MINES DE SEL EN OUGANDA

Date de parution: 20 décembre 2005 |

Pour les ministres du travail, les employeurs et les travailleurs qui se rencontrent cette semaine à Addis Abeba dans le cadre d'une importante réunion régionale de l'OIT, combattre la pauvreté et créer des emplois est une priorité. Comprendre pourquoi est simple : près de la moitié de la population africaine, soit plus de 300 millions de personnes vivent dans l'extrême pauvreté. N'ayant pas d'autre choix, ces personnes démunies sont prêtes à tout pour essayer d'améliorer leurs conditions d'existence, même quand il ne s'agit pas d'un travail qui leur apporterait une protection. Quelquefois même, elles risquent leur vie comme l'explique ce reportage de la Télévision de l’OIT.

Le lac Katwe est la seule source de sel en Ouganda ; c’est aussi la seule source de revenu pour des milliers de personnes qui travaillent dans les bassins d’évaporation qui le bordent.

Le lac Katwe est la seule source de sel en Ouganda ; c’est aussi la seule source de revenu pour des milliers de personnes qui travaillent dans les bassins d’évaporation qui le bordent.

Joseph Katende

Autrefois, je me souviens, il y avait une usine ici, mais le sel du lac est tellement corrosif qu’il a rongé toutes les installations… alors maintenant ce sont des êtres humains qui essaient d’extraire le sel qui a détruit les machines. Vous voyez de quel genre de travail il s’agit…

Joseph Katende

Autrefois, je me souviens, il y avait une usine ici, mais le sel du lac est tellement corrosif qu’il a rongé toutes les installations… alors maintenant ce sont des êtres humains qui essaient d’extraire le sel qui a détruit les machines. Vous voyez de quel genre de travail il s’agit…

Au début des années quatre-vingts, il était question d’un projet industriel qui aurait permis de produire et de commercialiser jusqu’à quarante mille tonnes de sel par an, juste assez pour satisfaire la demande nationale au lieu d’importer le sel du Kenya. Or, à cause des coûts excessifs liés au fort pouvoir corrosif du sel, les investisseurs ont finalement renoncé au projet. Mais ceux qui n’ont rien d’autre à investir que leur temps, leur énergie, voire leur santé, n’ont pas renoncé, eux.

Au début des années quatre-vingts, il était question d’un projet industriel qui aurait permis de produire et de commercialiser jusqu’à quarante mille tonnes de sel par an, juste assez pour satisfaire la demande nationale au lieu d’importer le sel du Kenya. Or, à cause des coûts excessifs liés au fort pouvoir corrosif du sel, les investisseurs ont finalement renoncé au projet. Mais ceux qui n’ont rien d’autre à investir que leur temps, leur énergie, voire leur santé, n’ont pas renoncé, eux.

Kimulya Yowasi, technicien de laboratoire

Si vous entrez dans l’eau salée avec une petite blessure sur le corps, le sel attaque la plaie qui devient de plus en plus grande… plus vous restez dans l’eau salée, plus le sel creuse la plaie et vous risquez de perdre une partie de votre corps.

Pour tous ces gens, le sel du lac Katwe est le seul moyen de subsistance, même s’il ronge leur corps, détruit leurs organes et, chez les femmes, entraîne souvent des fausses couches…

Kimulya Yowasi, technicien de laboratoire

Si vous entrez dans l’eau salée avec une petite blessure sur le corps, le sel attaque la plaie qui devient de plus en plus grande… plus vous restez dans l’eau salée, plus le sel creuse la plaie et vous risquez de perdre une partie de votre corps.

Pour tous ces gens, le sel du lac Katwe est le seul moyen de subsistance, même s’il ronge leur corps, détruit leurs organes et, chez les femmes, entraîne souvent des fausses couches…

Pour tous ces gens, le sel du lac Katwe est le seul moyen de subsistance, même s’il ronge leur corps, détruit leurs organes et, chez les femmes, entraîne souvent des fausses couches…

Ces travailleurs sont également exposés aux risques de déshydratation et de noyade. Faute d’équipements adaptés, ils ont recours à de simples bottes en caoutchouc et à des préservatifs pour se protéger contre les effets corrosifs du sel. Des centaines d’entre eux se sont retrouvés mutilés ou sont morts comme conséquence de ce travail, mais tout le monde continue.

