Le tourisme, un puissant outil pour combattre la crise

Le secteur touristique devrait créer plus de cinq millions d’emplois rien que cette année. Cependant, il faut aussi traiter la face sombre du tourisme.

Article | 26 juin 2012
GENEVE – Le tourisme est l’une des industries les plus dynamiques de l’économie mondiale; il peut jouer un rôle majeur dans la lutte contre la crise de l’emploi qui a déjà coûté des dizaines de millions d’emplois, selon l’Organisation internationale du Travail (OIT).

«Nous pensons que le secteur du tourisme est en partie la solution», déclare Alette van Leur, qui dirige le Département des Activités sectorielles de l’OIT. «Il est essentiel pour la création d’emplois, c’est un secteur à haute intensité de main-d’œuvre et une source significative de développement et d’inclusion sociale».

En une année seulement, le tourisme devrait créer plus de cinq millions d’emplois. Avec près de la moitié de sa main-d’œuvre composée de jeunes gens, le secteur est particulièrement intéressant au moment où 75 millions de jeunes sont au chômage.

En 2011, le tourisme a généré – directement et indirectement – près de 255 millions d’emplois et contribué à hauteur de 6 milliards de dollars à l’économie mondiale. Cela représente environ un emploi sur douze et neuf pour cent du PIB mondial.

Il est prévu que le nombre d’emplois dans le tourisme et les secteurs connexes augmente de deux pour cent pour dépasser les 260 millions cette année. Vers 2022, le tourisme devrait fournir 328 millions d’emplois, soit un emploi sur dix sur la planète, selon les prévisions du Conseil mondial du tourisme et des voyages (WTTC).

Le tourisme devient une source majeure de croissance et d’emploi dans de nombreux pays en développement, y compris dans les régions rurales, et pour tous ceux qui ont un accès limité au marché du travail, comme les femmes, les jeunes et les migrants. C’est la principale source de recettes à l’exportation de services dans les pays les moins avancés: les recettes touristiques représentent 33 pour cent des exportations des PMA et pas moins de 65 pour cent pour les PMA insulaires.

Lors d’une récente réunion des ministres du tourisme du G20 au Mexique, le secteur a été décrit comme «un moteur puissant de la croissance économique et de réduction de la pauvreté».

La face sombre de l’industrie touristique

Mais le tourisme a aussi sa part d’ombre. Actuellement, les conditions de travail sont souvent médiocres et irrégulières, les rémunérations faibles, la durée du travail excessive et les perspectives d’évolution limitées, les contrats sont souvent occasionnels, temporaires ou à temps partiel et aboutissent à une insécurité de l’emploi.

Ces médiocres conditions de travail conduisent à une forte rotation des effectifs qui peut être coûteuse pour les employeurs en termes de formation du personnel.

L’OIT pense que l’impact sur les économies nationales peut encore progresser si l’on veille à ce que les emplois du secteur se conforment aux normes du travail décent.

«Le travail décent et le dialogue social, en particulier sur les lieux de travail, sont de première importance dans le secteur du tourisme, parce que la satisfaction au travail a une influence directe sur la qualité du service et de la main-d’œuvre et, partant de là, sur la satisfaction du client», affirme Wolfgang Weinz, spécialiste de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme à l’OIT.

Le tourisme durable crée des emplois, stimule le développement de nouvelles infrastructures et entreprises et incite les populations locales à acquérir de nouvelles compétences, comme les langues étrangères.

L’OIT a publié un manuel de formation pour aider les acteurs du secteur – y compris les gouvernements, les syndicats et les représentants de l’industrie touristique – à réduire la pauvreté grâce au travail décent, tout en atténuant les impacts négatifs du tourisme.

Sèil vous plait voir: Les outils de réduction de la pauvreté par le tourisme de l’OIT