Travaux dangereux

Il est évident que certains secteurs et métiers sont plus dangereux que d’autres. Pour cette raison, l’OIT met particulièrement l’accent sur la protection des travailleurs évoluant dans des conditions dangereuses – à des emplois difficiles, dangereux et sales, connus en anglais sous le sigle «3D».

La priorité est donnée aux travailleurs évoluant dans les secteurs et métiers les plus dangereux, à l’instar de l’agriculture, la construction, l’exploitation minière ou la démolition navale, ou dans des situations où les relations ou conditions de travail suscitent des risques particuliers, tels que l’exposition à des agents dangereux comme les substances chimiques ou les rayonnements, ou encore dans l’économie informelle.

Les décès et blessures liés au travail ainsi que les maladies professionnelles surviennent particulièrement dans les pays en développement, où pléthore de travailleurs sont concentrés dans les activités du secteur primaire et les activités extractives mentionnées ci-dessus. Dans bien des cas, les pays concernés ne disposent pas des capacités techniques et économiques adéquates pour maintenir des systèmes nationaux efficaces de SST, notamment pour ce qui concerne les dispositifs réglementaires et les mécanismes d’application correspondants. Dans les pays industrialisés à économie de marché, le nombre d’accidents et maladies professionnels tend toutefois à diminuer, traduisant un recul des risques «traditionnels», lui-même associé à une transition de l’emploi des secteurs à haut risque vers le secteur des services. En tout point du globe, l’évolution du monde du travail conduit à la multiplication des petites entreprises, à une évolution des caractéristiques des organisations, à des changements en matière de temps de travail et d’organisation du travail, à une progression des formes d’emploi et des contrats de travail atypiques, et à une évolution de la composition de la main-d’œuvre, où l’on recense un nombre accru de travailleurs plus âgés et de femmes. Les outils classiques de prévention et de contrôle des risques et dangers n’ont pas nécessairement perdu de leur efficacité, mais il convient de les compléter au moyen de stratégies de prévention afin d’anticiper, identifier, évaluer et contrôler les risques induits par l’évolution constante du monde du travail qui, elle-même, menace de créer de nouveaux dangers.

Dans ce contexte, l’OIT s’appuie sur sa riche expérience en matière de promotion des normes, recueils de bonnes pratiques, manuels techniques et supports pédagogiques et elle développe des moyens d’action concrète en faveur de la protection des travailleurs évoluant dans des conditions dangereuses. Elle a mis au point toute une série de Fiches internationales des risques par profession (International Hazard Datasheets on Occupations, HDO), en collaboration avec l’Israel Institute for Occupational Safety and Hygiene (Institut israélien de sécurité et de santé au travail) ainsi que d’autres centres d’information dans le domaine de la sécurité et la santé au travail à travers le globe. Les Fiches internationales des risques par profession sont une source d’information très variée renseignant sur les dangers, les risques et les notions de prévention spécifiques à une profession. Ces fiches énumèrent dans un format standard les différents dangers auxquels un travailleur peut être exposé dans le cadre normal de son travail. Elles proposent plusieurs mesures de prévention des accidents et maladies professionnels.

Il convient d’accorder une attention particulière au secteur des travaux dangereux, dans le cas des enfants et des jeunes travailleurs.