L'OIT à Bruxelles marque la Journée internationale de l'ONU pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

Mettre fin à toutes les formes de violence et de harcèlement dans le monde du travail, en particulier à l'égard des femmes

News | 07 December 2021
Le 25 novembre 2021, l'OIT Bruxelles a marqué la Journée internationale des Nations unies pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes et a participé à divers événements pour sensibiliser à la violence et au harcèlement dans le monde du travail et plaider pour la ratification la plus large possible de la toute nouvelle norme internationale du travail de l'OIT et de la convention historique sur la violence et le harcèlement (n° 190).

Le thème officiel de la Journée internationale et des 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre de cette année était «Orangez le monde : mettre fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes! »

Dans le cadre du mandat de l'OIT à Bruxelles, le Bureau, soutenu par ses collègues du siège, s'est engagé dans des activités de plaidoyer et de partage des connaissances avec ses mandants, notamment en présentant des exposés au Parlement européen, au Comité économique et social européen (CESE), au Comité des femmes de la Confédération européenne des syndicats (CES) et aux femmes parlementaires du Réseau APF, l'assemblée parlementaire des nations francophones, et en participant à des événements organisés par la Commission européenne et d'autres agences des Nations Unies basées à Bruxelles.

Dans le monde du travail, la violence et le harcèlement constituent l'une des plus grandes menaces contre le travail décent et peuvent déchirer le tissu social de nos sociétés. Souvent caché, il peut entraîner des coûts humains, sociaux et économiques importants et ne tient pas compte de la profession, de la position ou du secteur. S'exprimant lors de certains de ces événements, la directrice de l'OIT à Bruxelles, Lieve Verboven, a souligné que la violence et le harcèlement à l'égard des femmes constituent l'une des formes de discrimination les plus répandues dans le monde, y compris au sein de l'Union européenne (UE), et qu'ils peuvent porter atteinte à la dignité, à l'autonomie et à l'indépendance des femmes. En outre, la crise du COVID-19 a exacerbé les vulnérabilités et les inégalités existantes, avec de nombreuses formes de violence et de harcèlement liés au travail en hausse dans tous les pays depuis le début de l'épidémie.

En 2019, l'OIT a établi pour la première fois un traité international visant à mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail, et a défini un cadre commun pour les prévenir, les traiter et les éliminer. La convention (n° 190) de l'OIT sur la violence et le harcèlement, et la recommandation (n° 206) qui l'accompagne, adoptées par une large majorité des mandants tripartites de l'OIT - gouvernements, employeurs et représentants des travailleurs - reconnaissent le droit de chacun à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement sous toutes ses formes, y compris la violence sexiste. La convention envoie un message clair : chacun a le droit d'être traité avec dignité et respect.

La violence et le harcèlement sont définis comme "un ensemble de comportements et de pratiques inacceptables" qui "visent, entraînent ou risquent d'entraîner un préjudice physique, psychologique, sexuel ou économique" (convention n° 190 de l'OIT (art. 1)).

La convention n° 190 de l'OIT couvre l'ensemble du monde du travail, y compris le travail à distance et les trajets domicile-travail, ainsi que la violence de tiers impliquant des clients. La convention concerne toute personne qui travaille, y compris les stagiaires ou les apprentis, les personnes qui exercent les fonctions ou l'autorité d'un employeur, les secteurs public et privé, les économies formelle et informelle, ainsi que les zones urbaines et rurales.

Les gouvernements qui ratifient la convention seront tenus de mettre en place les lois et les mesures politiques nécessaires pour prévenir et combattre la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Ils devront également adopter, en consultation avec les partenaires sociaux, une approche inclusive, intégrée et sensible au genre pour prévenir et éliminer la violence et le harcèlement, par le biais de mesures de prévention, de protection et d'exécution et de recours, ainsi que de conseils, de formation et de sensibilisation.

L'OIT s'est lancée dans une campagne mondiale pour obtenir un soutien en faveur de la ratification de la convention n° 190. A ce jour, elle a été ratifiée par neuf pays, dont la Grèce et l'Italie. La ratification accélérera l'action sur le terrain, notamment l'adoption et l'application de lois nationales, de systèmes de prévention et de méthodes de réparation efficaces.

La convention n° 190 de l'OIT joue un rôle crucial dans l'élaboration d'une réponse et d'une sortie de crise centrées sur l'humain, qui s'attaque à l'injustice et soutient la construction d'un monde du travail plus résilient et socialement juste, exempt de violence et de harcèlement. Elle contribue également à faire progresser l'Agenda 2030 pour le développement durable, en particulier les objectifs 5 (égalité des sexes) et 8 (travail décent et croissance économique).