Prévisions de la CEPALC et de l’OIT

Le taux de chômage en Amérique latine et dans les Caraïbes pourrait baisser à 6,2% en 2013

Les agences affirment qu’il s’agirait d’un léger recul par rapport à 2012, dû à un ralentissement du taux d’activité.

Actualité | 30 octobre 2013
La région de l’Amérique latine et des Caraïbes pourrait terminer l’année avec un taux de chômage urbain compris entre 6,2 et 6,3 pour cent, ce qui serait légèrement inférieur aux 6,4 pour cent enregistrés en 2012, selon les dernières prévisions en date de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) et de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Selon le document La situation de l’emploi en Amérique latine et dans les Caraïbes n° 9, «la première moitié de l’année 2013 ne fut pas un long fleuve tranquille pour l’Amérique latine et les Caraïbes», du fait d’une économie mondiale léthargique, d’une volatilité accrue des marchés financiers et d’une demande interne affaiblie. Au cours des six premiers mois de l’année, l’économie régionale n’a crû que de 2,5 pour cent par rapport à la même période de 2012.

Le ralentissement de la croissance économique dans la région au premier semestre 2013 s’est traduit par une demande de main-d’œuvre réduite. Plus particulièrement, cela s’est concrétisé par la création d’un nombre réduit d’emplois salariés. Tandis que ceux-ci augmentaient de 3,1 pour cent au niveau régional en 2012, pour le premier semestre 2013, la croissance estimée n’est que de 1,6 pour cent (selon les données disponibles pour 10 pays). Cela dit, la proportion de l’emploi salarié dans l’ensemble de l’emploi a effectivement augmenté dans la plupart des pays.

Cette création d’emplois moins dynamique ne s’est pas traduite par une hausse de l’emploi parce que les six premiers mois de 2013 ont enregistré une inversion de la hausse relativement forte du taux d’activité par rapport à 2012. Dans les dix pays pour lesquels nous disposons d’informations, ce taux a cessé d’augmenter au premier semestre 2013.

L’un des aspects que souligne le rapport, c’est la tendance baissière constante du taux de chômage qui s’est amorcée en 2004 – bien que de dimension tout à fait modeste.

Pour les dix pays pour lesquels des informations sont disponibles, le taux moyen de chômage urbain est passé de 6,7 pour cent au premier semestre 2012 à 6,6 pour cent pour la même période en 2013 (malgré une hausse en Argentine, Jamaïque, Mexique et Uruguay). A l’exception de la Jamaïque, les hausses ont été modérées (de moins d’un demi-point de pourcentage).

En outre, les écarts entre hommes et femmes en termes de taux d’activité, d’emploi et de chômage ont continué de se résorber – bien qu’il existe des variations selon les pays.

En termes de salaires réels, la plupart des pays ont enregistré une hausse constante pendant la première moitié de l’année, même si les taux étaient plus faibles que la moyenne de 2012.

La deuxième section du document produit par la CEPALC et l’OIT analyse les transformations des systèmes nationaux de formation professionnelle en Amérique latine et dans les Caraïbes qui sont confrontés à de nouveaux défis à mesure que l’évolution économique, productive et technologique de la région donne naissance à une demande beaucoup plus diversifiée.

Dans ce contexte, une série d’innovations a été introduite en termes de contenu, méthodes, technologies, institutions et coordination de la formation professionnelle.

Dans l’avant-propos de la publication, Alicia Bárcena, Secrétaire générale de la CEPALC, et Elizabeth Tinoco, Directrice du Bureau régional de l’OIT pour l’Amérique latine et les Caraïbes, affirment que «les systèmes nationaux de formation professionnelle doivent jouer un rôle pour réduire les inégalités emblématiques des marchés du travail dans la région. C’est l’un des défis qu’ils doivent relever».
A cette fin, ces systèmes doivent être associés à d’autres instruments de politique du marché du travail et doivent élaborer des solutions efficaces pour intégrer au marché du travail les catégories qui sont actuellement confrontées à des obstacles spécifiques.

Selon les deux institutions, il est fondamental de se doter d’une main-d’œuvre dont les qualifications, les compétences et les connaissances répondent aux demandes des entreprises formelles et du secteur informel et qui satisfait les besoins et préférences de la population, en vue de réduire les écarts de productivité intérieurs et extérieurs en Amérique latine et dans les Caraïbes, et de progresser vers le développement durable de la région.