Dans ce rapport - le Comité en publie trois par an -, le Conseil dadministration est invité à porter une attention particulière au cas du Bélarus. Le Comité regrette notamment que le gouvernement de ce pays nait pas fourni dinformations sur les mesures concrètes adoptées pour la mise en uvre de ses précédentes recommandations.
Le Comité rappelle la nécessité douvrir immédiatement une enquête indépendante sur les allégations relatives à lingérence du gouvernement dans les élections syndicales, dans le but de rectifier les effets de cette ingérence. Prenant acte des déclarations du gouvernement concernant les efforts déployés pour améliorer le dialogue social dans le pays, il demande au gouvernement de lui fournir des informations sur le degré de participation des organisations alternatives représentant les travailleurs, telles que celles qui sont parties à la plainte, dans les divers organes tripartites du pays.
Le Comité demande aussi au gouvernement de présenter ses observations à propos des allégations, récemment formulées par les organisations plaignantes, de pressions réitérées, de discrimination antisyndicale et dingérence dans les affaires internes des syndicats. Le président du Comité, le professeur Paul van der Heijden, a rencontré le vice-ministre du Travail du Bélarus pour sentretenir avec lui de ces différents problèmes.
À propos dallégations concernant des mesures répressives prises à loccasion de certains conflits du travail en Chine, le Comité demande au gouvernement de diligenter une enquête impartiale et indépendante sur la détention de représentants des travailleurs, sur les poursuites dont ils font lobjet ainsi que sur leur état de santé et les conditions de leur détention.
Se référant à un conflit survenu en 2002 dans une usine de Liaoyang, le Comité demande la libération des représentants des travailleurs détenus ainsi que la levée des divers chefs dinculpation - terrorisme, sabotage, menées subversives et autres.*. Il réclame des informations sur les allégations concernant la détention de représentants dune organisation de travailleurs licenciés à Daqing. Il demande également à être informé des peines infligées à des militants qui ont tenté dorganiser les travailleurs dans la province du Setchuan.
Le Comité souligne que «seuls le développement dorganisations libres et indépendantes et la négociation avec lensemble des composantes du dialogue social peuvent permettre au gouvernement daffronter les problèmes économiques et sociaux et de les résoudre au mieux des intérêts des travailleurs et de la nation».
Il demande une nouvelle fois au gouvernement dexaminer la possibilité daccueillir une mission de contacts directs dans le pays, en vue de promouvoir lexpression pleine et entière de la liberté syndicale.
En ce qui concerne le cas de la Colombie, en instance depuis 1995, le Comité note, sur la base des informations fournies par le gouvernement, quaucune des enquêtes entreprises na débouché sur linculpation effective des personnes coupables dassassinats ou dactes de violence à lencontre de dirigeants syndicaux. Il constate avec regret que « depuis le dernier examen du cas, en novembre 2002, onze assassinats, deux enlèvements, une tentative de meurtre et quinze menaces de mort ont été dénoncés ».
Le Comité estime que le retard dans ladministration de la justice est «le corollaire dune situation dimpunité qui naide pas à la crédibilité du gouvernement». Il demande à celui-ci de prendre des mesures pour que les enquêtes se poursuivent et progressent de manière significative de sorte que les coupables des actes de violence allégués puissent être inculpés.
Dans le cas de lÉthiopie, le Comité a examiné de graves allégations de violations de la liberté syndicale, notamment dassassinats, darrestations et de détentions remontant à 1996. Laffaire la plus marquante sest achevée par la libération du Dr Taye Woldesmiate et de ses codéfendeurs mais, dans son rapport, le Comité regrette que le Dr Taye, condamné pour des activités syndicales légitimes, ait dû purger cinq ans de prison et exprime lespoir que le gouvernement sabstiendra à lavenir de prendre pareilles mesures.
Le Comité, constatant également avec regret que le gouvernement na pas lintention douvrir une enquête indépendante sur le meurtre dAssefa Maru, lun des dirigeants de lAssociation des enseignants éthiopiens, invite une nouvelle fois le gouvernement à ordonner ladite enquête. Il rappelle également la nécessité de modifier la législation de telle sorte que les enseignants puissent, comme les autres travailleurs, constituer librement les organisations de leur choix.
Le Comité a examiné plusieurs cas impliquant le Guatemala, notamment des allégations faisant état dagressions, de menaces et dactes dintimidation à lencontre de syndicalistes dans diverses entreprises et institutions publiques, ainsi que du pillage et de la destruction du siège dun syndicat. Dans son rapport, le Comité prie instamment le gouvernement douvrir une enquête sur ces allégations et de soumettre ces cas à lentité spéciale du ministère public chargée des délits commis contre des syndicalistes.
Le Comité appelle le gouvernement à renforcer la protection des droits syndicaux prévue par la législation, en prenant des sanctions suffisamment dissuasives pour assurer le respect du principe en vertu duquel nul ne peut être licencié ou être victime de préjudices en matière demploi en raison de son affiliation syndicale ou de ses activités syndicales légitimes.
Il linvite également à envisager la possibilité de recourir à lassistance technique du BIT afin daméliorer lapplication de la convention (n° 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et de la convention (n° 98) sur le droit dorganisation et de négociation collective, toutes deux ratifiées par le Guatemala.
Dans son rapport, le Comité demande au Conseil dadministration daccorder une attention toute particulière à «la situation extrêmement préoccupante et urgente du Venezuela, où de nombreuses plaintes ont été formulées à propos de violations répétées de la liberté syndicale, touchant à la fois les organisations de travailleurs et demployeurs».
Particulièrement préoccupé par les pouvoirs dintervention excessifs dévolus au Conseil national électoral, le Comité a demandé au gouvernement damender larticle 293 de la Constitution ainsi que la loi organique de lAutorité électorale, dans lesprit et la lettre des recommandations de la Commission dexperts pour lapplication des conventions et recommandations de lOIT.
De plus, le Comité prie instamment le gouvernement de prendre des mesures pour que les autorités cessent de « proférer des propos dintimidation à légard de la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV) », et lui demande de reconnaître le comité exécutif de cette organisation. Enfin, le Comité regrette que le gouvernement nait pas répondu aux graves allégations de violence antisyndicale et le presse de diligenter sans plus attendre une enquête sur les faits rapportés.
* - Selon la presse, le tribunal de Liaoyang a condamné en mai 2003 Yao Fuxin et Xiao Yunliang à sept et quatre ans de prison respectivement.