BANGKOK - C'est une analyse en demi-teinte que l'OIT a présentée de la situation actuelle et future de l'emploi dans le secteur du tourisme de l'Asie et du Pacifique. D'un côté, elle fait état de la disparition de trois millions d'emplois dans le tourisme - et de douze millions supplémentaires dans les branches qui en dépendent - depuis 2001. Et de l'autre, elle se dit plutôt optimiste, considérant que le pire est sans doute passé sauf événements imprévus.
Une étude antérieure, intitulée New Threats to Employment in the Travel and Tourism Industry - 2003 avait montré que le SRAS, associé aux problèmes économiques et sécuritaires, menaçait de faire disparaître cinq millions d'emplois dans le secteur mondial du tourisme en 2003, en plus des 6,5 millions déjà supprimés en raison de la crise économique de 2001-02. Les rapports plus récents présentés à la réunion de Bangkok indiquent que malgré le redressement rapide de l'industrie du tourisme dans de vastes régions de l'Asie et du Pacifique, l'exercice 2003 se terminera probablement sans croissance notable de l'emploi. Néanmoins, la situation pourrait s'améliorer en 2004 grâce à une reprise attendue du tourisme dans certaines régions durement frappées par la baisse des arrivées enregistrée en 2002 et 2003.
Les participants à la réunion tripartite de l'OIT ont envisagé des moyens de permettre à l'industrie du tourisme et des voyages de créer des emplois et de les conserver, en offrant des conditions de travail conformes à l'agenda de l'OIT pour le travail décent, ainsi que d'améliorer ses politiques et pratiques de valorisation des ressources humaines dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, notamment pour se prémunir contre toute nouvelle crise.
Dans leurs conclusions, ils ont fait observer que le secteur du tourisme serait moins sensible aux crises s'il diversifiait ses produits et ses marchés. Le développement de l'écotourisme, du tourisme rural, des arrière-pays et d'autres produits saisonniers devrait être encouragé pour conserver les emplois existants et en créer d'autres ainsi que pour favoriser l'essor non seulement des grandes mais aussi des petites et moyennes entreprises.
Les délégués ont aussi attiré l'attention sur le fait que les travailleurs avaient besoin d'une meilleure formation pour être compétents et améliorer leur position ou changer d'emploi au sein de l'industrie. A ce propos, ils ont ajouté que la mobilité professionnelle constituait un avantage aussi bien pour les travailleurs que pour les employeurs.
Bien que la réapparition du SRAS en 2004 ne puisse être exclue, la Banque asiatique de développement (BAsD) a indiqué, dans un rapport séparé, que ses effets seraient moins graves, les gouvernements étant dans l'ensemble mieux préparés à y faire face.
Le texte intégral des conclusions de la Réunion régionale tripartite de l'OIT sur l'emploi dans le tourisme peut être téléchargé à l'adresse: www.ilo.org
Note 1: Australie, Cambodge, République populaire de Chine, Fidji, Inde, Indonésie, Iran, Japon, Malaisie, Népal, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Philippines, République de Corée, Sri Lanka, Thaïlande et Viet Nam.