Contexte de lancement du projet AMEM

Documentation de projet | 13 juin 2019
Au niveau continental, la migration de main d’œuvre est devenue progressivement une priorité d’intervention de l’Union Africaine, des communautés économiques régionales mais également de la plupart des pays de la région. La nécessité de renforcer la coopération avec d’autres régions en matière de migration de main d’œuvre commence également à émerger avec l’augmentation des flux de main d’œuvre vers de nouvelles destinations et notamment les pays du Golfe.
Les pays d’Afrique du Nord sont aujourd’hui tous devenus des pays de flux mixtes, c’est-à-dire à la fois des pays d’origine avec une longue histoire des migrations, en particulier mais plus seulement vers l’Europe, mais aussi des pays de transit et de destination, avec une grande diversité de profils migratoires (travailleurs migrants, demandeurs d’asile, réfugiés, personnes déplacées par les changements climatiques, populations nomades, commerçants et travailleurs saisonniers).
Bien que ces dernières années les pays d’Afrique du Nord aient facilité la migration de leurs travailleurs vers les pays du Golfe, ils se trouvent aujourd’hui face à des défis importants pour assurer la protection de leurs travailleurs une fois à l’étranger. Renforcer le dialogue entre pays d’origine et échanger les bonnes pratiques ou expériences acquises dans la gestion et la protection des travailleurs migrants a été l'un des objectifs principaux de la Rencontre tripartite de Hammamet organisée en 2016 dans le cadre d’un projet antérieur du BIT, le projet IRAM (financé par la coopération suisse – SDC). Cette rencontre a donné naissance à une Déclaration et un programme d’action conjoint pour renforcer la protection des travailleurs migrants. Il est également essentiel d’appuyer le développement d’une coopération interrégionale visant pour sensibiliser davantage les parties prenantes sur les questions de migration, et pour mieux réguler et gérer la migration de travail en tant qu'outil de développement. Le dialogue et la coopération entre les pays d'Afrique du Nord et l'Europe sur les questions migratoires sont essentiels, par conséquent, des synergies et complémentarités avec le projet Euromed Migration III seront encouragées dans le cadre de ce projet.
Le projet renforcera la dynamique de coopération qui a été initiée dans le cadre du projet IRAM qui portait sur le Maroc, la Tunisie et l’Egypte, et l’élargira à d’autres pays d’Afrique du Nord dont la Mauritanie. Cette coopération sera renforcée pour consolider les efforts fournis notamment dans le domaine de l’élargissement des connaissances sur les flux migratoires dans la sous-région. L’accent sera mis également sur le suivi de la « Déclaration de Hammamet et du programme d’action » initié par les trois pays susmentionnés, notamment sur la question de la de protection sociale des travailleurs migrants identifiée comme priorité absolue par les pays concernés.
Au Maroc, en Mauritanie, en Tunisie et en Libye, la migration soulève un certain nombre de défis de développement et de gouvernance. Ce projet vise à relever certains de ces défis et à renforcer le potentiel de développement de la migration des travailleurs dans ces pays, notamment en encourageant le rapprochement entre politiques de l’emploi, particulièrement des jeunes, et politiques migratoires.