La reprise du marché du travail suisse est stimulée par un partenariat social efficace, selon un rapport OIT-Banque mondiale

Un nouveau rapport OIT-Banque mondiale et une base de données électronique présentés à la 101e Conférence internationale du Travail montrent que le marché du travail suisse – bien qu’ayant été frappé par la crise – s’est redressé plus vite que dans d’autres pays, en partie grâce à un dialogue social intensif entre gouvernement, employeurs et travailleurs.

Actualité | 7 juin 2012
Cette tendance est l’une des nombreuses conclusions répertoriées dans un rapport conjoint OIT-Banque mondiale intitulé «Inventory of Policy Responses to the Financial and Economic Crisis». L’étude va de pair avec une nouvelle base de données électronique qui constitue le premier inventaire complet des réponses politiques apportées par les pays à la récente crise mondiale dans le domaine de l’emploi.

«En Suisse, la croissance du PIB était devenue négative en 2009 (-1,9 pour cent) et le taux de chômage a atteint un sommet, à 4,5 pour cent de la main-d’œuvre en janvier 2012. Cependant, les taux de chômage avaient recouvré leur niveau d’avant la crise en 2011. Le rapport aide à comprendre pourquoi la Suisse a mieux réussi que la plupart de ses voisins», explique Catherine Saget, économiste au BIT.

L’étude met particulièrement en exergue la tradition du dialogue social qui existe en Suisse et qui a permis aux partenaires sociaux de s’asseoir autour d’une table pour décider ensemble des réformes nécessaires. Les partenaires sociaux sont représentés au sein de commissions tripartites dans les différentes institutions du marché du travail, au niveau fédéral et cantonal. Ils sont impliqués dans un processus de consultation pré-parlementaire sur les principaux enjeux. En parallèle, ont lieu de nombreuses discussions informelles.

Pendant la crise, ces dispositifs institutionnels, formels ou non, se sont avérés très utiles. Des accords collectifs sur le partage du travail ont été négociés dans chaque secteur. Cela a conduit à une réduction de la durée du travail pour les employés en échange de la préservation de leur emploi, ce qui a de fait limité les suppressions d’emplois.

L’une des autres raisons de cette reprise rapide tient aux politiques d’emploi mises en place. Trois plans de relance ont été appliqués en 2009 et 2010, ce qui représente une relance budgétaire d’environ 0,6 pour cent du PIB. Ces plans donnaient la priorité au développement d’infrastructures et aux mesures d’économies d’énergie. Mais ils comprenaient aussi des fonds additionnels pour des subventions salariales et des mesures de formation. L’enveloppe budgétaire était flexible avec une partie des fonds qui ne devait être débloquée que si le taux de chômage dépassait les 5 pour cent, ce qui ne s’est pas produit.

Les dispositifs de chômage partiel ont aussi beaucoup contribué à limiter les pertes d’emploi. Sans cet instrument fourni par le système d’assurance chômage, le taux de chômage aurait été de 0,6 pour cent plus élevé, selon la base de données OIT-Banque Mondiale.

La réforme de l’assurance chômage qui a pris effet en 2011 avait pour objectif de doter l’assurance chômage d’une base financière viable à long terme et à prévenir l’accumulation des déficits au fil des ans. Les économies avaient été évaluées à 622 millions de francs suisses. La hausse des cotisations de sécurité sociale a généré des recettes supplémentaires d’environ 486 millions de francs suisses. La réforme a entraîné un durcissement des critères d’éligibilité et réduit les prestations.