Egalité hommes-femmes

Jeunes filles et jeunes gens: du travail pour tous au Kyrgyzstan

Lorsque la formation et les compétences des jeunes ne correspondent pas aux besoin du marché du travail d'un pays quelle est la solution ? Le Kyrgyzstan agit pour corriger ce déséquilibre en formant jeunes gens et jeunes filles aux compétences requises dans une économie en mutation.

Date de parution: 4 août 2008 | Taille/durée: 00:03:34 (18.6 MB)

Transcription:

Dans la République kirghize, également connue sous le nom de Kirghizistan, ce fut pendant des années l’Etat soviétique qui décida combien de jeunes devaient être formés et pour quelles professions.

Mais la transition du pays vers une économie de marché a engendré un grave problème, qui est le profond déséquilibre entre les compétences de la population active et celles requises pour les emplois disponibles.

Erkinbek Omurov, Secrétaire d’Etat, Organisme public de formation professionnelle, gouvernement de la République kirghize

Le Kirghizistan regorge de diplômés universitaires qualifiés qui ne trouvent pas de travail. Les travailleurs manuels, par contre, obtiennent un emploi du jour au lendemain.

Des milliers de Kirghizes, majoritairement des hommes, sont partis travailler en Russie ou en Europe occidentale et envoient une grande partie de leur salaire à leur famille pour qu’elle puisse survivre. Aujourd’hui, le Kirghizistan est devenu un pays de « laissés-pour-compte », avec une majorité de femmes sans travail, de personnes âgées et d’enfants et une population active limitée aux métiers essentiels.

Grâce au soutien fourni par l’OIT dans le cadre d’un projet financé par les Pays-Bas, le gouvernement kirghize reformule actuellement sa politique en matière d’emploi des jeunes. Il met notamment en œuvre de vastes programmes de formation professionnelle destinés aux personnes sans emploi, notamment les femmes, afin qu’elles puissent acquérir de nouvelles compétences correspondant au marché du travail actuel.

Dilorom Holmatova a réussi à surmonter tous les stéréotypes. Bien qu’étant sans travail et sans diplôme universitaire, cette femme est allée de l’avant dans une ville durement touchée par le chômage et la pauvreté.

Grâce à la formation dispensée par l’Organisation internationale du Travail dans le cadre de son programme « Gérez mieux votre entreprise », Dilorom a pu ouvrir le premier atelier de confection de rideaux de la ville. Quatre ans plus tard, son affaire marche si bien qu’elle emploie quatre couturières. Et Dilorom a d’autres projets en tête.

Dilorom Holmatova, fabricante de rideaux

On dénombre ici plus de 300 mères célibataires, qui n’ont personne pour les aider. Elles ne trouvent pas de travail, parce qu’elle n’ont pas de quoi payer la crèche pour leurs enfants, qui est très chère. Si j’en avais la possibilité, je les formerais.

Walter Verhoeven, OIT

Au Kirghizistan, l’OIT oeuvre en faveur de la création d’emplois décents pour tous, en coopération avec d’autres institutions des Nations Unies et nos propres partenaires : le gouvernement, les employeurs et les syndicats. C’est pourquoi notre projet comporte plusieurs volets : la promotion de politiques en faveur de l’emploi des jeunes, des stratégies locales et intégrées pour l’emploi des jeunes, des services d’information sur le marché du travail, de formation et d’orientation professionnelle et des cours de création d’entreprise.

Nasiba Halilova nourrit, elle aussi, de nombreux espoirs. Elle rêve d’ouvrir une crèche et, grâce au séminaire de l’OIT, elle a appris à calculer les coûts et à élaborer un plan d’entreprise.

Nasiba Halilova, puéricultrice

Ce séminaire est très stimulant. On nous encourage à concevoir un projet, puis on nous montre comment le réaliser.

Les jeunes Kirghizes manifestent un intérêt croissant pour les compétences professionnelles dont la demande augmente sur le marché du travail. Grâce à l’approche de formation par modules conçue par l’OIT, ils peuvent acquérir une qualification professionnelle en un temps record.

Suyun Maitikova, Directrice adjointe, Lycée 43 de Bichkek

Pendant le cours qui dure dix mois, ces jeunes acquièrent trois qualifications : ils apprennent d’abord le métier de plâtrier, puis celui de maçon et, au dernier trimestre, celui de menuisier. Ainsi, en dix mois à peine, ils acquièrent trois qualifications professionnelles dont on a actuellement besoin.

Dilorom projette d’agrandir son atelier et d’embaucher de nouvelles couturières. Ces créations d’emplois seront autant de lueurs d’espoir pour des femmes de la ville actuellement sans travail.

Dilorom Holmatova, fabricante de rideaux

Maintenant je me considère tout à fait comme une femme d’affaires.

Ces femmes « laissées-pour-compte » qui, jusque là, semblaient sans avenir, sont désormais des modèles de réussite pour les autres femmes kirghizes, tout en contribuant à la reconstruction de leur pays.