de plongée et de renflouage de navires, la construction, etc.

 

Les programmes de mise en forme offerts sur place ou dans la collectivité

Lorsqu’une entreprise n’a ni les locaux ni les moyens de construire des salles d’éducation physique, elle peut cependant organiser des programmes restreints sur le lieu de travail. Les cafétérias et les salles de réunion, les halls d’entrée et les aires de stationnement peuvent être utilisés pour des cours d’éducation physique lorsqu’ils sont libres. Une compagnie d’assurances de New York a créé dans un grand dépôt d’archives une piste intérieure de course à pied qui passe entre des rangées de classeurs contenant des documents importants, mais rarement consultés. Dans de nombreuses entreprises un peu partout dans le monde, des pauses sont régulièrement prévues pendant la journée de travail pour permettre aux travailleurs de faire des exercices de gymnastique rythmique et d’autres exercices simples, sans quitter leur poste.

 

Lorsqu’elles ne disposent pas d’installations sur place (ou que celles-ci sont trop petites pour le nombre d’employés qui souhaiteraient les utiliser), les entreprises se tournent vers des installations publiques comme les centres de culture physique, les écoles et les universités, les églises, les centres communautaires, les clubs et les YMCA, les centres de loisirs municipaux ou syndicaux, etc. Certaines zones industrielles disposent pour les exercices physiques d’un bâtiment que les entreprises se partagent.

 

Par ailleurs, les programmes de mise en forme peuvent consister en activités physiques simples, pratiquées à la maison ou aux alentours. Selon certaines études, une activité quotidienne, même faible ou moyenne, peut avoir un effet protecteur sur la santé. La marche, la bicyclette ou la montée d’escalier, qui exigent que la personne exerce de façon dynamique des groupes importants de muscles pendant 30 minutes cinq fois par semaine, peuvent prévenir les maladies cardio-vasculaires ou retarder leur progression tout en ménageant un répit agréable dans la tension quotidienne. Des programmes qui encouragent les salariés à venir au travail à pied ou à bicyclette peuvent être mis en place à peu de frais, même pour de très petites entreprises.

 

Dans certains pays, les travailleurs ont droit à des congés qu’ils peuvent prendre dans un établissement thermal ou de cure proposant un programme complet de repos, de relaxation, d’exercices, de nourriture saine, de massages et d’autres formes de thérapie réparatrice. L’objectif est bien sûr de continuer à mener une vie aussi saine après le retour à la maison et la reprise du travail.

 

Les exercices destinés à des groupes particuliers

On peut offrir aux employés âgés, obèses et sédentaires depuis longtemps des programmes d’exercices en douceur, peu intenses pour éviter les accidents orthopédiques et les crises cardio-vascu-laires. Dans l’entreprise même, on peut prévoir des intervalles et des salles d’exercice séparés pour protéger l’intimité et la dignité de ces groupes.

 

Les femmes enceintes qui étaient actives physiquement peuvent continuer à travailler ou à s’exercer avec l’accord de leur médecin personnel et en suivant ses conseils, tout en gardant à l’esprit les directives médicales concernant les exercices physiques pendant la grossesse (American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), 1994). Certaines entreprises offrent des programmes spéciaux de remise en forme aux femmes qui reprennent leur travail après avoir accouché.

 

Les personnes atteintes dans leur intégrité physique ou porteuses de handicap devraient être invitées à participer au programme de mise en forme tant par souci d’équité que dans leur intérêt. Le personnel chargé du programme devra cependant être vigilant et bien connaître les situations où les risques d’accident, voire de décès, sont plus grands, par exemple dans le cas du syndrome de Marfan (maladie congénitale) ou de certaines maladies cardiaques. Pour ces personnes, une évaluation médicale préliminaire et une estimation de la condition physique sont particulièrement importantes, comme d’ailleurs une surveillance attentive pendant les exercices.

 

Quels objectifs fixer au programme d’exercices?

Les objectifs choisis pour un programme d’exercices devraient compléter et renforcer ceux de l’entreprise. La figure 15.9 reproduit une liste récapitulative d’objectifs du programme qui, classés par ordre d’importance et groupés pour une entreprise donnée, faciliteront l’élaboration du programme.

 

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Figure 15.9 Objectifs suggérés pour un programme de mise en forme et d’exercices physiques

 

 

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L’admissibilité au programme d’exercices

Comme la demande peut dépasser à la fois le budget, l’espace et le temps accordés au programme, les entreprises doivent étudier avec soin la question de l’accessibilité. Il est prudent de définir à l’avance les raisons de cette offre et le nombre de bénéficiaires. Un manque de préparation pourrait jeter la direction dans l’embarras et susciter l’hostilité des candidats éconduits.

