Étude & Résultate

12ème Baromètre de la perception des discriminations dans l’emploi

Près d’une personne syndiquée sur deux se déclare discriminée ( Édition consacrée aux discriminations syndicales )

Actualité | 20 septembre 2019
Ce jeudi 19 septembre l'Organisation internationale du travail et le Défenseur des droits présentaient conjointement leur Baromètre sur la perception des discriminations dans l'emploi consacrée pour cette 12ème édition aux discriminations en raison de l'activité syndicale.

L'enquête sur ce thème a été possible grâce au concours de l'ensemble des organisations syndicales françaises qui ont permis de recueillir les réponses de plus de 33 000 personnes syndiquées.

Les résultats révèlent que les discriminations syndicales sont loin d'être un phénomène marginal a déclaré le Défenseur des droits notant que l'engagement syndical portait un risque discriminatoire fort.

Cyril Cosme Directeur du Bureau de l'OIT pour la France, après avoir rappelé que la liberté syndicale et de négociation collective faisaient parties des droits fondamentaux au travail reconnus et défendus par l'OIT depuis sa création a souligné que cet engagement avait été réaffirmé par la déclaration du centenaire de l'Organisation.  En effet le respect du droit syndical détermine l'effectivité de tous les autres droits au travail.

Marielle Chappuis, Responsable des études du Défenseur des droits a présenté les résultats du Baromètre qui montrent que la discrimination touche 46% des personnes syndiquées, la peur des représailles dissuadant 35% de la population active de se syndiquer. Parmi les discriminations en raison de l'activité syndicale on note l'absence d'évolution de carrière, la dégradation du climat de travail et des conditions de travail, la non-augmentation salariale. Les recours se heurtent souvent aux risques de représailles et à la difficulté d'apporter la preuve de la discrimination.

Ces constats n'ont pas surpris Maria-Teresa Pignoni, sociologue à la Direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques du Ministère du travail qui relève dans ses propres études des risques de discriminations multipliés par deux pour les délégués syndicaux.

François Clerc, syndicaliste de la CGT a présenté la méthode de preuve élaboré pour reconstituer la carrière des syndicalistes en vue d'une action en justice.

Marjorie Alexandre, Secrétaire Confédérale FO a souhaité un suivi de l'enquête et une revalorisation du rôle et des moyens des inspecteurs du travail pour lutter contre ces discriminations. L'image dégradée des syndicats dans l'opinion relayée par les médias favorise également selon elle la discrimination qui est un phénomène également européen et mondial.  Les nouveaux types d'emplois ne favorisent pas non plus l'engagement syndical.

Alexis Meyer, directeur des affaires sociales de la Fédération française de l'Assurance a déclaré vouloir réagir pour recréer du lien social en intégrant mieux les délégués syndicaux à la fin de leur mandat, en valorisant les parcours syndicaux et en améliorant la "culture syndicale" des managers.

Pour Olivier Veber, directeur général des services du Département de la Seine-Saint-Denis il faut lutter contre toutes les occasions de discrimination, évaluer et revaloriser les carrières des délégués syndicaux, prendre des mesures concrètes.

Slimane Laoufi, chef du pôle Emploi du Défenseur des droits a déploré à son tour la diminution du nombre des inspecteurs du travail et la lenteur des procédures contre les discriminations.

Karen Curtis cheffe du service la liberté syndicale au BIT a conclu la rencontre en rappelant le rôle unique et universel du Comité de la liberté syndicale qui permet de lutter concrètement pour le respect d'un droit fondamental au travail, élément essentiel d'un développement durable.