L'OIT en action: Résultats 2014-2015

Intensifier la coopération Sud-Sud et triangulaire

Aujourd’hui, de nouveaux acteurs façonnent l’agenda pour le développement et les pays émergents se présentent comme des partenaires stratégiques pour les autres pays en développement. La coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST) est une dimension croissante et complémentaire de la coopération au développement de l’OIT.

Le récent programme d’action d’Addis-Abeba, en 2015, a appelé à l’expansion de la CSST et l’ODD 17 l’inclut parmi ses cibles: «Apporter, à l’échelon international, un soutien accru pour assurer le renforcement efficace et ciblé des capacités des pays en développement et appuyer ainsi les plans nationaux visant à atteindre tous les objectifs de développement durable, notamment dans le cadre de la coopération Nord-Sud et Sud-Sud et de la coopération triangulaire.» 

En outre la nouvelle Stratégie de coopération pour le développement de l’OIT reconnaît l’importance de la CSST en termes de capacité. Les années 2014-2015 ont vu une croissance sans précédent de la CSST, marquée par une sensibilisation institutionnelle accrue et une capacité plus importante à identifier et à mettre en oeuvre des projets au sein d’un cadre de CSST. Ce mouvement est conforme à la stratégie de coopération Sud-Sud et triangulaire adoptée par l’OIT en 2012. Sur cette période, dix nouveaux partenariats ont été signés avec des pays à revenus intermédiaires et des partenaires de coopération Sud-Sud et triangulaire, contre six en 2012-13, soit une croissance de 40 pour cent et un portefeuille toujours plus diversifié de coopération au développement. Les formes de coopération Sud- Sud et triangulaire sont étroitement liées, et toutes deux doivent être considérées comme complémentaires à la coopération Nord-Sud traditionnelle. 

L’élan particulier de la CSST est notamment dû aux efforts des pays BRICS (Brésil, Chine, Inde, Fédération de Russie, et Afrique du Sud) en 2014-2015, y compris parleurs contributions de plus de 15 millions de dollars sur lesdix dernières années – principalement du Brésil, de l’Inde et de l’Afrique du Sud, mais incluant également descontributions de l’Algérie, du Panama, de la Fédération des syndicats de toute la Chine (ACFTU) et d’autres. Parmi les principaux résultats enregistrés au cours de la période, on peut citer: 
  • l’organisation de la première exposition régionale sur le développement Sud-Sud des Etats Arabes, à Doha en février 2014. Son but était d’assurer le partage des connaissances sur les éléments permettant de garantir la promotion réussie du travail décent pour les hommes et les femmes, de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables et de la sécurité de l’approvisionnement en eau. L’exposition a joué un rôle majeur pour soutenir les acteurs du développement et la mise en oeuvre de politiques d’emploi des jeunes efficaces; 
  • l’organisation d’un forum de solutions par l’OIT lors de l’exposition des Nations Unies sur le développement Sud-Sud, en novembre 2014 à Washington, D.C., qui a permis le partage des meilleures pratiques en matière de CSST. Le forum a abordé les questions de la protection sociale, de l’économie sociale et solidaire, de la lutte contre le travail des enfants, du dialogue social, et de la coopération entre États fragiles; ƒƒ le lancement, en 2014 par l’OIT d’un guide pratique sur la coopération Sud-Sud et triangulaire et le travail décent destiné aux spécialistes (au sein de la famille des Nations Unies et des partenaires tripartites) afin d’aider à la compréhension de la CSST et du travail décent;
  • la Chine est le plus important partenaire du Fonds des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud et le deuxième pays BRICS à signer un accord de partenariat pour la coopération Sud-Sud et triangulaire avec l’OIT. L’OIT a beaucoup travaillé avec la Chine sur la CSST sur la période 2014-2015, notamment sur un projet d’expansion des services de l’emploi et d’amélioration des informations sur le marché du travail au Cambodge et en RPD lao, qui a eu pour résultat une efficacité accrue du marché du travail, des liens renforcés et une meilleure circulation des informations entre les demandeurs d’emploi et les employeurs dans ces deux pays; 
  • la mise en place en mai 2015, entre le Brésil et l’OIT d’un projet Sud-Sud à grande échelle visant à promouvoir le travail décent dans les pays producteurs de coton, en Afrique et en Amérique latine; 
  • la contribution de l’OIT au troisième Forum sur le développement économique local qui s’est tenu à Turin en octobre 2015, en suggérant des solutions pour localiser l’Agenda du travail décent par le biais de la coopération Sud-Sud et de la coopération de ville à ville; ƒƒ
  • la signature entre le gouvernement algérien et l’OIT d’un accord en octobre 2015 visant à financer un programme de coopération Sud-Sud sur le dialogue social et la protection sociale, qui permettra à d’autres pays africains de bénéficier de l’expérience de l’Algérie.

Sous les projecteurs: Partenariat entre les pays IBAS et l’OIT pour les jeunes femmes et hommes en Haïti

Haïti reste un État fragile où la plupart des gens vivent encore dans une situation précaire et vulnérable. Le chômage et le sous-emploi sont des défis majeurs (40,2 pour cent dans la région métropolitaine), notamment parmi les jeunes hommes et femmes. L’économie haïtienne ne fournit pas d’opportunités adéquates aux jeunes travailleurs pour décrocher leur premier emploi ou monter leur entreprise, et ces derniers sont souvent mal préparés à saisir de telles opportunités lorsqu’elles existent.

Un partenariat Inde, Brésil, Afrique du Sud (IBAS)-OIT, a été mis en place en Haïti en 2015 afin de promouvoir l’intégration socio-économique des enfants et des jeunes vulnérables des quartiers Bel Air et Cité Soleil de Port-au-Prince. Ce programme fournit une formation professionnelle, une aide à la recherche d’emploi ainsi qu’à la création d’entreprise et une formation à la citoyenneté à des jeunes hommes et femmes (âgés de 14 à 30 ans) victimes d’exploitation. Le projet est également innovant du fait qu’il collabore avec l’ONG brésilienne Viva Rio qui dispose d’une importante expérience du renforcement de la citoyenneté dans les communautés à faibles revenus du Brésil et qui est opérationnelle en Haïti depuis 2004. Même si, au sens strict, il s’agit là d’un projet de coopération Sud-Sud, il ouvre la voie à des pratiques triangulaires: d’autres partenaires de développement tels que la Norvège ont des projets similaires.