Protéger l’Environnement en Tirant Parti des Déchets

Le premier centre de recyclage du plastique du Burkina Faso ouvre la voie à un nouveau type de projets de développement. Il constitue à la fois une source de revenus pour les pauvres et un moyen efficace de combattre la pollution. Il s’avère également bénéfique pour l’industrie locale, puisque les granulés de plastique recyclé coûtent deux fois moins cher que le plastique neuf importé de l’étranger.

Date de parution: 12 janvier 2007 | Taille/durée: 00:02:17 (3.8MB)

Transcription:

À Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, on voit partout des déchets plastiques, éparpillés par le vent et la pluie. Chaque année, la ville produit 20.000 tonnes de ces déchets, qui représentent un grave problème sanitaire pour la population et une menace mortelle pour le bétail qui les ingurgite.

Dame âgée qui collecte des déchets plastiques

Si j’en ramasse beaucoup, je peux gagner 1.500 francs en deux semaines.

Cela représente environ 3 dollars américains, un revenu appréciable pour les habitants les plus démunis d’Ouagadougou. Les personnes qui ramassent les déchets plastiques les vendent au premier centre de recyclage de la ville, inauguré en 2005.

Ce centre a été conçu par Andrea Micconi, un collaborateur de l’ONG italienne LVIA. Grâce à des études suivies au centre de formation de l’Organisation internationale du Travail, à Turin, Micconi a mis au point un projet qui a été récompensé par la Banque mondiale. Les autorités locales du Burkina Faso et plusieurs donateurs italiens lui ont également apporté son soutien.

Andrea Micconi, Coordinateur du Consortium des ONG du Piémont et consultant de LVIA

Ce projet a un double objectif : lutter contre la destruction de l’environnement au Burkina Faso et réduire la pauvreté.

Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres au monde. Le projet consiste donc à créer une incitation économique en faveur de la collecte des déchets plastiques. Le plastique recyclé est ensuite vendu aux entreprises locales à un prix inférieur de moitié à celui du plastique importé.

Marguerite Ovempeko Kabore, Présidente, Association de femmes pour la valorisation des déchets plastiques

Nous devons travailler dur pour payer les salaires et les frais de maintenance. Après avoir collecté les résidus plastiques, nous les nettoyons et les trions. Nous recyclons ainsi entre 4 et 5 tonnes de plastique par mois.

Après avoir été lavés et triés, les déchets plastiques sont broyés et transformés en granulés. À ce jour, le centre d’Ouagadougou a produit 50 tonnes de plastique recyclé qu’il a vendu pour un montant de 40.000 dollars. Cela lui permet de s’autofinancer et de fournir des emplois à l’association de femmes qui le gère.

Cette association travaille avec une entreprise locale qui, avec le plastique recyclé, fabrique des règles d’écolier vendues à bas prix.

Une écolière lit devant sa classe ce qui est inscrit sur sa règle en plastique :

« Fabriquée à 100% avec du plastique recyclé à Ouagadougou, Burkina Faso. »

Lorsqu’ils ont visité le centre, ces enfants ont compris pourquoi leurs règles sont en plastique recyclé. Inutile d’ajouter que le centre de recyclage de déchets plastiques d’Ouagadougou est en train de devenir un modèle pour toute la ville…