 

Certaines entreprises qui disposent des installations nécessaires les réservent souvent aux cadres supérieurs sous prétexte de leurs salaires élevés et de leur temps précieux. Le programme devient alors un privilège au même titre que la salle à manger de la direction ou une place de stationnement bien située. D’autres entreprises sont plus équitables et offrent le programme à tout le monde, les premiers arrivés étant les premiers servis. Lorsque la demande dépasse les capacités matérielles, certaines entreprises choisissent l’ancienneté comme critère de priorité. Parfois, un règlement prévoit une utilisation mensuelle minimale afin de décourager ceux qui ne viennent que de temps en temps.

 

Le recrutement et la fidélisation des participants

La commodité et le faible coût de participation font que le programme risque d’intéresser particulièrement ceux qui font déjà de l’exercice, ce qui laisse peu de place à ceux qui auraient besoin d’en faire. Les premiers vont sans doute continuer à entretenir leur forme de toute façon, alors que les seconds seront pour la plupart découragés par la difficulté de participer au programme ou par l’attente. C’est pourquoi il est utile et important de simplifier et de faciliter les inscriptions.

 

Il faut généralement faire campagne pour attirer les participants, du moins lors du lancement du programme, notamment par des affiches, des prospectus et des annonces diffusées par les moyens de communication interne, mais aussi par des visites des installations et des possibilités d’inscription à l’essai.

 

Les abandons lancent un véritable défi aux administrateurs du programme: monotonie, douleurs musculaires et problèmes de temps sont les principales raisons invoquées. Les salles tentent donc de distraire les membres à l’aide de musique, vidéocassettes et émissions de télévision, jeux de motivation, activités spéciales, remise de prix tels que T-shirts et certificats de présence ou de réalisation d’un objectif individuel. S’ils sont bien conçus et contrôlés, les exercices permettent de réduire au minimum les accidents et les douleurs physiques et, en même temps, les séances seront plus efficaces et exigeront moins de temps. Certaines salles de sport proposent des journaux et des revues professionnelles, ainsi que des programmes spécialisés ou de formation, à la télévision et sur vidéocassette, auxquels on peut avoir accès pendant les exercices pour justifier le temps consacré à ceux-ci.

 

La sécurité et la surveillance

Les entreprises qui offrent des programmes de mise en forme doivent garantir la sécurité. Il faut interroger les futurs membres pour connaître leurs problèmes médicaux et les exercices contre-indiqués. Seuls des appareils bien conçus et bien entretenus doivent être mis à disposition, et leur utilisation doit être convenablement expliquée aux participants. Des panneaux de mise en garde seront mis en place, et le règlement de la salle devra être respecté; de plus, tout le personnel devra suivre un cours de secourisme comprenant la réanimation cardio-respiratoire. Un professionnel de l’éducation physique dûment qualifié surveillera l’exploitation de la salle.

 

Les dossiers et la confidentialité

Les dossiers individuels contiendront des données sur la santé, la forme physique et les besoins en exercices physiques, les objectifs visés et les progrès réalisés, ainsi que toutes autres notes pertinentes. Dans de nombreux programmes, les participants sont autorisés à relever le compte rendu de chaque séance. Les dossiers seront placés en lieu sûr, et leur consultation réservée aux seuls participants et personnel du programme. A l’exception du personnel du service médical, qui est tenu de respecter les mêmes règles de confidentialité et, en cas d’urgence, du médecin personnel du participant, les détails relatifs à la participation et aux progrès de l’intéressé ne seront communiqués à personne sans son autorisation expresse.

 

On pourra demander au personnel d’adresser à la direction des rapports périodiques dans lesquels figureront des données globales sur la participation au programme et les résultats.

 

La question du temps et des frais

La plupart des programmes d’exercices physiques destinés aux travailleurs sont volontaires et, donc, considérés comme une prestation supplémentaire ou un avantage. En conséquence, l’entreprise propose normalement le programme au personnel en dehors des heures de travail (pendant la pause du déjeuner ou après le travail) et s’attend à ce qu’il prenne à sa charge tout ou partie des coûts. Cela vaut généralement aussi pour les programmes organisés à l’extérieur. Dans certaines entreprises, la cotisation des employés est indexée sur leur salaire, et des «bourses» sont parfois offertes à ceux qui sont peu rémunérés ou qui ont des problèmes financiers.

 

De nombreux employeurs autorisent la participation pendant les heures de travail, normalement pour les cadres supérieurs, et prennent à leur charge la plus grande partie, sinon la totalité, des coûts. Quelques-uns remboursent les cotisations aux salariés qui ont atteint certains objectifs en matière d’assiduité ou de condition physique.

 

Lorsque la participation au programme est obligatoire, comme dans la formation à la sécurité au travail ou à de nouvelles tâches, les règlements officiels ou les conventions collectives prévoient que les séances d’entraînement ont lieu pendant les heures de travail et que l’employeur assume la totalité des coûts.

