Selon le rapport, les statistiques disponibles indiquent que le taux d’inactivité de la main-d’œuvre handicapée tend à être plus élevé que celui des autres travailleurs. Par exemple, 40 pour cent des personnes handicapées en âge de travailler avaient un travail dans l’UE en 2003, comparés aux 64,2 pour cent des personnes valides. Qui plus est, 52 pour cent des personnes handicapées en âge de travailler dans l’UE sont économiquement inactives, comparés aux 28 pour cent chez les personnes valides.
Les personnes handicapées, et en particulier les femmes, sont généralement très désavantagées sur le marché du travail. Elles ont plus souvent tendance à être inactives, surreprésentées parmi les chômeurs, et à avoir des revenus bien inférieurs à ceux des personnes valides. Leur expérience précoce de la vie d’adulte s’accompagne souvent de frustration, de déception et réduit leur confiance dans les forces qu’elles apportent sur le marché du travail parce que leurs ambitions de carrière ne se sont tout simplement pas traduites en emploi.
Le rapport mondial met aussi en lumière les très nombreux autres défis auxquels sont confrontées les personnes handicapées dans le monde du travail. Les travailleurs handicapés sont généralement cantonnés à des emplois peu qualifiés, mal rémunérés et ne sont pas justement représentés à des niveaux hiérarchiques plus élevés. Les problèmes d’accès à l’environnement physique, y compris le transport, le logement et les lieux de travail, le risque de perdre ses indemnités en commençant à travailler, couplés avec des préjugés toujours vivaces chez de nombreux employeurs, collègues et dans le grand public aggravent une situation déjà difficile.
Progrès majeur parmi ceux qui ont été accomplis au cours des deux dernières décennies, la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2006. Elle offre une plate-forme pour permettre à toutes les parties prenantes d’avancer ensemble en garantissant que les personnes handicapées jouissent des droits de l’homme au même titre que les autres. Les principes de cette nouvelle convention des Nations Unies sont en ligne avec les normes pertinentes de l’OIT, y compris la convention (n°159) sur la réadaptation professionnelle et l’emploi des personnes handicapées, 1983, qui a été ratifiée par 80 pays.
Le rapport conclut que les personnes handicapées représentent un vaste groupe au potentiel souvent inexploité et font de bons employés, fiables, plus susceptibles de conserver leur emploi.
L’OIT a organisé une conférence à son siège de Genève sur le thème «Un travail décent pour les personnes handicapées» dans le cadre d’une série d’événements mondiaux visant à promouvoir une meilleure compréhension des questions de handicap et à mobiliser du soutien pour la dignité, les droits et le bien-être des personnes handicapées. Au même moment, d’autres événements marquant cette journée ont été organisés partout dans le monde.
Pour plus d’informations, consultez www.ilo.org/skills