Bangladesh: Un programme de l'OIT vise à rendre l’industrie textile plus sûre

L'OIT lance un grand programme élaboré avec le gouvernement, les travailleurs et les employeurs du Bangladesh, en réponse à une série d’accidents qui ont frappé l’industrie du textile et de l’habillement de ce pays.

DHAKA – Le gouvernement du Bangladesh et l’Organisation internationale du Travail (OIT) ont lancé une initiative de 24,2 millions de dollars – y compris un nouveau programme Better Work (Travailler mieux) – destinée à améliorer les conditions de travail dans l’industrie textile au Bangladesh.

Cette initiative d’une durée de trois ans et demi, «Améliorer les conditions de travail dans le secteur du textile et de l’habillement», a pour priorité de minimiser le risque d’incendie et d’effondrement d’immeubles dans les usines textiles et de garantir la sécurité et les droits des travailleurs.

Elle a été élaborée en collaboration avec le gouvernement et les représentants des employeurs et des travailleurs, en réponse à plusieurs accidents industriels survenus dans le secteur, notamment l’effondrement du bâtiment du Rana Plaza en avril qui avait entraîné la mort de plus de 1 100 travailleurs.

«L’industrie du prêt-à-porter est vitale pour la croissance économique du Bangladesh mais elle doit être sûre et stable», a rappelé le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder. «Ce programme soutient le Plan national d’action tripartite sur la sécurité incendie et l’intégrité des bâtiments et aboutira à des progrès durables des conditions de travail pour les dizaines de milliers de travailleurs des usines textiles au Bangladesh.»
Le ministre bangladais du Travail, Rajiuddin Ahmed Raju, a souligné: «Le gouvernement du Bangladesh a entrepris des travaux substantiels en matière de santé et sécurité au travail pour les travailleurs du secteur du textile et de l’habillement. Je voudrais exprimer ma gratitude aux partenaires au développement qui ont apporté leur soutien à cette initiative.»

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont apporté conjointement une contribution de 15 millions de dollars au programme. L’OIT est en train de mobiliser d’autres ressources.

Sécurité et réinsertion

Le programme sur l’industrie textile va apporter un appui technique aux évaluations de la sécurité incendie et bâtiments; renforcer et soutenir les inspections du travail, des incendies et des bâtiments; sensibiliser aux questions de santé et sécurité au travail et bâtir des capacités et des systèmes dans ce domaine; et offrir une formation professionnelle et une réinsertion aux victimes du Rana Plaza et à celles de Tazreen Fashions, dont l’incendie avait coûté la vie à 112 personnes en novembre 2012.

«Le Rana Plaza et Tazreen sont devenus des symboles de ce qui ne va pas dans le secteur textile. Maintenant, le Bangladesh, avec le soutien de la communauté internationale, a une chance de bien faire les choses», a déclaré Gerben Sjoerd de Jong, ambassadeur des Pays-Bas au Bangladesh.

«Les Pays-Bas soutiennent le programme de l’OIT parce qu’il contient tous les éléments indispensables pour faire du textile un secteur sûr et durable. Pour nous, c’est un parfait exemple d’utilisation de l’aide pour promouvoir un commerce responsable», a-t-il ajouté.

Sarah Cooke, Directrice du Bureau du Département du Royaume-Uni pour le développement international (DFID) au Bangladesh, a déclaré: «La pérennité de l’industrie du prêt-à-porter a un rôle central à jouer dans la poursuite du développement économique et social du Bangladesh. Ce programme est une partie essentielle de l’approche britannique destinée à garantir des conditions de travail sûres et une meilleure productivité dans le secteur.»

Ce programme vient compléter d’autres initiatives visant à améliorer la sécurité des usines textiles telles que le Pacte de durabilité adopté par l’Union européenne, le gouvernement du Bangladesh et les Etats-Unis, avec le soutien de l’OIT; l’Accord sur la sécurité incendie et bâtiments au Bangladesh qui rassemble les syndicats, les marques et les distributeurs à l’échelle mondiale; et l’Alliance pour la sécurité des travailleurs du Bangladesh qui réunit les marques et les distributeurs de prêt-à-porter nord-américains.

Ce programme s’appuie sur les interventions en cours de l’OIT et vient compléter les actions en matière de Sécurité incendie, de Principes et droits fondamentaux au travail et d’Initiatives sur les relations industrielles financées par le département du Travail des Etats-Unis et par le Royaume de Norvège.

Programme "Better Work"

Dans le cadre du nouveau programme, l’OIT et la Société financière internationale (IFC) ont également annoncé le lancement du programme Better Work Bangladesh.  Il viendra s’ajouter au programme sur l’industrie textile en instaurant des activités au niveau des entreprises pour améliorer la conformité à la législation nationale du travail et le respect des normes internationales du travail, tout en favorisant la compétitivité des usines qui y participent.

Better Work Bangladesh est un partenariat entre le gouvernement, les employeurs, les travailleurs, les acheteurs internationaux et les autres parties concernées destiné à promouvoir un changement durable dans le secteur du textile et de l’habillement en aidant les usines à se conformer à la législation du travail et à renforcer les capacités de l’administration du travail et les relations industrielles.

Dans l’esprit de ce partenariat, le gouvernement du Bangladesh et Better Work sont d’accord pour lier la poursuite du programme aux progrès réalisés sur certains engagements, comme le prévoit le «Pacte pour l’amélioration continue des droits au travail et de la sécurité des usines».

Ces progrès seront examinés chaque année par Better Work, en coopération avec le gouvernement.

Les principaux partenaires du programme sur l’industrie textile sont le ministère du Travail et de l’Emploi, le ministère du Logement et des Travaux publics, le ministère de l’Intérieur, la Commission nationale tripartite sur la sécurité incendie et bâtiments, l’Autorité du développement de Dhaka (RAJUK), l’Université d’ingénierie et de technologie du Bangladesh (BUET), le Département du service incendie et de la défense civile, l’Association des fabricants et exportateurs de prêt-à-porter du Bangladesh (BGMEA), l’Association des fabricants et exportateurs de tricot du Bangladesh (BKMEA), la Fédération des employeurs du Bangladesh (BEF), la Commission nationale de coordination pour l’éducation des travailleurs (NCCWE), le Conseil IndustriALL du Bangladesh (IBC).

Better Work Bangladesh sera financé par les gouvernements de Suisse et des Etats-Unis et, à travers le programme sur l’industrie textile, par les gouvernements des Pays-Bas et du Royaume-Uni. A l’échelle mondiale, le programme Better Work est financé par les gouvernements d’Australie, des Pays-Bas et de Suisse.