La reconstruction du temple de Baphuon à Angkor, au Cambodge

Dans trois ans, les touristes pourront visiter un des trésors les plus inestimables d’Angkor, le temple de Baphuon, construit au 11e siècle. Cet édifice est actuellement au cœur d’un vaste projet de reconstruction archéologique. Les ouvriers khmers qui travaillent sur ce chantier ont reçu une formation en matière de sécurité, qui leur permet de restaurer ce joyau de leur patrimoine sans s’exposer aux mêmes dangers que leurs ancêtres.

Date de parution: 5 février 2007 | Taille/durée: 00:02:04 (3.7 MB)

Angkor, capitale de l’empire khmer il y a mille ans et aujourd’hui inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité. La ville possède de magnifiques temples en pierre, à la fois hindouistes et bouddhistes, dont celui de Baphuon, communément appelé « la tour de bronze ».

Après des décennies de guerre, de pillage et de projets de restauration avortés, le temple de Baphuon n’était plus qu’une ruine. Pour le reconstruire, il faut maintenant remettre en place plus de 300.000 blocs de pierre.

Pascal Royère, directeur du Projet de restauration du Baphuon, Ecole Française d’Extrême-Orient

En ce début du 21e siècle, nous sommes en train de reconstruire un monument comme cela a été fait au 11e siècle, mais avec des techniques modernes.

Or la construction figure parmi les secteurs d’activité les plus dangereux au monde : chaque année, 60.000 travailleurs dans le monde sont victimes d’un accident mortel sur un chantier de construction.

Déterminés à prévenir les accidents du travail sur le site de Baphuon, les archéologues chargés du projet de restauration du temple se sont associés à la fédération syndicale nationale des travailleurs de la construction pour offrir aux ouvriers employés sur le chantier une formation en matière de sécurité et de santé au travail.

Ken Chheng Lang, Vice-président de la Fédération syndicale des travailleurs cambodgiens de la construction

Ce programme de formation couvre les soins de santé, ainsi que la sécurité et l’hygiène au travail. La plupart des ouvriers embauchés pour ce chantier viennent des zones rurales. Avant de commencer à travailler ici, ils n’ont reçu aucune formation et très peu d’information.

Dans le cadre de ce programme de formation, mis au point par l’Organisation internationale du Travail, les travailleurs font le tour du chantier accompagnés d’un formateur qui leur explique les règles de sécurité à respecter lorsqu’ils travaillent en hauteur et la façon d’utiliser les machines. Ils apprennent aussi comment, par le biais de la négociation, ils peuvent obtenir des conditions de travail plus sûres. Pour les ouvriers du site de Baphuon, cela veut dire des contrôles plus fréquents sur les échafaudages et de meilleurs équipements de protection pour eux-mêmes.

Ouvrier de la construction

J’espère pouvoir mettre à profit cette formation en transmettant ce que j’ai appris à ceux qui n’y ont pas participé et aux collègues d’autres chantiers.

A ce jour, plus de 500 travailleurs de la construction ont suivi cette formation dans tout le Cambodge. Sur le chantier de restauration du temple de Baphuon, les ouvriers reproduisent avec fierté les gestes accomplis mille ans plus tôt par les artisans de l’empire khmer, mais ils le font dans des conditions de sécurité bien meilleures qu’à cette époque.