Côte d'Ivoire : l'OIT soutient le ministère de l'emploi et de la protection sociale dans la lutte contre le travail des enfants dans les filières du cacao et de l'or

Le projet Accélérer l'action pour l'élimination du travail des enfants dans les chaînes d'approvisionnement en Afrique (ACCEL AFRICA) de l'Organisation internationale du travail (OIT) soutient le gouvernement de la Côte d'Ivoire dans le renforcement de la mise en œuvre de son système d'observation et de suivi du travail des enfants en Côte d'Ivoire (SOSTECI) dans les régions de Mbato et de Soubre.

Article | 8 décembre 2020
Le SOSTECI fonctionne comme un système national de suivi des alertes précoces, d'intervention et de prise de décision dans la lutte contre le travail des enfants et ses pires formes en Côte d'Ivoire. Il est actuellement opérationnel dans 9 départements, 17 sous-préfectures et 47 villages.

Le projet Accel Africa soutient la Direction de la lutte contre le travail des enfants (DLTE) dans le renforcement de la mise en œuvre du SOSTECI à Soubré et M'batto, deux régions ciblées par le projet en Côte d'Ivoire, et prévoit d'atteindre une couverture plus large en assurant la durabilité et la pérennité des actions du SOSTECI.

Le système de suivi SOSTECI du travail des enfants dans les communautés a été développé en 2011 et officiellement lancé en 2013 par Mme Dominique OUATTARA, Première Dame de Côte d'Ivoire et Présidente du Comité National de Suivi des Actions de Lutte contre la Traite, l'Exploitation et le Travail des Enfants (CNS) ainsi que le Ministre en charge du Travail et Président du Comité Interministériel de Lutte contre la Traite, l'Exploitation et le Travail des Enfants (CIM) et en présence des acteurs de la lutte contre le travail des enfants.

Le système SOSTECI contribuera à optimiser les opérations et les coûts du système en tirant parti, dans la mesure du possible, de la technologie, de la numérisation des opérations et des approches novatrices centrées sur les personnes", a déclaré M. Ndepo.
Il prévoit notamment l'opérationnalisation de 2 comités départementaux, 2 comités sous-préfectoraux et 36 comités de village pour lutter contre le travail des enfants, a-t-il ajouté.

En Côte d'Ivoire, le projet Accel Africa prévoit de doter le SOSTECI d'outils et de guides améliorés tout en renforçant la collaboration entre le SOSTECI et les autres mécanismes de suivi du travail des enfants.

Grâce à la collaboration avec le projet Accel Africa de l'OIT, nous espérons améliorer les outils de communication et de plaidoyer du SOSTECI pour sa promotion auprès des acteurs qui pourraient contribuer à sa durabilité", a déclaré le Dr Martin Nguettia, directeur de la DLTE et point focal de l'Alliance 8.7 en Côte d'Ivoire.

Ce soutien du projet ACCEL Africa est une contribution de l'OIT à la mise en œuvre du plan d'action national de lutte contre la traite, l'exploitation et les pires formes de travail des enfants (PAN 2019-2021) en Côte d'Ivoire, adopté par le Conseil du gouvernement de Côte d'Ivoire en 2019.

Le Plan s'est articulé autour de trois (3) axes stratégiques d'intervention qui sont les suivants : l'amélioration de l'accès des enfants aux services sociaux de base, la réduction de la vulnérabilité socio-économique des familles et des communautés, et l'amélioration du cadre institutionnel, juridique et programmatique de lutte contre le travail des enfants.

En Côte d'Ivoire, le projet soutient les activités de renforcement des capacités de 120 acteurs locaux en matière de suivi et de remédiation dans les cas de travail des enfants et la mise en place de plans d'action communautaires (PAC) pour 36 villages et communautés afin de renforcer leurs capacités à traiter par eux-mêmes les cas de travail des enfants.

Selon l'enquête nationale sur l'emploi et le travail des enfants menée avec le soutien de l'OIT en 2013, 28,2 % (un peu moins de deux millions d'enfants) des enfants âgés de 5 à 17 ans sont engagés dans des activités économiques, les secteurs les plus touchés étant l'agriculture (53,4 %) et les services (35,6 %).

Environ 20 % des enfants (âgés de 5 à 17 ans) sont impliqués dans le travail des enfants, dont les trois quarts ont moins de 14 ans.

L'enquête nationale sur les pires formes de travail des enfants (2011) menée par l'Institut national de la statistique (INS) a révélé que 73,5 % des garçons travaillent dans l'agriculture contre 35,2 % des filles. Tant les garçons que les filles sont impliqués dans des activités liées à la production de cacao, y compris le transport de grands lots de fèves.

Nous aidons la Direction de la lutte contre le travail des enfants (DLTE) à produire des données actualisées sur les enfants en situation de travail, les enfants à risque et les enfants qui travaillent dans 36 communautés villageoises, 2 sous-préfectures et 2 départements", conclut M. Ndepo.