Le documentaire sera diffusé le jeudi 24 juin à 23h50 sur France 2 dans Infrarouge. Réalisé par Teresa Punzi et Sabah Rahmani, il a été produit par Chiloe productions, avec la participation de France Télévisions.
Article paru dans le Nouvel Observateur TV
Plus d'un siècle après l'abolition de l'esclavage, des millions d'hommes et de femmes à travers le monde sont encore victimes du travail forcé. Dans un rapport daté de 2005, l'Organisation internationale du Travail (OIT) évalue leur nombre à 12,3 millions. L'exploitation de l'homme par l'homme perdure et fait son lit de l'ultralibéralisme, comme le montre ce documentaire rigoureux de la réalisatrice Teresa Punzi et de la journaliste Sabah Rahmani. Au départ, c'est le travail de Kevin Bales, spécialiste de l'esclavage moderne et président de l'association internationale Free The Slaves, qui les a mises sur la piste : « Il montre notamment comment la globalisation économique a engendré de nouvelles opportunités d'exploitation. Autrement dit, souligne Teresa Punzi, comment nous sommes nous-mêmes impliqués, à travers nos choix de consommation. »
Dans l'Etat d'Uttar Pradesh, au nord de l'Inde, les deux documentaristes ont rencontré Sanjay, 9 ans, qui a été séquestré pendant un an dans un atelier de tissage avant d'être repéré et libéré par une antenne de Free The Slaves. Au Brésil, elles ont suivi le travail d'un groupe mobile d'action qui se bat pour aller chercher les esclaves jusque dans les zones les plus reculées du pays, où sont implantées les grandes exploitations agricoles. Souvent cité comme modèle dans la lutte contre l'esclavage, le Brésil a mis au point un plan d'action national qui a permis la libération de plusieurs milliers de personnes ces dernières années et la publication d'une « liste noire » des employeurs. En France, où l'esclavage moderne est une réalité trop souvent sous-estimée, Teresa Punzi et Sabah Rahmani ont choisi de s'attacher au drame de Djilali, retenu prisonnier pendant cinq ans par le patron du garage où il travaillait. « L'exploitation est un système universel, commente Sabah Rahmani. Malgré les différences de langue et de culture, on s'est rendu compte, au f l des rencontres, que cela se passe toujours de la même façon : on retrouve les mêmes ressorts psychologiques de contrainte et les mêmes stigmates chez les victimes. » Dans la continuité du documentaire, qui met en lumière ces tragédies humaines à l'aune d'un système mondial, la journaliste analyse un engrenage implacable : « A l'heure du libéralisme, les entreprises ne cessent de multiplier les niveaux de sous-traitance. Mais à force de sous-traiter, on en arrive à «traiter» les plus vulnérables et à les maltraiter... »
Marjolaine Jarry
Nouvel Observateur TV
http://teleobs.info.nouvelobs.com/tv_programs/2010/6/27/chaine/france-2/4/55/esclaves-modernes


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