Comparaison internationale des heures supplémentaires non rémunérées entre différents pays industriels

Au Japon, le temps de travail comprend un nombre considérable d’heures supplémentaires non
rémunérées. Pourtant, ce fait n’a guère retenu l’attention de la communauté internationale. Par ailleurs,
les heures supplémentaires non rémunérées posent un problème social à de nombreux pays industriels.
Le présent document vise à estimer la durée des heures supplémentaires non rémunérées au Japon et aux
Etats-Unis, pays pour lesquels on ne dispose pas de données directes, et à comparer les chiffres obtenus
avec ceux du Royaume-Uni, de l’Allemagne et du Canada, pays pour lesquels on dispose de telles
données. Les principales conclusions de cette comparaison internationale sont les suivantes: i) en 1993,
c’est au Japon que les heures supplémentaires étaient les plus nombreuses (5,6 heures par semaine pour
les hommes et 2,3 heures pour les femmes) et en Allemagne qu’elles l’étaient le moins (0,6 heure et 0,2
heure); ii) la conclusion d’études récentes du BIT selon laquelle les Américains travaillent aujourd’hui plus
que les Japonais est inexacte parce que les données japonaises se fondent sur une enquête auprès des
établissements qui ne permet pas de mesurer les heures de travail non rémunérées. Il ressort de la
comparaison que: i) la réglementation relative au temps de travail est de nature à exercer une influence
sur le nombre des heures supplémentaires non rémunérées; ii) l’existence d’heures supplémentaires non
rémunérées devrait entraîner une révision à la baisse des indicateurs classiques sur le salaire horaire et
sur la productivité du travail horaire.