Lancement d’un nouveau rapport sur les statistiques de la migration de main-d'œuvre en Afrique

Article | 18 novembre 2020
Les migrations internationales en Afrique comprenaient 25,4 millions de migrants avec 14,4 millions de travailleurs migrants en 2017 (dernière année du rapport national). Il est évident que la migration reste un phénomène complexe et dynamique, mais elle joue également un rôle vital dans le développement socio-économique du continent si elle est bien gérée.

Les migrants contribuent notamment à l'augmentation du PIB, comblent les lacunes en matière de main-d'œuvre et de compétences vitales dans les pays de destination, tout en augmentant le volume des transferts de fonds reçus dans les pays d'origine.

C'est pour cette raison que la Commission de l'Union Africaine, les chefs d'État et de gouvernement ainsi que les partenaires du développement poursuivent leurs efforts et leurs appels afin que les pays africains accroissent la disponibilité de données fiables, de haute qualité et actuelles sur la migration de la main-d'œuvre, ventilées par sexe, âge, activités socio-économiques, statut migratoire et autres indicateurs clés pour l'élaboration de politiques migratoires éclairées.

Consciente de ces réalités et de ces défis sur le continent, l'Union Africaine a adopté deux instruments politiques pour régir la migration. Il s'agit du cadre de politique migratoire pour l’Afrique révisé et du plan d'action (2018-2030) et du programme conjoint CUA/OIM/OIT/CEA sur la gouvernance de la migration de main-d'œuvre pour le développement et l'intégration, connu sous le nom de JLMP.

Le JLMP est conçu comme une intervention régionale stratégique visant à tirer parti de la migration pour le développement. Il s'efforce également de réaliser les dimensions clés du programme concernant la protection des droits des travailleurs migrants, notamment la portabilité des compétences, la portabilité des prestations de sécurité sociale, les pratiques de recrutement équitables, etc. Ces deux cadres plaident en faveur de données fiables, vérifiables et actualisées sur toutes les formes de migration en Afrique.

Pour combler les lacunes de données identifiées dans la première édition du rapport sur les statistiques de la migration de main-d'œuvre en Afrique, le JLMP a mis en place des programmes de renforcement des capacités pour améliorer la production de données sur la migration de main-d'œuvre sur le continent en organisant des ateliers et des formations au niveau régional et continental pour renforcer et soutenir les États membres dans la collecte, l'analyse et la diffusion de statistiques sur la migration de main-d'œuvre. C'est grâce à la mise en œuvre de ces activités dans le cadre du JLMP que la production des première et deuxième éditions du rapport sur les statistiques de la migration de main-d'œuvre a été réalisée.

La deuxième édition du rapport sur les statistiques de la migration de main-d'œuvre en Afrique est en effet une étape importante, de nombreux pays du continent reconnaissant la nécessité de disposer de données sur la migration de main-d'œuvre.

Ce deuxième rapport constate une augmentation nette de la population en âge de travailler en Afrique : en 2017, elle était estimée à 662,5 millions, contre 509,5 millions en 2008, ce qui représente une augmentation de 30,04 %. En 2017, le nombre de femmes en âge de travailler, soit 335,6 millions, était légèrement supérieur à celui des hommes en âge de travailler, soit 329,6 millions. Cependant, la population active totale de 433,8 millions en 2017 compte plus d'hommes (245,5 millions) que de femmes (188,4 millions).

Il est clair que des efforts supplémentaires doivent être entrepris pour atteindre la parité entre les sexes, en particulier pour faire en sorte que davantage de femmes participent au travail productif, notamment en comptant les femmes participant au travail de production à usage propre (c'est-à-dire les activités à domicile, l'entreprise familiale et les soins) comme une autre forme de participation au travail productif.

Pour en savoir plus ou pour lire le rapport complet, cliquez ici.