L'OIT MET EN GARDE CONTRE LES DANGERS TOUJOURS PLUS GRANDS QUI MENACENT LA SANTE ET LA SECURITE DES TRAVAILLEURS

GENEVE (Nouvelles du BIT) - Des hauts fonctionnaires du Bureau international du Travail ont invité aujourd'hui les délégués au 14e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail à intensifier l'action qu'ils mènent en vue de réduire l'incidence des accidents du travail et des maladies professionnelles, de plus en plus nombreux dans maints pays, et à renforcer la coopération internationale dans la lutte contre les nouveaux risques chimiques pour l'homme et l'environnement sur les lieux de travail.

Communiqué de presse | 22 avril 1996

GENEVE (Nouvelles du BIT) - Des hauts fonctionnaires du Bureau international du Travail ont invité aujourd'hui les délégués au 14e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail à intensifier l'action qu'ils mènent en vue de réduire l'incidence des accidents du travail et des maladies professionnelles, de plus en plus nombreux dans maints pays, et à renforcer la coopération internationale dans la lutte contre les nouveaux risques chimiques pour l'homme et l'environnement sur les lieux de travail.

Dans l'allocution qu'il a prononcée à Madrid à l'occasion de l'ouverture du Congrès, M. Ali Taqi, Sous-directeur général du BIT, a fait état du nombre annuel d'accidents du travail dans le monde entier qui, d'après les estimations, s'élèveraient à 125 millions, dont 220 000 seraient mortels. Quelles que soient les contraintes économiques ou les pressions concurrentielles qui s'exercent dans l'économie mondialisée, a rappelé M. Ali Taqi, la Constitution de l'OIT prescrit sans ambiguité aux 173 Etats Membres de l'Organisation d'assurer la protection des travailleurs contre les maladies générales ou professionnelles et les accidents résultant du travail.

«Nous devons démontrer que loin d'être un obstacle à la croissance économique et à l'emploi, la prévention des risques professionnels et la protection de la santé et du milieu de travail sont des éléments essentiels d'une bonne gestion et favorisent la productivité et le contrôle de la qualité.»

L'OIT estime que le taux des accidents mortels dont les travailleurs sont victimes dans le monde est de 6 pour 100 000 mais signale que ce chiffre relativement faible masque l'ampleur des risques encourus dans certaines activités professionnelles, celles de la construction par exemple, où le taux d'accidents mortels est 10 fois - voire 20 fois - supérieur à la moyenne.

«Les chiffres montrent que, dans certaines professions, la nature même du travail comporte des risques bien supérieurs à tous les autres, y compris ceux auxquels les individus s'exposent volontairement, lorsqu'ils fument ou circulent à moto par exemple», a poursuivi M. Ali Taqi.

Bien qu'aucune région du monde ne soit épargnée, le nombre de décès et de victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelles est beaucoup plus grand dans les pays en développement que dans les pays développés. Dans la seule Union européenne, malgré les améliorations enregistrées ces dernières années, environ 8 000 travailleurs perdent la vie chaque année dans des accidents du travail et près de 10 millions sont victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelles.

Dans les pays en développement, les travailleurs les plus exposés aux risques professionnels sont ceux de l'agriculture, des industries extractives primaires et des industries de transformation lourdes. Sur le plan de la santé et de la sécurité, un équipement déficient, des charges de travail excessives, voire l'empoisonnement par des pesticides ou des poussières organiques font payer un lourd tribut aux travailleurs. D'un autre côté, la nature des risques professionnels encourus évolue avec l'utilisation de nouvelles substances chimiques, ce qui met en danger non seulement les travailleurs mais aussi des communautés tout entières. D'après l'OIT, la prolifération des substances dangereuses met en relief «la grande importance de l'information sur les produits chimiques pendant toute la durée de leur existence».

Le 14e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail aura lieu à Madrid (Espagne), du 22 au 26 avril 1996. Il réunira 2 200 participants venus de 105 pays de niveaux de développement économique très divers.

Le Congrès est organisé par le Bureau international du Travail et l'Association internationale de la sécurité sociale (AISS), en collaboration avec le ministère espagnol du Travail et de la Sécurité sociale, par l'intermédiaire de l'Institut national de sécurité et d'hygiène du travail.

Les thèmes traités seront notamment les incidences de la mondialisation des relations économiques sur la sécurité et la santé des travailleurs, les efforts de coopération déployés à tous les niveaux, la prévention des risques dans les petites et moyennes entreprises, la prévention des risques chimiques, les nouvelles approches en matière de sécurité des machines, les nouvelles tendances dans le domaine de la formation, la sécurité dans la construction, l'agriculture et le secteur de la santé.

L'OIT reste à l'avant-garde du combat mené sur le plan international pour améliorer la santé et la sécurité au travail. Elle a récemment lancé une vaste campagne en vue de la ratification de ses conventions relatives aux droits fondamentaux des travailleurs. Elle a élaboré un certain nombre de nouvelles conventions, notamment la convention (n° 176) sur la sécurité et la santé dans les mines, 1995, la convention (n° 170) sur les produits chimiques, 1990, et la convention (n° 174) sur la prévention des accidents industriels majeurs, 1993.

L'OIT, le PNUE, l'OMS, l'ONUDI, la FAO et l'OCDE mettent actuellement en oeuvre un Programme interorganisations pour la gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques, l'OIT jouant le rôle de chef de file pour l'harmonisation de la classification et de l'étiquetage de ces substances. Le Bureau, qui gère une vaste base de données sur la sécurité des produits chimiques, publiera bientôt un ouvrage de référence essentiel à l'intention des spécialistes de la sécurité et de la santé au travail. La quatrième édition révisée de l'Encyclopédie de médecine, d'hygiène et de sécurité du travail paraîtra en quatre volumes.