ADIDAS – PT DADA

Date de parution: 20 décembre 2005 |

C’est l’heure de pointe ce matin à Purwakarta, en Indonésie, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Jusqu’à ce que cette ville devienne un site industriel animé, ses habitants avaient du mal à trouver un emploi et, comme les deux tiers de la population active du pays, ils survivaient grâce à des petits boulots dans l’économie informelle.

L’usine PT Dada est l’un des nombreux centres de production qui se sont rapidement montés dans toute l’Asie dès que les fabricants de grandes marques internationales ont cherché à réduire leurs coûts de fabrication. Ici, le salaire minimum est d’environ 72 dollars par mois, bien plus que ce que ne paient les entreprises locales. Pourtant, les conditions de travail sont surveillées de près au niveau international.

Kitty Potter, Adidas

Concrètement, nous avons à instaurer des normes de travail qui ne sont pas faciles à appliquer mais que les entreprises multinationales se sont engagé à respecter au niveau local. C’est pourquoi, dans ce processus de mise aux normes, nous faisons appel au savoir-faire d’une organisation comme l’OIT.

Adidas a fait de gros efforts pour adapter l’usine PT Dada aux normes internationales. Partout ont été placardés des avertissements concernant la sécurité, l’infirmerie a été modernisée et la climatisation a été installée. Dans toute l’usine on trouve désormais des fontaines d’eau réfrigérée.

Rajiyo, dirigeant syndical

Avant ce processus d’amélioration des conditions de travail, il y avait des ouvriers qui parfois s’évanouissaient tellement l’air était irrespirable dans l’usine, surtout avec les journées qu’on fait ici. La situation s’est vraiment améliorée. A présent, la direction organise des séances de formation une fois par semaine pour parler de différents sujets et pour voir quels sont les besoins des ouvriers. Cela ne se faisait pas avant.

Adidas a compris que les problèmes de communication entre la direction et les ouvriers de l’usine avaient un impact négatif sur la productivité.

L’entreprise a donc demandé à l’Organisation internationale du Travail, l’OIT, de dispenser à la fois aux cadres et aux ouvriers de l’usine une formation qui leur permette de mieux travailler ensemble. Et cette formation a donné des résultats remarquables : les manifestations ont cédé la place au dialogue et la relation entre direction et ouvriers, jusque là marquée par la confrontation, est désormais basée sur la négociation et la confiance.

Y.H. Yoon, Directeur de l’usine PT Dada

Ce n’est pas chose facile, mais la direction et les syndicats déploient des efforts constants pour trouver un terrain d’entente…

La formation dispensée par l’OIT a permis de modifier les relations professionnelles au sein de PT Dada, à tel point qu’elles sont devenues un modèle au niveau régional.

Kari Tapiola, Directeur exécutif, OIT

L’OIT possède les compétences, les connaissances et l’information qui permettent de résoudre les situations difficiles liées aux droits fondamentaux au travail comme la liberté syndicale et la négociation collective. Alors, quand une entreprise nous le demande, nous pouvons mettre à profit ces compétences au niveau du lieu de travail.

Lorsque les fabricants de grandes marques internationales engagent un véritable dialogue avec les fournisseurs locaux, le processus de mondialisation peut contribuer à améliorer la situation économique de toutes les parties concernées.