Social Dialogue

Dialogue social: créer des opportunités d’emploi pour les femmes yéménites

Instaurer un dialogue social effectif entre le gouvernement, les syndicats et les employeurs constitue un élément déterminant pour renforcer l’égalité des genres et modifier l’image des femmes qui travaillent. Cela n’est pas chose facile dans les pays où la discrimination basée sur le genre est profondément ancrée dans les mentalités. Mais celles-ci peuvent évoluer, même dans les sociétés les plus traditionnelles, comme au Yemen. (en anglais)

Date de parution: 6 mars 2009 | Taille/durée: 00:04:35 (23.6 MB)

Transcription :

Le Yémen est confronté à un certain nombre de défis en matière de développement. Le taux de pauvreté avoisine les 40 pour cent. Le taux d’analphabétisme est de 52% et dépasse 70 pour cent chez les femmes. Quand une femme cherche un emploi, elle subit de fortes pressions pour se conformer aux rôles traditionnellement dévolus aux femmes et aux hommes dans cette société.

Homme

C’est vrai que j’ai élevé ma fille, mais dans un cadre précis. Les garçons peuvent travailler et les filles peuvent lire le Coran. Ils peuvent lire et écrire de façon à pouvoir distinguer le bien du mal. Mais vouloir faire d’elle une consultante ou un ministre, non ! Ce n’est pas ce qui l’attend après son mariage. Dieu le sait!

Homme

Toutes les questions que vous soulevez n’ont pas de sens. Je suis un homme instruit et responsable de mes enfants. Je suis responsable de ma famille, de ma femme. Ce discours est absurde et mauvais, mauvais, mauvais.

Dr. Amat Alrazza Hommad est la Ministre du travail et des affaires sociales, l’une des quelques femmes qui occupent un poste élevé au sein du Gouvernement yéménite.

Dr. Amat Alrazza Hommad

Le droit du travail et le code civil yéménites sont parmi les plus justes à l’égard des femmes dans la région arabe. Le Yémen a également signé la plupart des conventions internationales relatives au travail et incorpore leurs dispositions dans les lois internes. Malgré cela, il y a une grande différence entre la loi et la pratique s’agissant de l’égalité de droits, d’opportunités et de traitement pour les femmes. C’est sans doute le principal défi pour notre ministère, qui suppose de sensibiliser la société. Car notre principal combat n’est pas de nature institutionnelle mais concerne l’image des travailleuses dans la société.

Au sein du Ministère du travail et des affaires sociales, la “Direction générale des femmes actives” dispense des formations aux travailleurs des secteurs public et privé, hommes et femmes confondus, en mettant l’accent sur les droits des travailleurs, la protection sociale, le dialogue social et l’égalité entre hommes et femmes. Certaines de ces mesures sont appuyées par le projet de partenariat BIT/Pays-Bas intitulé “ Promouvoir l’emploi décent et l’égalité entre hommes et femmes au Yémen”.

Des programmes de formation ont été organisés dans tout le pays pour aider les femmes et les hommes à comprendre leurs droits au travail et les sensibiliser sur la question de l’égalité entre hommes et femmes. L’une des formatrices a été envoyée à Hadramout, une des régions les plus conservatrcies du Yémen, où nombre d’entreprises ne comptent même pas une seule femme.

Femme

Quand on a voulu organiser une formation ici, mes collègues ont dit que ça allait être difficile. Franchement, j’étais inquiète. Mais ensuite, quand j’ai commencé à parler, ils se sont mis à apprécier la formation. Leur propre perception des femmes a commencé à changer. Même leur patron aurait aimé qu’ils aient une collègue comme moi.

Grâce à l’action de la Direction des femmes et au partenariat entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats, des milliers de travailleurs femmes et hommes de l’ensemble des cinq gouvernorats ont bénéficié de formation sur les notions de travail décent et d’égalité entre les sexes. Le programme est lui-même considéré comme un excellent exemple de bonne pratique en matière de dialogue social à travers tout le pays. Peu à peu, l’image des femmes actives évolue.

Ali Al Hada, Assistant administratif

J’aurais aimé que ma femme travaille en dehors de la maison. La situation économique est difficile et élever des enfants demande beaucoup d’argent. Si elle avait un emploi, elle pourrait participer aux dépenses.

Même les femmes les plus traditionnelles trouvent de quoi être fières dans leur emploi et leur nouvelle voie. Sabah al Hindi est Coordonnatrice administrative au sein du Directorat.

Sabah al Hindi, Coordonnatrice administrative au sein du Directorat

Ma famille s’étonne. Comment se fait-il que notre fille en fasse autant? Maintenant, même mes frères m’encouragent. A la maison, je suis la seule à gagner ma vie, mais je prends également soin de ma mère ou des autres membres de ma famille lorsqu’ils sont malades, je m’occupe de tout. Ma mère dit toujours “Ma fille est l’homme et la femmes de la maison”!.