L’Alliance 8.7 se mobilise pour lutter contre le travail forcé et le travail des enfants.

L’Alliance 8.7 définit ses priorités 2020-2021 pour accélérer les actions en faveur de l’élimination du travail forcé et du travail des enfants dans les chaines d’approvisionnement.

Communiqué de presse | 15 mai 2019
ABIDJAN (Nouvelles du BIT)– La 2ème conférence mondiale du groupe d’action de l’Alliance 8.7 sur les chaînes d’approvisionnement qui s’est ouverte ce 14 Mai à Abidjan a exhorté les pays membres de ce partenariat mondial à accentuer les efforts pour l’élimination du travail forcé, de l’esclavage moderne, de la traite des êtres humains et du travail des enfants.

Cette réunion de haut niveau a mis en lumière les progrès accomplis jusqu’à présent et les défis à venir. Elle a également été l’occasion de lancer le projet ACCEL AFRICA, qui s’appliquera à éliminer le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement de l’industrie cacaoyère.

De nombreuses personnalités, dont la Première Dame de Côte d’Ivoire Mme Dominique Ouattara et la Directrice régionale Afrique du Bureau international du travail (BIT), Mme Cynthia Samuel-Olonjuwon, ont encouragé les participants à agir de manière proactive pour atteindre la cible 8.7 des ODDS.

C’est également le sens de l’appel lancé par la Première Dame de Côte d’Ivoire, Mme Dominique Ouattara qui, lors du lancement, a encouragé la centaine de participants à prendre note des progrès réalisés depuis la création de l’Alliance pour  capitaliser sur ces acquis.

«Cette conférence devrait permettre de mieux planifier et d’accélérer nos actions futures en faveur de l’éradication du travail forcé, de l’esclavage moderne, de la traite des êtres humains et du travail des enfants, particulièrement dans les chaines d’approvisionnement. Car c’est en partageant nos expériences et nos bonnes pratiques, et en fédérant nos efforts à travers un solide réseau d’acteurs clés, que nous parviendrons à faire avancer la lutte», a déclaré Mme Dominique Ouattara, également Présidente du Comité ivoirien de lutte contre la traite, l'exploitation et le travail des enfants.

Pour davantage insister sur le besoin d’une réponse mondiale et singulièrement africaine plus accrue face au travail forcé et au travail des enfants, la Directrice régionale Afrique du Bureau international du travail (BIT), Cynthia Samuel-Olonjuwon, est revenue, pour sa part, sur l’acuité de ces fléaux au niveau global et africain en particulier.
 
«En 2016, le monde comptait 152 millions d'enfants astreints au travail des enfants dont près 72 millions en Afrique et plus de 3,5 millions de personnes victimes du travail forcé, de l’esclavage moderne, de la traite des êtres humains en Afrique», a-t-elle  rappelé , avant de plaider auprès de tous les protagonistes des chaines d’approvisionnement de veiller à ce qu’aucun enfant ni aucune personne en situation de travail forcé n’y travaille. «Pour y parvenir, une plus grande collaboration entre les structures gouvernementales, le secteur privé, les syndicats, les autres acteurs du développement et partenaires s’avère urgente pour une action coordonnée et plus efficace», a-t-elle souligné.
 
Fort de cet appel à plus de synergie, le Gouvernement ivoirien, par la voix de son Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, Pascal Abinan Kouakou, a rappelé les actions prioritaires entreprises dans la lutte contre le travail des enfants et a insisté sur la volonté des autorités ivoiriennes de s’impliquer davantage dans cette riposte. A ce jour, 15 pays ont exprimé leur intérêt à devenir des pays pionniers de l’Alliance et 8 pays ont tenu des réunions stratégiques à ce sujet.

Un projet sous régional pour renforcer les synergies

L’ouverture de cette consultation mondiale a été également l’occasion pour l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui assure le secrétariat exécutif de l’Alliance 8.7, de marquer davantage son engagement à agir sans délai pour éliminer le travail forcé dans certaines chaînes d’approvisionnement d’Afrique, à travers le lancement officiel de son projet sous régional « ACCEL AFRICA » qui durera jusqu’en 2022.

Ce nouveau projet, qui couvre 6 pays africains, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Malawi, le Mali, le Nigéria et l’Ouganda, bénéficie du soutien financier du Gouvernement des Pays-Bas. «En tant que grand pays importateur de cacao, les Pays-Bas ont la responsabilité de s’assurer que les chaines d’approvisionnement soient libérées du travail forcé et du travail des enfants et que la production cacaoyère soit conforme tout au long de la chaine de valeurs», a expliqué l’Ambassadeur hollandais en Côte d’Ivoire, Robert Van Den Dool.

Peter Van Rooij, Directeur régional adjoint Afrique du BIT, a souligné qu’ACCEL Africa comporte une composante importante en matière de partage de connaissances et de partenariats, dans la droite ligne des objectifs de l’Alliance de partage de bonnes pratiques.

Après la consultation sous régionale pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest organisée en septembre 2016 à Abidjan par l’Alliance 8.7, cette réunion sur les chaines d’approvisionnement est la deuxième consultation d’envergure mondiale qu’abrite la capitale ivoirienne. Près de 130 représentants des partenaires sociaux  de plus de 20 pays, ainsi que des représentants d’institutions régionales et sous régionales du secteur privé, de la société civile, et des Nations Unies y ont pris part pour faire le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan de travail du groupe d’action  pour 2018-2019 et fixer des priorités communes pour 2020-2021.