Mesures entreprises par Djibouti pour Lutter contre le Covid-19 afin d’atténuer les Effets néfastes sur l’économie et le marché du travail

Actualité | 29 mai 2020
1. Stimuler l’économie et l’emploi

Les effets de la crise au niveau macroéconomique ont été évalués par le gouvernement avec le soutien de la BM et de la CEA. Quelques faits saillants: 1) Djibouti pourrait assister à une baisse de la croissance du PIB jusqu'à 5,5 points de pourcentage; COVID-19 affectera la croissance du PIB à travers: transports, revenus, travail, Export: la baisse de l'offre de travail pourrait coûter jusqu'à -2,4 de croissance du PIB. (le rapport est disponible). Une évaluation plus approfondie de la Banque mondiale a révélé que le verrouillage total entraînera un impact social, financier et financier catastrophique, affectant de manière disproportionnée initialement ceux qui sont employés dans le secteur informel, mais aussi ceux qui travaillent dans le secteur formel lié aux entreprises touristiques et aéroportuaires qui auront besoin soutien immédiat.

Une réponse (à côté de la réponse sanitaire mais aussi liée) est que le président a publié un décret pour lancer un fonds d'urgence et de solidarité (un milliard de DJb francs) pour servir de 1) premiers soins pour le traitement des patients et aussi l'achat de matériel médical, mais aussi 2) servent de tampon financier au profit des composantes démographiques les plus vulnérables et de celles travaillant dans le secteur privé à Djibouti.

Des mesures décisives entreprises ont été mises en œuvre pour lutter contre la propagation de la maladie tout en cherchant à atténuer ses effets pernicieux sur l’économie et le marché du travail. Le choix qui sous tend celles-ci est un choix stratégique, un choix de responsabilité qui doit garantir la stabilité macroéconomique et financière pour soutenir le secteur privé et maintenir les emplois. Mais surtout pour protéger les plus vulnérables d’entre nous, sur leurs lieux de vie et de travail. Un choix qui doit surtout garantir le substrat salarial, substantiel des travailleurs et du privé et du public. Et ainsi fonder notre riposte face à la crise Covid-19 sur la solidarité humaine, l’épine dorsale de nos valeurs et de principes de vie à Djibouti.


2. Soutenir les entreprises, les emplois et les revenus

L'intervention de Djibouti se concentre actuellement sur la satisfaction des besoins de base des populations les plus vulnérables par le biais de mécanismes de protection sociale (transferts monétaires, distribution de vivres, le PNUD aide le gouvernement à cibler les plus pauvres et les plus touchés). Le système de protection sociale de Djibouti était déjà assez inclusif et complet. La liste des populations vulnérables touchées par les inondations du ministère des Affaires sociales est également utilisée pour un ciblage plus efficace.

Au lendemain de l'adresse à la Nation de Son Excellence le Président de la République qui a appelé les Djiboutiens à "faire bloc" devant la plus grave crise sanitaire qu’ait connue notre pays depuis son indépendance, un premier décret a été émis pour réguler le marché du travail lequel a institué les mesures exceptionnelles durant la pandémie Covid-19 pour éviter la suspension du contrat dans une perspective de stabilité économique.

On peut mettre en relief dans les faits saillants suivants :
• Le choix de la stratégie qui a permis à la population solidaire d’agir de façon précoce et vigoureuse à Djibouti ville comme à l’intérieur du pays avec des mesures nécessaires prises pour contenir la propagation du Covid-19 telles que les gestes barrières, la distanciation etc….
• La constitution du comité du pilotage Covid-19
• La création d’un fonds de riposte et de solidarité
• L’appui octroyé aux plus démunis de notre population en confinement à la fois par le Ministère des Affaires Sociales et de la Solidarité et l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, la plus grande entité d’utilité publique de Djibouti.
• L’adoption d’une série de textes de loi ayant trait à la législation du travail et introduisant des mesures exceptionnelles.

3. Protéger les travailleurs sur leur lieu de travail

Le ministère du Travail, après avoir consulté l'OIT et le CR, et après avoir examiné les contributions de l'OIT sur le rôle de l'ILS dans la crise du COVID 19, a introduit un décret présidentiel (2020-63 / PR / MTRA) pour proposer des mesures exceptionnelles, demandant aux entreprises de 11 travailleurs ou plus, pour protéger leurs contrats de travail, en adoptant des mesures de travail alternatives (congés payés, télétravail, travail partiel). D'autres instructions consistent à demander aux employeurs de mettre en place des mesures sur le lieu de travail permettant aux travailleurs de se protéger adéquatement; pour limiter les réunions.

Le gouvernement a pris des mesures de soutien aux entreprises qui suivraient, ainsi que des sanctions à celles qui enfreignaient ouvertement les instructions. Ainsi a-t-il été mis en place un régime dérogatoire des relations de travail sous le sceau du président de la république le décret n°2020-063/MTRA du 23 Mars 2020 qui régit le marché du travail pendant la période de la pandémie.

Après la réponse sanitaire il fallait répondre à l’impact économique et social de la crise du covid 19. C’est dans ce cadre que le gouvernement a, entre autre, pris l’arrêté 2020-049/PR/MTRA du 29 Avril 2020 relatif aux conditions d’attribution de l’indemnité compensatrice aux salariés et de l’allocation aux entreprises durant la pandémie. Ce nouvel arrêté a pour objectif de mettre en œuvre dispositif exceptionnel d’activité partielle initié et décidé par Son Excellence le Président de la République Monsieur ISMAIL OMAR GUELLEH, est un outil au service de la politique publique de prévention des licenciements économiques qui constitue un dispositif d’aide aux entreprises qui font face à des difficultés économiques.

