Les lauréates du Prix pour la recherche sur le travail décent s’adressent à l’OIT

Les lauréates du Prix pour la recherche sur le travail décent, les Prs Jayati Ghosh et Eve C. Landau ont appelé à des réformes économiques basées sur le travail décent pour répondre aux problèmes de l’emploi à l’échelle mondiale lors d’une cérémonie organisée en marge de la 312e session du Conseil d’administration du Bureau international du Travail (BIT) vendredi.

Actualité | 11 novembre 2011

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Les lauréates du Prix pour la recherche sur le travail décent, les Prs Jayati Ghosh et Eve C. Landau ont appelé à des réformes économiques basées sur le travail décent pour répondre aux problèmes de l’emploi à l’échelle mondiale lors d’une cérémonie organisée en marge de la 312e session du Conseil d’administration du Bureau International du Travail (BIT) vendredi.

Le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a présenté leurs récompenses aux deux lauréates: «Aujourd'hui, l'OIT rend hommage à deux éminentes chercheuses dont les prouesses intellectuelles ont servi l’agenda pour la justice sociale à travers le monde du travail. Leur travail contribue à maintenir vivante la conviction qu’un monde plus juste est possible. Leur travail vise des options et non l’inéluctable.»

Le Pr Ghosh de l’Université Jawaharlal Nehru (Inde) est aussi la Secrétaire générale de l’IDEAS (une association regroupant des économistes du développement international). Elle a été récompensée par le jury pour sa remarquable contribution à l’analyse du travail décent dans le contexte de la mondialisation, ainsi qu’à celle des relations entre emploi, genre et développement.

«Toute formulation d’une stratégie économique pour notre époque doit reposer sur quelques réalités bien tangibles: les périodes de ‘croissance rapide’ ont été fondées sur des bulles éphémères et cette croissance n’a guère contribué à la création de travail décent, elle a même considérablement creusé les inégalités», a affirmé le Pr Ghosh.

«Dans la population monte un sentiment de rejet face à ces résultats comme en témoignent les vagues de protestation qui ont eu lieu dans divers pays. Cela suppose d’adopter une approche radicalement différente pour élaborer des politiques macroéconomiques qui correspondent mieux aux aspirations et aux attentes que font entendre la majorité des citoyens», a-t-elle ajouté.

Directrice de recherche à l’Université internationale de droit comparé du Luxembourg, le Pr Landau a été distinguée pour sa contribution aux progrès de la connaissance sur les normes de l’OIT, le droit du travail et la justice sociale.

«Il y a quelques jours, nous avons salué la naissance du sept milliardième habitant de notre planète. D’un point de vue purement économique et social, cet individu particulier va tôt ou tard devenir un travailleur ou un employeur, et je me demande si il, ou elle, disposera ou pratiquera le travail décent», s’est interrogée le Pr Landau. «Espérons qu’il sera plus aisé pour ce sept milliardième habitant d’obtenir un travail décent et productif, dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité, selon les termes du Directeur général du BIT, M. Somavia».

Le Pr Landau a également formé le vœu de voir entrer le terme «decent work» dans l’Oxford companion of law (encyclopédie du droit d’Oxford) et celui de «travail décent» dans le dictionnaire français Larousse.

Le Prix de la recherche sur le travail décent est décerné depuis 2007 pour les contributions majeures à l’analyse du travail décent, du droit du travail et de la justice sociale, selon Raymond Torres, Directeur de l’Institut international d’Etudes sociales, qui administre le Prix.