Les journalistes peuvent jouer un rôle clé dans l'effort collectif pour éliminer le travail des enfants

Dans le cadre du projet Accel Africa Production de reportages sur le travail des enfants en Afrique, les apprenants sont introduits à un certain nombre de questions différentes, y compris les normes internationales du travail, le reportage éthique des informations liées aux enfants, ou la collecte de témoignages de sources d'information vulnérables. Ils découvrent également le contexte pertinent du travail des enfants dans les chaînes d'approvisionnement agricoles, comme dans les industries du tabac, du coton ou du cacao.

Article | 4 juin 2021
2021 est une année cruciale dans la lutte contre le travail des enfants et a été déclarée Année internationale de l’élimination du travail des enfants par les Nations unies. Elle arrive dans un contexte particulier marqué par la ratification universelle de la Convention No. 182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants et une période d’incertitude à l’échelle mondiale suite à l’onde de choc causée par la pandémie de COVID-19.

Alors que nous nous organisons en coalitions locales, régionales et globales, il est important de reconnaitre le rôle important que les journalistes peuvent jouer pour s’attaquer au fléau que représente le travail des enfants. Les journalistes peuvent informer nos sociétés sur la prévalence de l’exploitation des enfants par le travail, mettre en lumière des mauvaises pratiques et sensibiliser les opinions au sujet des mesures concrètes qui peuvent être prises pour prévenir le travail des enfants et accompagner les rescapés.

Le projet ACCEL Africa a bien compris que les professionnels des médias peuvent participer activement au combat planétaire contre le travail des enfants. Depuis le début de cette année, le projet accompagne – en collaboration avec le Centre international de formation de l’OIT – la formation de journalistes et de communicants dans six pays : Égypte, Côte d’Ivoire, Mali, Nigeria, Ouganda et Malawi. Comme ailleurs dans le monde, les professionnels des médias de ces pays ne peuvent compter que sur leurs expériences de terrain et l’apprentissage entre pairs pour développer leurs compétences journalistiques sur ces sujets. Le travail des enfants et absent des formations en journalisme et les opportunités de formation spécifiques sur le traitement médiatique du travail des enfants sont rares.

Dans le cadre de ce programme Production de reportages sur le travail des enfants en Afrique, les apprenants sont initiés aux normes internationales du travail, au traitement médiatique éthique des informations relatives aux enfants et à la collecte de témoignages auprès de sources vulnérables. Ils se familiarisent également avec la problématique du travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement dans l’agriculture, notamment dans les industries du tabac, du coton et du cacao.

Grace Khombe, journaliste au sein de Zodiak Broadcasting Station au Malawi, participe activement à la formation : « Cette formation m’a été très bénéfique et j’ai appris à définir ce qu’est le travail des enfants et ce que ça n’est pas. Je suis à présent consciente qu’un enfant devrait toujours avoir le dernier mot pour donner son consentement au sujet d’informations qui concernent sa vie. »

Alors qu’une partie importante du matériel de formation a été élaboré pour l’occasion, des contenus ont également été adaptés à partir du guide de l’OIT pour les journalistes : Reportages sur le travail forcé et le recrutement équitable. Grâce à cette boîte à outils, les journalistes bénéficient de conseils de leurs confrères sur comment appréhender les défis concrets qu’ils rencontrent lorsqu’ils couvrent l’exploitation par le travail.

Lors de l’événement de lancement de cet outil en juillet 2020, Anousheh Karvar, la présidente de l’Alliance 8.7 – la coalition mondiale pour éradiquer le travail forcé et le travail des enfants – avait souligné le rôle des médias : « le travail de l’OIT avec les médias, les écoles de journalismes et les partenaires nationaux, dans l’optique de structurer des réseaux de journalistes spécialisés et de développer une stratégie durable de formation des journalistes sur ces sujets est d’une importance cruciale. »

Alors que nous approchons de la Journée mondiale contre le travail des enfants et la Journée mondiale de l’enfant africain – respectivement le 12 et le 16 juin – nous commençons à recevoir les premiers reportages issus du programme de formation de journalistes du projet ACCEL. Nous espérons que ces travaux annoncent un effort croissant des journalistes du monde entier pour apporter une information de qualité sur cet important sujet et ainsi faire de 2021 une étape importante dans le cheminement vers l’éradication du travail des enfants.

Charles Autheman

''Il est important de reconnaitre le rôle important que les journalistes peuvent jouer pour s’attaquer au fléau que représente le travail des enfants.''
M. Charles Autheman est un consultant indépendant. Depuis dix ans, il organise et anime des ateliers de formation pour les journalistes, les syndicalistes et les professionnels de la communication. Ces activités couvrent une variété de questions liées au travail - migration de main-d'œuvre, recrutement équitable, travail forcé, travail des enfants - et ont eu lieu dans plus de 20 pays, principalement au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie du Sud. Charles a coordonné la production du premier glossaire sur la migration adapté aux médias et de la boîte à outils du BIT pour les médias sur le travail forcé et le recrutement équitable.