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293e session du Conseil d'administration Election d'un nouveau Président, adoption du rapport du Comité de la liberté syndicale du BIT

Le Conseil d'administration du BIT ( Note 1) a élu à sa présidence Carlos A. Tomada, ministre argentin du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, pour l'année 2005-06. Différentes autres questions étaient inscrites à l'ordre du jour de sa 293e session, parmi lesquelles l'examen du rapport du Comité de la liberté syndicale.

Type Article
Date de parution 2005
Auteur DCOMM
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

M. Tomada, juriste doté d'une longue expérience des relations du travail et de la négociation collective, exerce ses fonctions actuelles en Argentine depuis mai 2003. Sir Leroy Trotman, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Barbade et porte-parole du groupe des travailleurs au Conseil d'administration a été réélu à la vice-présidence de ce groupe. Daniel Funes de Rioja, président du département de la politique sociale du Syndicat argentin de l'industrie et président du groupe des employeurs de l'Organisation des Etats américains de 1995 à 1998, a été réélu à la vice-présidence du groupe des employeurs.

Liberté syndicale

Le Conseil d'administration a adopté le 337e rapport du Comité de la liberté syndicale du BIT. Lors de la session qu'il a tenue au cours des mois de mai et de juin, le Comité a examiné 35 cas. Il est actuellement saisi de 120 cas en tout.

Le Comité a attiré plus particulièrement l'attention sur les cas de violation de la liberté syndicale au Cambodge, en Colombie, dans la République islamique d'Iran, au Myanmar et au Zimbabwe.

En ce qui concerne le Cambodge, le Comité a estimé que les assassinats, à quatre mois d'intervalle, de deux dirigeants syndicaux, Chea Vichea et Ros Sovannareth, étaient extrêmement préoccupants. Il regrette profondément que le Cambodge n'ait fourni que des informations partielles à propos du meurtre de Chea Vichea et qu'il n'ait présenté aucun rapport détaillé sur les mesures adoptées pour déterminer les responsabilités dans le meurtre de Ros Sovannareth. Le Comité a exhorté le gouvernement du Cambodge à ouvrir, sans plus attendre, des enquêtes indépendantes afin d'identifier non seulement les auteurs mais aussi les instigateurs de ces crimes, et de punir les responsables.

A propos du cas concernant la Colombie, qui est examiné depuis 1995, le Comité déplore le climat d'impunité qui entoure les nombreux meurtres et actes de violence commis à l'encontre des dirigeants syndicaux. Il estime que l'impunité alimente inévitablement le climat de violence qui imprègne tous les secteurs de la société et favorise l'anéantissement du mouvement syndical.

Le Comité a prié le gouvernement de prendre d'urgence les mesures nécessaires pour assurer la poursuite des enquêtes déjà commencées et pour mettre un terme à l'intolérable situation d'impunité. Donnant suite à une requête du Comité, le gouvernement de la Colombie a invité le Président du Comité à se rendre dans le pays pour rencontrer toutes les parties concernées.

Le Comité a par ailleurs adopté des conclusions provisoires sur le cas de la République islamique d'Iran où, à deux reprises, des heurts avec les forces de sécurité ont abouti à l'arrestation et au procès de dirigeants syndicaux. Il a demandé au gouvernement, d'une part, de veiller à ce que toutes les charges retenues contre les organisateurs et les participants de la Marche de la Journée du travail soient immédiatement retirées, et, d'autre part, de lui faire connaître les chefs d'accusation.

Le Comité a poursuivi l'examen du cas du Myanmar concernant l'absence d'un cadre législatif réglementant l'exercice de la liberté syndicale, l'absence totale d'organisations reconnues de travailleurs ainsi que l'arrestation et le placement en détention de syndicalistes et de travailleurs qui ont formulé des revendications sociales. Le Comité a exhorté le gouvernement du Myanmar à adopter de véritables mesures en vue d'assurer dans les meilleurs délais le respect de la liberté syndicale en droit et en pratique, et lui a rappelé qu'il pouvait bénéficier pour ce faire de l'assistance technique du Bureau international du Travail.

Le Comité s'est à nouveau penché sur le cas du Zimbabwe, dont le dossier fait notamment état d'allégations d'arrestations et de détentions arbitraires, de pression sur les syndicats, de harcèlement et de licenciements de militants qui exerçaient légitimement leurs activités syndicales. Se référant à l'expulsion d'une mission de syndicalistes en visite dans le pays, le Comité a estimé tout à fait légitime qu'une organisation syndicale cherche conseil et appui auprès d'autres mouvements syndicaux bien implantés dans la région pour défendre ou développer les organisations syndicales nationales. Le Comité a demandé au gouvernement de bien vouloir permettre, à l'avenir, pareilles missions d'entraide et relevé avec une profonde préoccupation que la situation des syndicats au Zimbabwe ne connaissait aucune évolution et avait peut être même empiré.

Le nouveau Président du Conseil d'administration: "L'Emploi est le moteur du développement"

Le nouveau Président du Conseil d'administration, Carlos A. Tomada, a déclaré que l'emploi devait être considéré comme un élément important de la stabilité démocratique et de la lutte contre la pauvreté. Lors d'un entretien accordé au magazine Travail, M. Tomada a déclaré que le lien entre emploi, démocratie et pauvreté constituera le thème principal du prochain Sommet des Amériques, qui aura lieu en novembre dans la ville de Mar del Plata en Argentine.

"La croissance économique, la répartition des revenus et la cohésion sociale sont possibles grâce au travail décent", a déclaré M. Tomada lorsqu'il a été élu Président de la session de 2005-06 du Conseil d'administration. Le ministre argentin de l'Emploi et de la Sécurité sociale a déclaré que l'un des objectifs de son mandat à la tête de l'organe exécutif du BIT serait de "déployer tous les efforts possibles pour placer l'emploi décent au cœur de l'agenda de tous les pays".

Il a insisté sur le fait que "l'emploi est le moteur du développement et devrait être considéré comme l'un des piliers de la croissance économique".

Le ministre a déclaré que la nécessité de créer davantage d'emplois et des emplois de meilleure qualité avait souvent été au centre des politiques des pays latino-américains au cours de ces dernières années. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Quatrième Sommet des Amériques sera consacré à la création d'emplois pour combattre la pauvreté et renforcer la gouvernance démocratique.

Ce Sommet, qui se tiendra les 4 et 5 novembre dans la ville balnéaire de Mar del Plata, rassemblera des dirigeants politiques d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud et des Caraïbes. Selon le ministre, beaucoup de pays de la région ont déjà des taux élevés d'exclusion sociale et d'appauvrissement et ce n'est qu'en apportant une solution à ces problèmes "que nous parviendrons à installer durablement la démocratie". (Pour un compte rendu détaillé des vues exprimées par le nouveau Président, voir l'article publié à l'adresse www.ilo.org, juillet 2005.)


Note 1: Le Conseil d'administration est l'organe exécutif du BIT. Il se réunit trois fois par an, à Genève. Il prend des décisions concernant la politique du BIT et adopte le programme et budget des 178 Etats membres de l'Organisation.

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