BANGLADESH : CES FEMMES QUI SONT LEUR PROPRE CHEF

Date de parution: 20 décembre 2005 |

Dans les zones tribales du Bangladesh, le mode de vie des femmes est fortement marqué par la tradition. Leur rôle se limite généralement aux tâches domestiques, le travail salarié et le commerce étant réservés aux hommes. Cette situation est pourtant en train de changer: grâce aux programmes d’aide mis en œuvre par l’Organisation internationale du Travail (OIT), de plus en plus de femmes de cette région du Bangladesh réussissent à créer leur propre entreprise et à la gérer avec succès. Voici un reportage de la télévision de l’OIT sur ce sujet.

Nous voici dans la région des Chittagong Hill Tracts au Bangladesh. Il s’agit d’une zone à population essentiellement tribale, où le mode de vie est fortement marqué par la tradition. Ici, seuls les hommes travaillent en dehors du foyer familial.

Dans cette région isolée au relief escarpé, le rôle des femmes se limite aux tâches domestiques et, de ce fait, elles ont moins accès que les hommes à l’instruction et aux soins de santé.

Même les commerces sont presque toujours tenus par des hommes. Mais les temps changent, et l’on voit de plus en plus de femmes monter leur propre boutique.

C’est le cas de Nirota Chakma, qui a commencé par monter une petite échoppe de thé. Cela n’a pas toujours été facile pour elle, mais peu à peu elle a appris à se faire respecter par les clients.

Nirota Chakma

Au début, j’ai eu des problèmes pour tenir cette échoppe: les clients se comportaient mal parce que j’étais une femme, surtout quand ils avaient trop bu, mais maintenant ils ne le font plus.

Nirota a même pu développer son petit commerce grâce à un prêt cautionné par l’Organisation internationale du Travail, qui mène dans cette région une campagne contre la discrimination et en faveur des droits fondamentaux au travail. Ici, les femmes, qui ne représentent que 40 pour cent de la population active, sont particulièrement exposées à la discrimination: d’abord parce qu’elles sont des femmes et ensuite en raison de leur appartenance ethnique.

Mais Nirota a réussi à se faire respecter par ses fournisseurs et par les autres commerçants du coin, ce qui n’est pas rien dans cette région pauvre où cohabitent différentes ethnies.

Jahar Lal Barua, Commerçant

Elle s’en sort très bien, car elle a un bon contact tant avec la population tribale qu’avec les Bengalis. Et puis, grâce à ce petit commerce, elle vit beaucoup mieux. Le fait d’être une femme ne lui pose aucun problème, elle a su s’imposer.

Nirota a même développé son entreprise. Elle a obtenu trois prêts bancaires et acheté des vaches, des machines à coudre et une pompe à eau. Grâce au fruit de son travail, ses enfants vont maintenant à l’école et, peu à peu, toute la famille s’affranchit de la pauvreté.

Si Nirota a réussi, c’est parce qu’elle a été formée par le Programme d’autonomisation des femmes de l’OIT, qui opère en partenariat avec la Fondation pour un développement intégré.

Aongthui Chowdhury, Fondation pour un développement intégré

Nous leur donnons d’abord des cours de gestion, puis, selon le type d’entreprise qu’elles souhaitent créer, on les forme à des techniques spécifiques, que ce soit la fabrication de textile, l’élevage de volailles ou encore les soins aux jeunes enfants.

Nirota a fait de nombreuses émules parmi les femmes de son entourage et elle n’est désormais plus la seule à avoir ouvert sa propre échoppe. Toutes ces femmes des Chittagong Hill Tracts n’ont qu’un seul but: offrir un meilleur avenir à leur enfants.