L’OIT affirme que les emplois dans l’économie verte devraient être sûrs et sains

Un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) publié à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et la santé au travail indique que la transition vers une économie verte devrait s’accompagner d’une véritable intégration de mesures en faveur de la sécurité et la santé au travail.

News | 24 April 2012

Le rapport, intitulé «Promouvoir la sécurité et la santé au travail dans une économie verte» affirme que promouvoir une économie verte «ne crée pas nécessairement des emplois décents, sains et sûrs», elle «offre une occasion de rendre tous les emplois plus sains et plus sûrs, tout en étant bénéfique pour l’environnement et la société, à condition que les risques professionnels soient identifiés et gérés d’emblée».

Le rapport ajoute que le concept d’emplois verts fait référence aux emplois qui protègent la biodiversité et à ceux qui jouent un rôle essentiel pour écologiser les industries dans l’ensemble de l’économie, dans les mines et l’agriculture, l’industrie ou les services comme les transports.

Le rapport relève que l’écologisation des secteurs traditionnels – qui vont continuer de fournir l’essentiel des emplois et d’abriter la plupart des risques pour la sécurité et la santé au travail – peut offrir une occasion majeure de les rendre plus sains et plus sûrs, plus efficaces au plan énergétique et écologiquement durables, à condition que les mesures adéquates soient adoptées.

Cela devrait permettre de renforcer et d’élargir les efforts entrepris pour s’attaquer à toute une série de grands dangers sanitaires, des produits chimiques et des pesticides au désamiantage, ainsi qu’au taux d’accidents du travail élevé dans les secteurs tels que les mines, l’agriculture, la foresterie et le bâtiment, précise l’OIT.

Le rapport s’intéresse aux différentes «industries vertes» du point de vue de la sécurité et de la santé au travail (SST) et montre que si les emplois verts améliorent l’environnement, revitalisent l’économie et créent de nouveaux gisements d’emplois, ils peuvent aussi présenter un certain nombre de risques connus et inconnus pour les travailleurs. Par exemple, la fabrication et l’installation des éoliennes exigent des qualifications spécifiques qui peuvent entrainer de nouveaux risques professionnels, tandis que les dangers liés à leur mise en place et leur entretien sont comparables à ceux qui prévalent lors de la construction. Suivant son mandat, l’OIT a toujours appelé à ce que les nouveaux emplois dans l’économie verte soient des emplois décents. D’où la nécessité de gérer les risques traditionnels et émergents dans le processus d’écologisation de l’économie.

Le rapport affirme aussi que la transition vers des constructions à haut rendement énergétique et la rénovation durable des bâtiments existants requièrent un renforcement des compétences et une formation bien supérieure à celle des constructions traditionnelles. De ce fait, la formation des employeurs, des concepteurs, des fournisseurs, des cadres et des ouvriers est fondamentale pour les doter des nouvelles qualifications et des méthodes de prévention des risques nécessaires pour relever ces défis.

Le rapport étudie aussi d’autres secteurs comme la gestion des déchets où de nombreux travailleurs appartiennent à l’économie informelle. Cela signifie souvent qu’elle met en danger la santé des travailleurs et des communautés et pollue davantage qu’elle ne protège l’environnement. «Pour que le ramassage des déchets devienne un emploi vert et décent, les ramasseurs d’ordures doivent pouvoir s’organiser et travailler dans un environnement plus favorable et les enfants ne devraient pas être autorisés à pénétrer sur les sites de décharge». Pour faire face à cette situation, un certain nombre de mesures simples et peu coûteuses pourraient être mises en place: des installations d’élimination des déchets mieux équipées et agencées, des équipements de protection, des installations sanitaires, des mesures de base et une formation en matière de SST, en particulier pour la manipulation des déchets dangereux. Toutes ces mesures contribueraient à améliorer les conditions de travail et la qualité de vie des ramasseurs de déchets et de leurs familles.

Selon le rapport de l’OIT, «tout emploi vert digne de ce nom doit intégrer la sécurité et la santé dans les politiques et les prises de décision concernant la conception, l’acquisition, l’exploitation, la maintenance, l’approvisionnement, l’utilisation, le réemploi et le recyclage». Les mécanismes de SST doivent intégrer le processus d’écologisation dans leurs politiques et leurs programmes d’action. Une réorientation politique s’impose pour soutenir des approches telles que la stratégie Prevention through design (la prévention via la conception). Le dialogue social avec les représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs est essentiel pour la prévention et la gestion des dangers et des risques sur le lieu de travail.

«La transition vers une économie verte implique l’établissement de normes plus élevées en matière de protection de l’environnement et dans le même temps l’intégration de la sécurité et la santé des travailleurs en tant qu’élément essentiel de la stratégie». L’écologisation de l’économie constitue une plateforme idéale pour des méthodes globales visant à protéger les travailleurs, l’environnement général et les communautés avoisinantes, a déclaré Seiji Machida, Directeur du Programme de la sécurité et la santé au travail et de l’environnement (Safework). «Ce n’est qu’alors qu’on contribuera à obtenir un résultat durable écologiquement et socialement inclusif, ce n’est qu’alors qu’on réalisera le travail décent, sûr et sain dans une économie verte».

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