« 100 ANS – 100 VIES » | CAMEROUN - “L’argent que j’ai gagné grâce à mon travail pour construire la route est un vrai rayon de soleil”

A la demande du ministère camerounais des Travaux publics, l’OIT a fourni une assistance technique à la mise en place d’un projet tourné vers l’emploi des jeunes à l’occasion de la construction d’une route entre Kumba et Mamfe.

Reportage | Cameroun |
YAOUNDE – Le nouvel axe routier entre Kumba et Mamfe avait pour but de faciliter l’accès aux régions du sud-est du pays, permettant l’amélioration des conditions de vie des populations ainsi que la promotion du développement économique du secteur.

Le projet s’est déroulé entre juin 2014 et avril 2017. Il était tourné vers la création d’emplois pour les jeunes dans les régions rurales à travers une approche d’investissements à haute intensité de main d’œuvre. Il s’agit d’une technologie permettant de manière optimale de combiner les ressources locales et les moyens techniques nécessaires pour construire des routes d’une qualité identique à celles construites avec des équipements traditionnels.

Les bénéficiaires directs de ce projet étaient des jeunes vivant sur place âgés de 15 à 35 ans, ainsi que des membres des comités de maintenance routière en milieu rural, des fonctionnaires locaux et des opérateurs économiques du secteur.

Alice Ewanga a fait partie de ces bénéficiaires. Cette jeune veuve élève toute seule ses enfants depuis la mort de son mari. La technique de construction à forte intensité de main d’œuvre utilisée pour la route Kumba-Mamfe lui a permis elle aussi de trouver un travail sur le chantier et ainsi d’avoir un impact positif sur sa vie.

« L’argent que j’ai gagné pendant mon contrat de 10 mois a été un rayon de soleil pour moi et mes enfants”, explique-t-elle.

D’ouvrière à cheffe d’équipe

Mme Ewanga est même parvenue à passer du statut de simple ouvrière à cheffe d’équipe du comité routier rural, ce qui lui a permis d’améliorer encore ses conditions de vie et de pouvoir payer les frais de scolarité de l’un de ses enfants.

« J’encourage fortement les autres femmes à s’impliquer dans des programmes de haute intensité de main d’œuvre car il ne s’agit pas d’un travail uniquement réservé aux hommes », souligne-t-elle.

Une centaine de jeunes, dont 21 pour cent de femmes, ont bénéficié de la formation en techniques de construction. Environ dix pour cent d’entre eux ont été directement embauchés par la société mandatée pour la construction de la route principale.

Des résultats significatifs

Un des autres objectifs de l’assistance technique fournie par l’OIT était de faire que cette approche à haute intensité de main d’œuvre soit adoptée comme une alternative technologique crédible pour l’exécution de travaux de construction et de voir cette dernière soutenue par les décideurs politiques, les autorités locales et le secteur privé.

Par ailleurs, le projet voulait également améliorer les capacités des jeunes à pouvoir trouver des emplois décents dans le secteur du BTP.

Les résultats ont été très significatifs : au moins 68 emplois directs et 93 emplois indirects ont été créés ; 386 personnes ont participé au programme (298 hommes et 88 femmes) et, en plus, les populations disposent désormais d’une belle route de 5 km de long qui a également amélioré leur qualité de vie.

Enfin, les diverses formations qui ont été prodiguées ont clairement contribué à l’amélioration du savoir-faire des stagiaires en facilitant leur accès potentiel à un emploi et leur capacité à superviser un projet de maintenance de routes en milieu rural.

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