Le projet Naya Prayas en Inde

Date de parution: 10 septembre 2002 | Taille/durée: 00:02:31

Deux cent quarante-six millions d’enfants travaillent dans le monde, dont la moitié dans la région Asie-Pacifique. Ils sont issus de familles démunies, qui considèrent le travail des enfants comme une fatalité. L’éradication du travail des enfants passe donc non seulement par l’éducation des enfants, mais aussi par celle de leurs parents. Voici un reportage de la Télévision de l’OIT filmé dans les quartiers pauvres de Delhi.

Kamlesh, ancien enfant travailleur

“Avant, je travaillais comme chiffonnier, puis j’ai rencontré une dame du Naya Prayas qui m’a dit que je ne devais pas faire ce travail. Elle est venue parler à mes parents et alors j’ai arrêté de travailler et j’ai commencé à étudier.”

En Inde, le nombre d’enfants travailleurs est l’un des plus élevés au monde. Même s’il n’existe pas de véritables statistiques sur cette portion invisible de la population active, on dénombre au bas mot plus de dix millions d’enfants économiquement actifs dans le pays.

De nombreuses familles indiennes, comme celle de Tarun, ne peuvent survivre si leurs enfants ne travaillent pas. Pourtant, peu à peu, elles acceptent des solutions de compromis. Grâce aux programmes comme le Naya Prayas qui leur fournit nourriture et vêtements, ces familles laissent désormais leurs enfants travailler à mi-temps afin qu’ils puissent s’instruire.

R.K. Khurana, Administrateur de programme, OIT

“En Inde, la scolarisation ne suffit pas à éliminer complètement le travail des enfants, car, pour la plupart des parents, il est nécessaire que les enfants apprennent à travailler.”

Les mentalités évoluent lentement, car les parents de la majorité des élèves ont eux-mêmes travaillé quand ils étaient enfants. Les professeurs organisent donc des réunions mensuelles avec les parents pour les convaincre de laisser leurs enfants dans le programme de scolarisation, afin qu’ils puissent échapper au cercle vicieux de la pauvreté.

Shanti, mère de famille

“Son père ne veut pas qu’elle aille à l’école, car il pense que nous sommes trop pauvres pour cela. Mais moi, je ne suis pas d’accord: je trouve que les enfants doivent avoir un minimum d’instruction.”

Mais éduquer les enfants ne suffit pas, il faut aussi éduquer leurs parents, afin qu’ils puissent défendre le droit de leurs enfants à être instruits.

Peu à peu, les familles commencent à comprendre que, grâce à des programmes comme le Naya Prayas, elles ont l’opportunité d’assurer un meilleur avenir à leurs enfants dans un monde où le travail des enfants aura disparu.