L’adoption du cette mesure permet aux salariés, placés en activité partielle, de recevoir de la part de leur employeur une indemnité visant à compenser la perte de rémunération du fait des heures non travaillées.

Ainsi, cette proposition permet aux salariés de percevoir une indemnité compensatrice de leurs salaires à hauteur de 70% du salaire brut. Cette indemnité est financée à hauteur de 30% de la rémunération brute du salarié placé en activité partielle par l’Etat. Les 40% restant par l’employeur afin de permettre aux entreprises d’éviter tout licenciement et de conserver leurs compétences et aux salariés de conserver leur emploi.

C’est une initiative inédite dans le monde du travail à Djibouti qui promeut l’engagement civique et responsable de nos entreprises qui bénéficieront également d’autres mesures d’accompagnement telles que le report du prélèvement des charges fiscales et sociales durant la période de la pandémie du Coivd-19.
Parmi les autres propositions du ministère du Travail, on peut citer les projets de :

• Renforcement du programme de Santé-Sécurité au Travail sans aucun doute efficace qui vise à garantir la sécurité et la santé au travail, contribution vitale à la lutte contre la pandémie,
• Renforcement du dispositif de régulation du marché de travail pour maintenir le cap sur le travail décent,
• Raffermissement de la dynamique de culture du dialogue social et de la coopération sur le lieu de travail qui est essentielle pour consolider la riposte à la crise.
• Initiation de la réflexion sur la création d’une assurance-emploi pour permettre d’offrir un soutien du revenu temporaire aux travailleurs sans emploi pendant qu'ils cherchent du travail ou qu’ils perfectionnent leurs compétences.
• Renforcement de la protection sociale
• Renforcement des mécanismes de soutien aux emplois et des TPE et PME


4. S’appuyer sur le dialogue social pour trouver des solutions

Face à l’ampleur des défis à relever, le dialogue social avec les travailleurs pour un climat social apaisé est une des conditions du succès du processus de relèvement de notre pays par rapport à cette crise. De fait, cet objectif légitime ne peut assurément se réaliser que par les efforts conjugués des pouvoirs publics et des partenaires sociaux dans une confiance sans équivoque. La riposte nationale contre cette pandémie a été proactive et a permis de mettre en œuvre tous les moyens pour préserver les activités et la pérennité des entreprises ainsi que la santé et la sécurité de ses salariés.


5. Autres mesures

Le groupe de la Banque mondiale a lancé les premières opérations de COVID 19, un soutien sanitaire d'urgence, renforçant les réponses des pays en développement, approuvant 5 millions pour Djibouti. La CEA entreprend de modéliser l'impact économique sur le continent, la région et certains pays, dont Djibouti. Sous la direction du CR, les agences des Nations Unies renforcent leur collaboration avec le gouvernement pour examiner la situation actuelle et les dynamiques d'évolution (sociale, sectorielle, économique) et fournir des conseils pertinents pour la prise de décisions politiques.


6. Résumé des actions menées par l’OIT dans ce pays

L'OIT est membre de l'UNCT, comité socio-économique chargé de soutenir le pays avec un plan de relance.

L'OIT a conseillé le MOL dans la rédaction des mesures exceptionnelles introduites pour protéger les droits des travailleurs (sur la base du biref sur ILS et COVID 19.

L'OIT travaille avec le ministère du Travail pour explorer les options politiques permettant d'atténuer l'impact du COVID19 sur le marché du travail et de faciliter une reprise forte et rapide. L'OIT aide le MOL à lancer une évaluation rapide du marché du travail pour mesurer l'impact de COVID 19 sur le marché du travail et à proposer des mesures à court, moyen et long terme, avec une consultation approfondie des parties prenantes, y compris les partenaires sociaux. Il s'agit d'un travail en cours. Les termes de référence sont rédigés et le MOL a identifié des consultants nationaux potentiels pour exécuter cette tâche (les consultants ont travaillé avec l'OIT sur la modélisation des régimes de protection sociale).

Le projet régional IGAD de l'OIT sur les migrations de main-d'œuvre (FMPT) basé à Djibouti prévoit également de soutenir une évaluation rapide de l'impact du COVID 19 sur les travailleurs migrants mais dans la région de l'IGAD (y compris Djibouti). Les TDR sont rédigés et en cours d'examen par le MIGRANT. Une fois finalisé, et avec l'accord de l'UE, principal bailleur de fonds, le projet pourrait réorienter certaines de ses activités pour répondre aux défis de COVID 19 sur les travailleurs migrants.


Résumé

A Djibouti, le Ministère du Travail qui travaille en étroite collaboration avec les partenaires sociaux, tient à jouer sa partition dans la lutte contre le cette pandémie se réjouit indéfiniment de la prise de telles initiatives protégeant les travailleurs et du privé et du public. Ces initiatives fort louables démontrent la responsabilité de l’Etat agissante et contributive et elles se fondent sur la solidarité humaine, une vertu nodale et centrale à Djibouti.

La principale centrale syndicale occupe une place centrale dans la sensibilisation de la population mais surtout les employés dans les sites de travail encore opérationnels principalement dans les ports de Djibouti.

Les employeurs sont constamment sollicités dans les consultations pour les évaluations de l’impact de la pandémie Covid-19 tant sur le plan économique que social. Ces consultations menées de manière régulière par la sous commission Economie-Finances et Solidarités émettent des recommandations qui nourrissent les décisions prises par le comité de pilotage du Covid-19.