Népal
Le comité attire spécialement l'attention sur le cas du Népal concernant l'arrestation et le placement en détention de syndicalistes, le non-respect du droit de grève des travailleurs de divers services et la restriction du droit des travailleurs de manifester pacifiquement et de déployer des banderoles.
Il prie le gouvernement de prendre rapidement les mesures nécessaires pour modifier la loi sur les services essentiels en limitant le pouvoir d'interdire les grèves, prévu par cette loi, aux seuls services essentiels au sens strict du terme. S'agissant de l'interdiction de tout attroupement de plus de cinq personnes, le comité note que le gouvernement a déclaré avoir abrogé la décision en question, mais rappelle que les travailleurs doivent avoir le droit de se réunir et de manifester pacifiquement pour défendre leurs intérêts professionnels.
A propos d'allégations faisant état d'une intervention violente lors d'une manifestation ainsi que de l'arrestation et de la mise en détention de syndicalistes, le comité prie le gouvernement de faire en sorte que les autorités n'aient recours à la force que dans des situations où l'ordre public est sérieusement menacé et rappelle qu'une telle intervention doit être proportionnée au danger qu'elle est censée maîtriser.
Le comité attire également l'attention du Conseil d'administration sur des cas concernant le Guatemala, le Venezuela et le Zimbabwe.
Guatemala
En ce qui concerne le Guatemala, le comité a examiné de graves allégations de violence antisyndicale et de licenciement de dirigeants syndicaux, suivi par le refus des employeurs de se plier aux décisions de justice ordonnant la réintégration des travailleurs licenciés et de retards indus dans la procédure. Il met l'accent sur la gravité des allégations relatives aux agressions, menaces de mort et actes d'intimidation à l'encontre de syndicalistes ainsi qu'à la destruction du siège d'un syndicat.
Le comité demande instamment au gouvernement de soumettre d'urgence ces cas à l'entité spéciale du ministère public chargée des délits commis contre des syndicalistes et de faire procéder immédiatement à des enquêtes.
En ce qui concerne le licenciement de syndicalistes, le comité constate d'une manière générale, que les décisions de justice ordonnant la réintégration de syndicalistes licenciés sont fréquemment ignorées et que les procédures durent souvent des années. Il demande au gouvernement de réviser les règles régissant la protection des droits syndicaux, qui sont prévues par la loi.
Venezuela
Dans le cas du Venezuela, le comité était saisi d'allégations d'ingérence des pouvoirs publics dans des élections syndicales. Il rappelle qu'il a déjà formulé des objections contre les prérogatives attribuées par la Constitution et par la loi au Conseil national électoral, en vertu desquelles celui-ci peut organiser, superviser et annuler des élections syndicales.
Il prie le gouvernement de veiller à ce que dorénavant les pouvoirs publics ne s'ingèrent pas dans les élections syndicales, rappelant que l'organisation des élections relève exclusivement des organisations concernées et que seule une autorité judiciaire indépendante doit avoir le pouvoir de les annuler.
Zimbabwe
Le comité a également examiné deux cas concernant le Zimbabwe, qui sont tous deux liés à des allégations de licenciement de dirigeants syndicaux. Il prie le gouvernement de faire procéder à des enquêtes indépendantes sur ces allégations et, s'il s'avère que ces personnes ont été licenciées pour des raisons antisyndicales, de veiller à ce qu'elles soient rapidement réintégrées dans leur poste ou à un poste équivalent sans perte de salaire et d'avantages sociaux.
Dans un autre cas concernant des allégations d'arrestation arbitraire avec placement en détention ainsi que d'intimidation antisyndicale et de harcèlement, le comité prie instamment le gouvernement de cesser de recourir à de telles pratiques. Déplorant le climat d'intimidation et de crainte, qui empêche le déroulement normal des activités syndicales, le comité se déclare extrêmement préoccupé par la situation particulièrement alarmante dans laquelle se trouve le mouvement syndical au Zimbabwe, attestée par le nombre de cas similaires qui ont récemment été portés à son attention.