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Le travail temporaire, un piège?

OIT Info s’intéresse aux jeunes "bloqués" dans des emplois temporaires offrant peu de perspectives d’accéder un jour à un emploi à temps plein. Ekkehard Ernst, économiste à l'OIT, chef de l’Unité des tendances de l’emploi, souligne que les gouvernements peuvent contribuer à améliorer la situation.

Analysis | 14 August 2012
GENÈVE (OIT Info) – Le travail temporaire peut constituer un excellent moyen pour les jeunes d’acquérir une expérience professionnelle tout en continuant à étudier ou à voyager. Mais comme la crise de l’emploi des jeunes ne montre aucun signe de résorption, les emplois temporaires sont devenus dans bien des cas une solution de dernier recours.

L’utilisation de contrats temporaires pour les jeunes travailleurs a pratiquement doublé depuis la survenue de la crise économique et les jeunes des économies développées ont beaucoup plus de risque que les adultes d’être employés en intérim.

"Le recours au travail temporaire s’est notamment accru dans les pays durement touchés par la crise de l’Euro", indique Ekkehard Ernst, responsable de l'unité des tendances de l'emploi à l'OIT

"Dans l’Union européenne, nous constatons une forte prévalence des travailleurs temporaires – ou des contrats à durée déterminée –parmi les jeunes, davantage que chez les adultes."

"Jusqu’à 70% des moins de 24 ans sont confrontés à des contrats temporaires contre 20 % des adultes", indique Ekkehard Ernst, Chef de l'unité des tendances de l'emploi à l'OIT.


La crise de l’emploi des jeunes est d’une telle acuité que la concurrence est rude, même pour obtenir un emploi d’intérimaire; une situation qui devrait se prolonger quelque temps

"Dans la situation actuelle, de nombreux jeunes gens vont certainement considérer le travail temporaire comme la seule voie pour entrer sur le marché du travail et vont sans doute continuer de se disputer ces emplois. Tant que la reprise ne se confirme pas durablement, la conjoncture ne changera pas."

"En fait, les conditions économiques mondiales devraient à nouveau se détériorer et, dans l’Union européenne par exemple, nous nous attendons à une nouvelle phase de récession d’ici à la fin de l’année."


En période de crise, les employeurs tendent à recourir à la main-d’œuvre temporaire

"En période de crise, il est intéressant pour les entreprises d’embaucher des travailleurs temporaires compte tenu des incertitudes qui pèsent sur leurs revenus et leurs carnets de commande. Le choix d'embaucher un(e) intérimaires plutôt que du personnel permanent est motivé par la possibilité de réduction d'effectifs rapide en cas de diminution de la demande."

"De plus, les travailleurs temporaires ont généralement moins accès à certains avantages sociaux tels qu'une couverture santé complémentaire ou la formation, ce qui les rend moins coûteux pour les entreprises."


Les jeunes, entre autres obstacles, ont souvent du mal à décrocher des contrats à durée indéterminée parce qu’ils manquent d’expérience professionnelle

"Les jeunes gens ont un problème: ils sont moins qualifiés et moins intégrés au marché du travail, ce qui signifie que les entreprises sont réticentes à les embaucher pour des contrats à durée indéterminée."

"Les jeunes courent vraiment le risque d’être indéfiniment employés à titre temporaire avec des perspectives de carrière et de rémunération réduites."


Les gouvernements doivent venir au secours des jeunes pour améliorer leurs perspectives d’emploi

"Il est primordial que les gouvernements favorisent la transition des contrats temporaires vers des contrats à durée indéterminée. Les gouvernements peuvent aussi aider ou encourager les entreprises à embaucher des jeunes à titre permanent."

"Des incitations fiscales pourraient être mises en place pour permettre aux jeunes d’être embauchés de façon durable et pour réduire les disparités de coût entre emploi temporaire et emploi régulier", conclut Ekkehard Ernst.


Pour de plus amples informations, merci de contacter le porte-parole du BIT, Hans von Rohland au +4122/799-7916 ou rohland@ilo.org