TOKYO - Plusieurs dizaines de milliers de femmes seraient introduites clandestinement au Japon chaque année. Linformation étant lun des moyens dempêcher un tel trafic, cest pour faire mieux connaître le problème que le bureau de liaison de lOIT à Tokyo et lAsia Foundation ont organisé le 22 janvier un symposium sur le sujet, en coopération avec le Réseau des organisations de la société civile du Japon.
Les participants ont examiné la question de la traite des êtres humains sous différents points de vue : celui des ONG qui viennent en aide aux victimes mais aussi ceux de la police, du corps diplomatique et des responsables politiques. Et une Colombienne de 23 ans a raconté le calvaire quelle a vécu pendant deux ans au Japon, en tant quesclave sexuelle.
«Pour le grand public, ces femmes ne sont pas des victimes», a déclaré Masahiro Suga, chargé des questions sociales au ministère japonais des Affaires étrangères, au journal Herald/Asahi après le symposium.
«Ce sont des femmes qui ont choisi ce métier en connaissance de cause et se plaignent parce que les choses ne se passent pas comme elles lavaient espéré. Moi aussi, je pensais cela, mais après le symposium, jai compris que la situation était bien différente et beaucoup plus grave.»
Devant 300 personnes, les orateurs ont affirmé que le gouvernement devrait adopter une position plus ferme à légard des passeurs et des réseaux de traite. Ils ont expliqué que beaucoup détrangères - originaires dAsie et dAmérique latine mais aussi dautres régions - se rendaient au Japon sur la promesse dun emploi honnête, mais quune fois dans le pays, leurs employeurs et le crime organisé faisaient delles de véritables prisonnières, profitant de ce quelles sont endettées illégalement pour les exploiter dans lindustrie du sexe.
Les orateurs ont invité le gouvernement à ratifier le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, qui complète la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, adoptée en 2000.
Pour tout renseignement, sadresser au Bureau de correspondance de lOIT à Tokyo, Université des Nations Unies, 8e étage, 53-70 Jingumae 5-chome, Shibuya-Ku, Tokyo, Japon.Tél. +813/5467-2701 ; fax +813/5467-27000 ; e-mail: tokyo@ilotyo.or.jp