Italie: des inspections du travail menées par les Carabinieri

Vingt-et-un milliards de dollars, tel est le montant de la perte de revenu causée au niveau mondial par l’exploitation salariale des travailleurs forcés et les commissions perçues par les agences de recrutement. Cette information a été révélée par le rapport global du BIT sur le coût économique des pratiques coercitives en matière de travail, intitulé « Le coût de la cœrcition ». Le fléau du travail forcé touche désormais tous les pays du monde, y compris les plus riches et les plus avancés sur le plan social.

Date de parution: 12 mai 2009 | Taille/durée: 00:02:35 (13.5MB)

Transcription :

La brigade de Carabinieri de Teramo, en Italie, reçoit un appel d’une unité mobile qui vient de repérer dans une localité voisine un atelier de confection textile suspecté d’employer des travailleurs clandestins.

Les Carabinieri se postent autour du bâtiment et attendent le signal pour intervenir.

Les Chinois employés ici fabriquent des jeans pour des marques italiennes connues. Ils travaillent depuis la fin de l’après-midi jusqu’aux premières heures du jour dans un endroit mal ventilé, sale et bruyant.

Gianfranco Albans, Brigade de Carabinieri pour la protection des travailleurs

Comme vous le voyez, l’espace de travail est restreint et chaotique. Certains des travailleurs chinois que nous avons trouvés ici se sont avérés être des migrants clandestins.

Cet atelier n’est pas seulement un lieu de travail, mais aussi un lieu de vie. Ces enfants vivaient cachés dans une chambre à l’étage supérieur, avec leur nounou. Tous les membres de ces familles chinoises dorment, mangent et travaillent ici.

David Mancini, Procureur général, Teramo, Italie

Cette mission est un défi pour nous, parce qu’il nous est très difficile d’identifier les victimes. Ce sont des personnes invisibles. On ne peut pas savoir si telle ou telle personne est victime du travail forcé.

À l’étage en dessous, les Carabinieri vérifient si chacune des personnes présentes dans l’atelier est en possession d’un passeport valide et d’un permis de travail.

Ils sont accompagnés d’inspecteurs de la sécurité et de la santé au travail, selon l’approche réseau axée sur la coopération entre inspecteurs, employeurs et syndicats pour la protection des victimes du travail forcé.

Ce soir, trois travailleurs n’ont pas leurs papiers en règle et sont emmenés au commissariat pour être interrogés. S’il s’avère qu’ils sont victimes du travail forcé, l’article 18 de la loi italienne prévoit qu’ils pourront rester en Italie et obtenir l’aide nécessaire pour y commencer une nouvelle vie.

Roger Plant, Directeur du Programme d’action spécial du BIT pour combattre le travail forcé

Notre nouveau rapport global sur le travail forcé montre clairement le coût d’opportunité de la coercition pour ces migrants et pour d’autres travailleurs en situation de travail forcé.

Mais le travail forcé n’existe pas uniquement dans les régions isolées de pays en développement.

Ce fléau devient de plus en plus un phénomène mondial et, de ce fait, exige une solution à l’échelle mondiale, non seulement pour protéger les victimes, mais aussi pour aider les personnes menacées à connaître et à défendre leurs droits.