 

La douleur physique

On croit souvent que les exercices doivent être douloureux pour être salutaires, selon la formule «on n’a rien sans mal». Il revient au personnel chargé du programme de montrer que cela est faux et de changer l’idée que les gens se font de l’exercice physique grâce à des campagnes de sensibilisation, à des séances d’éducation et à la progressivité des exercices (ils ne doivent pas être douloureux, mais rester agréables).

 

Si les participants se plaignent de douleurs, il faut les encourager à persévérer en faisant des exercices moins intenses ou simplement en se reposant jusqu’à ce que les douleurs aient disparu. Il faut leur indiquer la conduite à tenir en cas d’accident sportif: se reposer, mettre de la glace sur la blessure, des compresses, et élever la partie du corps blessée.

 

Les programmes sportifs

De nombreuses entreprises encouragent leur personnel à participer aux rencontres sportives qu’elles organisent. Il peut s’agir de matchs de soft-ball (sorte de base-ball) et de football américain au cours du pique-nique annuel de l’entreprise, de championnats internes divers ou de compétitions interentreprises telles que le Chemical Bank’s Corporate Challenge; cette course de fond pour les équipes d’employés des entreprises participantes a vu le jour à New York et s’étend désormais à d’autres régions, avec le parrainage de très nombreuses autres sociétés.

 

Un élément important des programmes sportifs est la gestion des risques. Si le sport de compétition comporte des avantages qui peuvent être considérables, y compris pour le moral et l’esprit d’équipe, il présente aussi des risques. Lorsque des travailleurs participent à une compétition, ils y vont parfois avec la tension psychologique associée à leur travail, ce qui peut poser des problèmes, notamment s’ils ne sont pas en forme. Par exemple, le cadre d’âge mûr qui n’est pas en bonne condition physique essaiera d’impressionner ses jeunes subordonnés. Il peut alors se blesser en dépassant ses capacités. Il peut aussi s’agir du travailleur qui, s’estimant en concurrence avec un autre pour sa place dans l’entreprise, peut transformer ce qui est censé être un simple jeu amical en une confrontation violente.

 

Les entreprises qui souhaitent favoriser la participation à des sports de compétition devraient se pénétrer des conseils ci-dessous:

 

  Veiller à ce que les participants comprennent bien l’objet de la rencontre et leur rappeler qu’ils sont des salariés d’une entreprise et non de sportifs professionnels.

  Etablir des règles et des directives strictes pour garantir la sécurité et le franc-jeu.

  Même si des formulaires dûment signés de décharge ne dégagent pas toujours l’entreprise de toute responsabilité en cas d’accident, ils font comprendre aux participants l’importance des risques sportifs.

  Prévoir des séances de mise en forme et d’entraînement avant le début des compétitions pour que les participants soient en bonne condition physique.

  Exiger ou, du moins, recommander un examen médical complet du salarié par son médecin personnel s’il ne peut être pratiqué par le service médical de l’entreprise (remarque: l’entreprise peut avoir à assumer le coût de l’examen).

  Procéder à une inspection de sécurité du terrain de sport et de tout l’équipement sportif. Fournir ou exiger le matériel de protection voulu: casques, vêtements, genouillères et autres protections, lunettes.

  Veiller à ce que les arbitres et les agents de sécurité nécessaires soient présents lors de la rencontre.

  Avoir sur place une trousse de premiers secours et établir un plan pour les soins d’urgence et une évacuation éventuelle;

  S’assurer que l’assurance responsabilité et incapacité de l’entreprise couvre ces rencontres et qu’elle est suffisante et valable (remarque: elle devrait couvrir les salariés et les spectateurs aussi bien que les membres de l’équipe).

 

Dans certaines entreprises, la compétition sportive est à l’origine de nombreux cas d’incapacité parmi le personnel. Les recommandations ci-dessus montrent que l’on peut «gérer» les risques, mais il faut tenir compte de la contribution effective que l’on peut raisonnablement attendre des activités sportives, s’agis-sant du programme d’éducation physique et de mise en forme.

 

Conclusion

Les programmes d’exercices physiques dans l’entreprise, s’ils sont bien conçus et exécutés de façon professionnelle, peuvent être bénéfiques pour le personnel parce qu’ils protègent sa santé, assurent son bien-être, améliorent son moral et son rendement. Ils profitent aux entreprises, car ils améliorent qualitativement et quantitativement la productivité, préviennent les accidents liés au travail, accélèrent la récupération des salariés après une maladie ou un accident et réduisent l’absentéisme. La conception et la mise en œuvre de chaque programme devraient tenir compte des caractéristiques de l’entreprise et de son effectif, de la collectivité et des ressources disponibles. Le programme devra être géré ou du moins surveillé par un spécialiste qualifié de la mise en forme qui vérifiera en permanence son apport aux participants et à l’entreprise et qui sera prêt à le modifier au fur et à mesure que de nouveaux besoins et défis se présenteront.