« 100 ANS – 100 VIES » | RD CONGO - “Après tout ce que j’ai vécu, il faut redonner de l’espoir à la population et aux victimes des conflits armés”

Grâce à une formation à l’entreprenariat mise en place par l’OIT, cet ex-combattant congolais démobilisé a pu retourner à la vie civile.

Reportage | République Démocratique du Congo |
KINSHASA - L’histoire de Dingson Mbusa Malambo n’a rien d’exceptionnelle. En effet, elle se conjugue avec les situations de conflits qu’a connues la République démocratique du Congo (RDC) dans son histoire récente.

Il est l’un de ces ex-combattants démobilisés qui tentent aujourd’hui de se construire un nouvel avenir en retournant à la vie civile après des années passées à tenir les armes.

Le jeune homme âgé de 35 ans est l’un des bénéficiaires d’un projet de formation par l’OIT des ex-combattants démobilisés en entrepreneuriat et gestion associative dans les centres de préparation à la réintégration (CPR) de Kitona et Kamina.

Marié et père de deux enfants – un garçon de 5 ans et une fille de 3 ans – Dingson Mbusa a commencé dans la vie avec un parcours professionnel classique puisqu’il avait entrepris une carrière d’enseignant à l’institut pédagogique Kyatenga dans la cité de Kayina, à l’Est du pays.

Pourtant, sa vie a basculé à l’âge de 24 ans lorsqu’il fut enrôlé de force par un groupe armé de rebelles.

Contraint de prendre les armes

L’enseignant apprend alors les rudiments de la guerre. L’ultimatum du groupe rebelle était simple : soit il combattait pour eux, soit c’était la mort.

«J’ai accepté simplement pour sauver ma vie », se souvient-il.

En janvier 2008, la RDC initia, avec le soutien de la communauté internationale, le programme AMANI qui avait pour mission de faire cesser les hostilités, faciliter le désengagement sur les lignes de front, permettre l’intégration des éléments armés et rétablir l’autorité de l’Etat afin de permettre le retour des déplacés internes et autres réfugiés dans leurs localités d’origine.

Mais le processus prit du temps et ce n’est que lors du lancement d’un deuxième programme AMANI LEO, que Dingson Mbusa put enfin être démobilisé et intégrer la formation entrepreneuriale mise en place par l’OIT. Il était temps car sa santé commençait à se dégrader.

Retour à la vie civile

«Quelques personnes que je connaissais m’ont parlé des formations mises en place à Kitona. C’est alors que je me suis rendu compte que je pouvais améliorer mes connaissances pour changer aussi ma vie. Ainsi, j’ai participé à une première séquence du programme, dispensée par la délégation de la Banque mondiale. Puis j’ai enchaîné avec le programme sur l’entreprenariat de l’OIT. J’ai ainsi pu acquérir de nouvelles compétences pour me donner les meilleures chances de réussir mon retour à la vie civile », explique-t-il.

«Par exemple, ce programme m’a appris des nouvelles techniques de travail, connaitre l’entreprise, comment la gérer pour sa réussite. La formation était dispensée par des formateurs venus de Lubumbashi», poursuit-il.

Dingson Mbusa a rapidement mis en pratique les connaissances qu’il a acquises. Conscient de toutes les violences qui ont marqué sa vie et souhaitant s’engager pour la paix, il a créé une petite ONG qui a pour but de contribuer à un programme d’aide sociale et humanitaire.

« Après tout ce que j’ai vécu, il était important de redonner l’espoir à la population et aux victimes des conflits armés », explique-t-il. Désormais, Dingson Mbusa veut être un ambassadeur de paix chez lui, pour faire comprendre à ses compatriotes les méfaits de la guerre.

Aider à la transition de la guerre à la paix

« Le recrutement forcé de jeunes au sein de groupes armés constitue un véritable fléau non seulement en matière de sécurité mais aussi du point de vue économique car, lorsqu’ils sont démobilisés, ces jeunes se retrouvent sans ressources et ont besoin d’un soutien pour tenter de reprendre une vie civile normale », explique Aminata Maiga, du bureau de l’OIT à Kinshasa.

« C’est pourquoi le Gouvernement a signé avec l’OIT un protocole d’accord pour la formation entrepreneuriale et gestion coopérative de 4.800 femmes et hommes démobilisés en processus de réintégration socioéconomique des centres de préparation à la réintégration de Kitona et Kamina », ajoute-t-elle.

Ce programme s’inscrit également dans les efforts globaux de l’OIT pour aider les pays en conflit à faciliter la transition vers la paix.

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