Communiqué de presse

A la veille du sommet du G20 à Toronto, l’OIT appelle à une forte mobilisation en faveur de l’emploi pour obtenir une reprise économique équilibrée

La Conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a conclu sa session 2010 aujourd’hui par un vibrant appel à mettre l’emploi et la protection sociale au centre des stratégies de relance. «Nous devons parvenir au bon équilibre politique qui nous garantira une croissance forte, durable et équilibrée», ont déclaré les délégués à la Conférence.

Communiqué de presse | 18 juin 2010

GENEVE (Nouvelles du BIT) – La Conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a conclu sa session 2010 aujourd’hui par un vibrant appel à mettre l’emploi et la protection sociale au centre des stratégies de relance. «Nous devons parvenir au bon équilibre politique qui nous garantira une croissance forte, durable et équilibrée», ont déclaré les délégués à la Conférence.

Réunis juste avant le sommet des dirigeants du G20 à Toronto, les représentants de «l’économie réelle» – délégués gouvernementaux, travailleurs et employeurs représentant les 183 Etats Membres de l’OIT – ont exprimé leur profonde préoccupation quant à la reprise économique mondiale toujours «fragile et inégalement répartie, et aux nombreux marchés du travail qui attendent encore de voir la reprise de l’emploi se hisser à la hauteur de la reprise économique».

«Il est urgent d’adopter des stratégies qui placent l’emploi au centre des politiques économiques», a déclaré M. Shigeru Nakajima, représentant travailleur du Japon.

«Ici au BIT, nous avons conforté ce concept: la seule véritable reprise est une reprise sans déficit social», a déclaré le Directeur général du BIT, Juan Somavia, dans son allocution à la séance plénière de clôture de la Conférence.

«Des emplois de qualité au cœur de la reprise économique», c’était le message clé de Pittsburgh en septembre dernier. «Il n’a rien perdu de sa pertinence», a ajouté M. Somavia.

Les délégués ont appelé à agir pour mettre en œuvre le Pacte mondial pour l’emploi de l’OIT. Adopté lors d’un sommet sur la crise pendant la Conférence internationale du Travail de l’an dernier, le Pacte avait obtenu un soutien massif lors de la réunion du G20 à Pittsburgh en septembre dernier.

Les orateurs ont également soutenu l’appel de M. Somavia en faveur d’une stratégie politique «équilibrée» qui vise à garantir une reprise économique «riche en emplois»; ils ont approuvé son avertissement concernant les récentes mesures de réduction des déficits, principalement axées sur les dépenses sociales, qui pourraient «affecter directement les emplois et les salaires», en cette période de reprise économique timide et de taux de chômage durablement élevés. Le représentant employeur des Etats-Unis, Mme Ronnie Goldberg, a plaidé en faveur d’une «politique d’emploi efficace qui contribue à garantir que la croissance se traduise véritablement par des emplois pérennes».

La Conférence a réitéré son appel à l’OIT pour placer le plein emploi productif et le travail décent au cœur des politiques économiques et sociales afin de renforcer la dimension sociale de la mondialisation. «Il est vital que l’OIT joue pleinement son rôle pour relever les défis que posent la mondialisation», a affirmé M. Gilles de Robien, France, Président de la Conférence.

Les délégués à la Conférence ont demandé au BIT d’améliorer sa collaboration avec les institutions multilatérales, en particulier les Nations Unies, le FMI et la Banque mondiale, afin de renforcer la cohérence stratégique entre les politiques financière, économique, commerciale, d’emploi, sociale et environnementale.

La Conférence s’est déroulée dans un contexte préoccupant en raison de la crise mondiale de l’emploi qui se poursuit, et qui a fait grimper le chômage mondial à plus de 210 millions, soit le plus haut niveau jamais enregistré, selon le rapport du Directeur général «Placer la reprise et la croissance sous le signe du travail décent». M. Somavia a précisé que le BIT ne détectait aucune indication laissant espérer une baisse du taux mondial du chômage cette année, malgré des signes de reprise économique.

Les intervenants, qu’ils représentent les gouvernements, les employeurs ou les travailleurs, ont tous noté que l’absence de reprise de l’emploi faisait peser un «terrible fardeau» sur les chômeurs, tout en entravant les efforts déployés en faveur d’un «environnement propice à la création d’emplois par les entreprises». D’autres ont averti des risques que constituerait la sortie prématurée des plans de relance qui ne ferait «qu’empirer les choses».

«Le message de cette Conférence est très clair – mettre l’emploi au centre de la reprise. Pour ce qui concerne la réunion du G20 à Toronto, cela veut dire que les dirigeants devront tenir la promesse, qu’ils avaient faite à Pittsburgh sous la Présidence de M. Obama, de placer des emplois de qualité au cœur de la reprise», a conclu M. Somavia.