Ces travailleurs sont également exposés aux risques de déshydratation et de noyade. Faute d’équipements adaptés, ils ont recours à de simples bottes en caoutchouc et à des préservatifs pour se protéger contre les effets corrosifs du sel. Des centaines d’entre eux se sont retrouvés mutilés ou sont morts comme conséquence de ce travail, mais tout le monde continue.

Jova Kyomuhangi, une des femmes qui travaillent dans les bassins d’évaporation

C’est parce que nous sommes pauvres que nous faisons ce travail. Sinon, nous ferions autre chose. Ce n’est pas un travail que n’importe qui peut faire…

Joseph Katende fait partie du projet SLAREA de l’Organisation internationale du Travail, qui a pour objectif de renforcer les relations professionnelles. Pour lui, la situation des travailleurs qui exploitent le sel du lac Katwe illustre bien ce qui se passe lorsque les gens travaillent en dehors du cadre protecteur de la loi du travail.

Jova Kyomuhangi, une des femmes qui travaillent dans les bassins d’évaporation

C’est parce que nous sommes pauvres que nous faisons ce travail. Sinon, nous ferions autre chose. Ce n’est pas un travail que n’importe qui peut faire…

Joseph Katende fait partie du projet SLAREA de l’Organisation internationale du Travail, qui a pour objectif de renforcer les relations professionnelles. Pour lui, la situation des travailleurs qui exploitent le sel du lac Katwe illustre bien ce qui se passe lorsque les gens travaillent en dehors du cadre protecteur de la loi du travail.

Joseph Katende fait partie du projet SLAREA de l’Organisation internationale du Travail, qui a pour objectif de renforcer les relations professionnelles. Pour lui, la situation des travailleurs qui exploitent le sel du lac Katwe illustre bien ce qui se passe lorsque les gens travaillent en dehors du cadre protecteur de la loi du travail.

Joseph Katende, Projet SLAREA de l’OIT

Ce que nous allons faire ici avec le projet SLAREA, c’est non seulement parler de liberté syndicale et de négociation collective, mais aussi attirer l’attention de la communauté internationale sur le fait que des gens souffrent parce qu’il manque des investisseurs dans un secteur de production spécifique. Et si l’on réussit à trouver des investisseurs qui acceptent de moderniser la production de sel du lac Katwe, notre projet pourrait les aider à établir de bonnes relations professionnelles avec ces travailleurs.

On estime que les réserves de sel du lac Katwe sont tellement importantes qu’elles peuvent assurer une production continue pendant des décennies, comme cela est le cas depuis longtemps. Mais si rien n’est fait pour améliorer les conditions de production, le sel continuera de ronger le corps et de détruire la vie de milliers d’hommes et de femmes qui n’ont pas d’autres moyens de subsistance.

Joseph Katende, Projet SLAREA de l’OIT

Ce que nous allons faire ici avec le projet SLAREA, c’est non seulement parler de liberté syndicale et de négociation collective, mais aussi attirer l’attention de la communauté internationale sur le fait que des gens souffrent parce qu’il manque des investisseurs dans un secteur de production spécifique. Et si l’on réussit à trouver des investisseurs qui acceptent de moderniser la production de sel du lac Katwe, notre projet pourrait les aider à établir de bonnes relations professionnelles avec ces travailleurs.

On estime que les réserves de sel du lac Katwe sont tellement importantes qu’elles peuvent assurer une production continue pendant des décennies, comme cela est le cas depuis longtemps. Mais si rien n’est fait pour améliorer les conditions de production, le sel continuera de ronger le corps et de détruire la vie de milliers d’hommes et de femmes qui n’ont pas d’autres moyens de subsistance.

On estime que les réserves de sel du lac Katwe sont tellement importantes qu’elles peuvent assurer une production continue pendant des décennies, comme cela est le cas depuis longtemps. Mais si rien n’est fait pour améliorer les conditions de production, le sel continuera de ronger le corps et de détruire la vie de milliers d’hommes et de femmes qui n’ont pas d’autres moyens de subsistance.